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Bornes de recharge électriques : 3 milliards d'investissements en France d'ici 2028, sous conditions

latribune.fr

Publié le 13 février 2025 à 06:10 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 19:45

Les bornes très rapides ont une puissance d'au moins 100 kilowatts (kW), bien supérieure à celle des équipements domestiques (de 3,7 à 22 kW).

Les bornes très rapides ont une puissance d'au moins 100 kilowatts (kW), bien supérieure à celle des équipements domestiques (de 3,7 à 22 kW).

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Treize opérateurs de recharge pour les voitures électriques, désormais réunis au sein de l'association Charge France, promettent d'investir d'ici 2028 trois milliards d'euros supplémentaires dans des bornes très rapides en France, sous réserve que la réglementation n'évolue pas en défaveur de l'électrique.

Donnant-donnant. Treize opérateurs de recharge, parmi lesquels Ionity, Fastned, Electra et Engie Vianeo, ont fait part jeudi, dans un communiqué commun, de leur volonté d'installer 30 000 bornes très rapides supplémentaires pour les voitures électriques d'ici trois ans.

Un investissement de 3 milliards d'euros qu'ils conditionnent à une « stabilité réglementaire en France et en Europe », et en premier lieu au maintien de la norme européenne de réduction d'émissions que certains constructeurs automobiles veulent remettre en cause. Ces opérateurs gèrent en tout plus de 10.000 bornes très rapides en France, soit un peu plus de la moitié du parc existant.

La norme dite CAFE (Corporate Average Fuel Economy) oblige les constructeurs à vendre progressivement des véhicules de moins en moins polluants sous peine de fortes amendes, avec en ligne de mire la fin des véhicules thermiques en 2035.
Le lobby automobile ACEA, soutenu par les gouvernements français et italien, a demandé à la Commission européenne de ne pas sanctionner les constructeurs. Après avoir temporisé, la Commission a indiqué, fin janvier, qu'elle envisageait des « flexibilités » pour les épargner. Les treize opérateurs, qui ont officialisé jeudi la création de l'association Charge France pour défendre leurs intérêts, ne s'opposent pas à une flexibilité temporaire, mais tiennent à ce que les ambitions générales de la réglementation ne tombent pas à l'eau. « Si on ne sait pas où on va, on ne peut pas investir », a déclaré Aurélien de Meaux, dirigeant d'Electra et désormais président de Charge France, lors d'un point avec des journalistes.

« On demande que les choses soient prévisibles. On peut ne pas apprécier ces objectifs ou les trouver difficiles à atteindre. Mais si vous modifiez constamment les règles du jeu, vous ne pouvez pas jouer », soulignait jeudi dernier Jeroen van Tilburg, patron de Ionity, dans un entretien à l'AFP.« Ce dont nous avons besoin, c'est du soutien de nos partenaires, les constructeurs, pour qu'ils continuent à produire de beaux véhicules à un prix attractif, et que les gouvernements maintiennent les subventions. »

« Effacer les irritants pour les utilisateurs »

Les opérateurs de Charge France souhaitent également se coordonner pour « effacer les irritants pour les utilisateurs », a indiqué Aurélien de Meaux. Les propriétaires de voitures électriques doivent en effet souvent jongler entre différentes cartes de recharge pour bénéficier des meilleurs tarifs selon les opérateurs. « On ne pourra pas imposer des prix uniques » pour ces cartes, « mais on peut réfléchir à des comparatifs et des index pour faciliter leur usage », a proposé Brieuc de Tonquédec, responsable France et Benelux de Ionity.

Les bornes très rapides ont une puissance d'au moins 100 kilowatts (kW), bien supérieure à celle des équipements domestiques (de 3,7 à 22 kW). Elles permettent surtout de recharger les véhicules lors des longs trajets, le temps d'une pause de quinze à trente minutes.

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2025 sera une année clé pour le développement du marché des voitures électriques en Europe, entre le durcissement des normes d'émissions de CO₂ et l'arrivée de nombreux nouveaux modèles. Après quatre ans de forte croissance, les ventes de voitures électriques ont légèrement reculé pour la première fois, atteignant 3 millions d'unités en 2024 (-3 %).

Sur un marché automobile atone en Europe élargie, les modèles hybrides ont pris l'avantage. Plus sobres que les modèles essence et moins chers que les électriques, ils ont représenté 20 % des ventes en 2024, contre 12 % pour les électriques, selon les estimations du cabinet AlixPartners, qui inclut l'Union européenne et treize pays voisins.

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À l'exception des pays scandinaves, les automobilistes européens hésitent encore à franchir le cap de l'électrique, freinés par le prix des véhicules à batterie et la crainte de la panne, en raison d'un réseau de recharge encore insuffisant. En Allemagne, la suppression des aides à l'achat a plombé les ventes de véhicules électriques en 2024, tandis qu'au Royaume-Uni, elles ont progressé de 21,4 %, faisant du pays le premier marché électrique de la zone. Ce dynamisme s'explique par la mise en place d'objectifs de ventes ambitieux pour les constructeurs.

(Avec AFP)

latribune.fr

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