Automobile : la Norvège ne vend quasiment plus que des voitures électriques
latribune.fr

Sur les 50 modèles de voiture les plus vendus en Norvège en janvier, seuls deux étaient des voitures non-électriques.
Reuters
latribune.fr

Sur les 50 modèles de voiture les plus vendus en Norvège en janvier, seuls deux étaient des voitures non-électriques.
Reuters
95,8 % : c'est précisément la part de voitures électriques vendues en Norvège en janvier, selon les chiffres publiés ce lundi 3 février par le Conseil d'information sur le trafic routier (OFV). Loin devant les voitures à moteur diesel, qui n'ont représenté que 1,5 % des nouvelles immatriculations dans le royaume, et les modèles à essence (0,4 %). Ainsi, sur les 9.343 voitures individuelles neuves qui se sont écoulées, 8.954 ont été tout-électrique.
« On n'a jamais vu ça (...) Si le reste de l'année continue comme le mois de janvier, nous nous rapprocherons très rapidement de l'objectif 2025 », s'est félicité Øyvind Solberg Thorsen, le directeur d'OFV, cité dans un communiqué.
Dans le détail, sur les 50 modèles les plus vendus, seuls deux étaient des voitures non électriques. Et le premier de ces deux modèles n'est arrivé qu'en 33e position. Le modèle plus vendu a été la bZ4X de Toyota, devant l'ID.4 de Volkswagen et la Nissan Ariya.
A LIRE AUSSI
Record en Norvège : le nombre de voitures électriques dépasse celui des modèles essences
Le pays scandinave, paradoxalement un gros producteur d'hydrocarbures, s'est fixé l'objectif de ne vendre que des voitures neuves zéro émission à compter de 2025, soit dix ans avant l'Union européenne. Cela signifie essentiellement des voitures électriques car la part de l'hydrogène est très marginale dans le royaume.
« Mais si l'on veut passer la ligne d'arrivée avec 100 % de voitures électriques, il est nécessaire de maintenir les incitations qui rendent rentable le choix d'une voiture électrique par rapport à d'autres modèles », rappelle l'OFV.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Les autorités norvégiennes ont en effet mis en place une fiscalité ultra-favorable aux modèles électriques, qui les rend très compétitifs par rapport aux véhicules thermiques et hybrides. Ils sont très largement exemptés de taxes alors que les modèles thermiques sont, à l'inverse, lourdement taxés. « Les politiciens doivent garder cela à l'esprit. Car ce sont généralement les derniers pourcents qui sont les plus difficiles à atteindre », prévient Øyvind Solberg Thorsen.
Outre ce système de bonus-malus avantageux, les voitures électriques ont longtemps bénéficié de passe-droits. Notamment la gratuité des péages urbains et du stationnement dans les parkings publics, ou la conduite dans les couloirs de bus. Si ces avantages ont en partie été rognés avec le temps, ils ont permis à la voiture électrique de rentrer dans les mœurs et les habitudes d'achat des Norvégiens en matière d'automobile, comme en témoignent les chiffres de l'OFV.
Reste que même si les ventes de tout-électrique n'atteignent pas exactement 100% cette année, les professionnels estiment que l'objectif pourra être considéré comme atteint. « On devrait finir l'année entre 95 et 100 %, et même dans le haut de cette fourchette », se félicite la secrétaire générale de l'Association norvégienne des véhicules électriques, Christina Bu, auprès de l'AFP. D'autant que la fiscalité sur les moteurs thermiques et sur les hybrides rechargeables - plus propres mais fonctionnant tout de même partiellement à l'essence ou au diesel - va encore être alourdie à partir du 1er avril.
Avec un tel niveau, difficile de trouver meilleur élève que la Norvège. Sur l'ensemble de l'année 2024, la part de marché des électriques a été de 88,2 % dans le royaume. « Le meilleur pourcentage mondial », affirme ainsi l'OFV. En termes de chiffres, cela représente plus de 780.000 voitures électriques vendues en un an.
À titre de comparaison, dans l'ensemble des vingt-sept pays de l'Union européenne, quelque 1,45 million de voitures électriques ont été vendues. Soit même pas le double du pays scandinave à lui seul. Ce dernier prend ainsi le contre-pied du Vieux continent, où les ventes de voitures électriques ont reculé en 2024. Elles ont représenté 13,6 % du total des ventes, soit un point de moins comparé à l'année précédente.
Dans l'UE, les modèles hybrides, qui combinent un moteur essence ou diesel classique avec un ou plusieurs moteurs électriques, sont préférés aux électriques. Ces derniers souffrent de prix encore trop élevés et d'infrastructures insuffisantes, notamment le parc de bornes de recharge.
À lire également
Malgré des progressions à deux chiffres aux Pays-Bas, Belgique, Italie et Danemark, ces marchés pourtant de belle taille - entre 60.000 et 110.000 véhicules écoulés - n'ont pas compensé le fort recul de l'Allemagne, premier marché européen. Outre-Rhin, les électriques ont dégringolé de quelque 27%, passant de plus de 520.000 unités vendues en 2023 à 380.000 un an plus tard. Le marché allemand a été plombé par la suppression surprise des aides à l'achat de voitures électriques, détournant les acheteurs de ce type de motorisation.
Bonne nouvelle néanmoins pour les Vingt-Sept : l'électrique pourrait rebondir en 2025 avec l'arrivée de modèles plus abordables, selon les analystes.
(Avec AFP)
latribune.fr