Automobile : une chute vertigineuse mais "saine" en août
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PHIL NOBLE
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La chute est vertigineuse ce mois d'août... -19,8% d'immatriculations sur le marché automobile français. Le chiffre est d'autant surprenant que les constructeurs juraient que les ventes étaient reparties depuis la fin du confinement. En juin et juillet, les ventes avaient augmenté successivement de 1,2% et de 3,9%. Pas suffisamment pour rattraper les résultats catastrophiques de ce début d'année (-72% en mars, -88% en avril). Mais certains constructeurs considéraient comme acquis la tendance en V de la reprise, visant un bon deuxième semestre, toutes choses égales par ailleurs. Et ce mois d'août ne change rien à leur prévision tant il est en réalité atypique.
D'abord, il succède à la fin d'un dispositif d'aide à l'achat (la prime à la conversion) extrêmement avantageux puisqu'il a été abondé par le gouvernement pour accompagner la sortie de déconfinement. Les conditions ont été changées au 3 août. Ce qui a probablement provoqué des effets d'aubaine en juillet sur des achats qui étaient prévus plutôt en août.
L'autre explication de ce mois d'août pas comme les autres, c'est qu'il souffre d'un effet de comparaison défavorable. Comme le rappelle François Roudier, du comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), le mois d'août 2019 avait été particulièrement haut avec d'importantes ventes dites tactiques (ventes aux loueurs notamment). Ces ventes tactiques sont réputées peu rentables et mêmes nocives car elles abîment les valeurs des voitures à la revente. « Les immatriculations sont saines », réagit François Roudier sur Twitter. « Le troisième trimestre reste sur une bonne dynamique » ajoute-il, avant de concéder qu'il y a « toujours aussi peu de vision sur le quatrième trimestre ». Le CCFA continue de tabler sur un marché en baisse d'un tiers sur l'ensemble de l'année, et n'exclut pas de finir à -20% en cas de rebond plus marqué que prévu.
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Côté constructeurs, PSA semble titrer son épingle du jeu avec une baisse limitée de 8,42%, grâce à Peugeot qui recule de seulement 3,54%. Le retrait de Citroën paraît également contenu à -13%. Mais depuis le début de l'année, le groupe automobile français a vu ses ventes baisser de 33%, soit un point de plus que le marché.