Carlos Ghosn reste en prison : son avocat a échoué à obtenir sa libération sous caution

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Motonari Otsuru, le principal avocat de Carlos Ghosn, le Pdg de Renault, a une nouvelle fois échoué à obtenir la libération sous caution de son client. Bien qu'il ait annoncé dans un communiqué qu'il allait faire appel de ce refus de remise en liberté, il a peu de chances de succès au regard du système pénal japonais.
Motonari Otsuru, le principal avocat de Carlos Ghosn, le Pdg de Renault, a une nouvelle fois échoué à obtenir la libération sous caution de son client. Bien qu'il ait annoncé dans un communiqué qu'il allait faire appel de ce refus de remise en liberté, il a peu de chances de succès au regard du système pénal japonais. (Crédits : Reuters)
L'échec de cette nouvelle tentative des avocats du Pdg de Renault est due à la méfiance du tribunal japonais qui estime qu'il y a un risque de destruction de preuves. Si la décision de le maintenir en prison est confirmée par un deuxième juge, Carlos Ghosn restera en détention provisoire au moins jusqu'au 10 mars.

La demande de libération sous caution de Carlos Ghosn a été rejetée mardi par le tribunal de district de Tokyo, après son inculpation vendredi dernier pour deux chefs d'accusation supplémentaires au Japon. L'échec de cette nouvelle tentative des avocats du Pdg de Renault est due à la méfiance du tribunal japonais qui estime qu'il y a un risque de destruction de preuves.

En attente de la confirmation d'un deuxième juge

Son principal avocat, Motonari Otsuru, a annoncé dans un communiqué qu'il allait faire appel de ce refus de remise en liberté, mais si la décision de le maintenir en prison est confirmée par un deuxième juge, Carlos Ghosn restera en détention provisoire au moins jusqu'au 10 mars. Cette mesure pourra être étendue sur demande du procureur par période reconductible d'un mois.

L'ancien président de Nissan est détenu depuis le 19 novembre à Tokyo. Il a été inculpé

  • 1) pour abus de confiance aggravé - accusation jugée la plus grave-,
  • 2) pour avoir provisoirement fait passer en 2008 dans les comptes du constructeur japonais des pertes sur des investissements personnels
  • 3) et pour minoration de revenus sur la période 2015-2018.

Carlos Ghosn a nié ces accusations. Mais, au Japon, il est rare qu'un inculpé qui nie les accusations portées contre lui soit libéré sous caution avant son procès.

Carlos Ghosn est toujours Pdg de Renault et de l'alliance automobile Renault-Nissan. Une source gouvernementale a dit lundi que l'Etat français, principal actionnaire de Renault, changerait d'avis sur le maintien de Carlos Ghosn à la tête du groupe automobile s'il "est durablement empêché".

Lire aussi : Ghosn encourt 15 ans de prison, déclare le parquet de Tokyo, après deux nouvelles inculpations

Le DG de Nissan souhaite que Renault ait "accès au dossier, aux faits"

Le directeur général de Nissan Hiroto Saikawa, dans une interview au quotidien Les Echos diffusée lundi soir, a "souhaité que les administrateurs de Renault aient eux aussi accès au dossier complet, aux faits", ajoutant :

"Je pense que, lorsque ce sera le cas, ils tireront la même conclusion que nous."

Renault a déclaré la semaine dernière que son enquête interne n'avait pas mis au jour de fraude sur les exercices 2017 et 2018, et que les investigations se poursuivraient sur les exercices antérieurs.

Lire aussi : Pour Renault, la rémunération de Mouna Sepehri est "conforme"

Encore de nouvelles accusations, notamment sur les 7 millions d'euros

Selon Les Echos, le parquet japonais envisage de nouvelles accusations, liées à une rémunération à hauteur de sept millions d'euros par une structure conjointe cette fois à Nissan et Mitsubishi aux Pays-Bas.

Lire aussi : Carlos Ghosn : nouvelles questions autour de 7 millions de primes et salaire

L'épouse de Carlos Ghosn a lancé un appel à l'ONG Human Rights Watch (HRW) pour qu'elle se penche sur le cas de son mari en raison du "traitement sévère" qui serait le sien au Japon.

Lire aussi : L'épouse de Carlos Ghosn dénonce les conditions de détention de son mari

(Avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 16/01/2019 à 7:46 :
Toujours aucun élément de preuve. Le Japon n'est pas un Etat de Droit digne de ce nom puisqu'il ne protège pas davantage les libertés individuelles. Vous imaginez si la France traitait les Gilets Jaunes comme ça ? La Cour Européenne des Droits de l'Homme en ferait une crise d'épilepsie ! Et elle n'aurait pas tort...
Réponse de le 18/01/2019 à 8:24 :
Un manifestant boxe des forces de l'ordre, sans être jugé, va en prison.

Un ancien ministre condamné définitivement à un an de prison ferme pour détournement de fonds publics, n'ira pas en prison.
a écrit le 16/01/2019 à 5:45 :
Le DG de Nissan souhaite que Renault ait "accès au dossier, aux faits"

heu !!!! surement pas ! tout ça est un coup monté, Ghosn était évidemment préparé sauf que là c'est du délire, les Japonais ont bien préparé la combine aucune preuve après 3 mois ??! Juste en détention préventive ! La compta c'est simple "crédit débit" donc il a pris les ronds OUI ou NON !!
a écrit le 15/01/2019 à 23:21 :
Ça y est, Renault le lâche enfin.

Il aura fallu presque 2 mois pour en arriver là.
Bolloré a bloqué les preuves fournies par Nissan au conseil d'administration.
Bolloré a fait diligenter une enquête à décharge envers Ghosn, sur la période 2017-2018, cherchant à le blanchir au mépris même des faits qui avaient déjà été évoqués en 2017 sur les superbonus que ghosn cherchait à mettre en place en sa faveur, opération qui a échoué suite aux révélations dans la presse.

On a vu ensuite que l'opération s'est faite via NMBV ... dont Bolloré ne serait pas au courant ?
Si Bolloré était nommé en lieu et place de Ghosn, c'est comme si l'histoire se poursuivait ! Forcément, Bolloré est mouillé, il était au courant de toutes les manigances de Ghosn.
a écrit le 15/01/2019 à 17:59 :
Tout ça parait curieux pour ne pas dire surréaliste, en effet l'enquête a été faite en interne...et par qui exactement ? Ont ils les habilitations pour enquêter ?
Et comment ont ils procédé..., car on ne sait rien de tout cela. Pourquoi n'y a t il pas eu des intervenants extérieurs indépendants ?
La façon dont Ghosn est retenu en prison au Japon fait penser à un criminel à comparer à la France, le criminel est mieux traité....
a écrit le 15/01/2019 à 17:48 :
Pauvre Carlos il aurait du faire ses magouilles chez Renault ,il serait déja libre ,La France terre d'accueil des grands patrons magouilleurs .....
a écrit le 15/01/2019 à 13:48 :
si la justice nippone invoque le risque de destruction de preuves pour justifier le maintien en détention, c'est par définition qu'elle ne les a pas. Et donc que son seul recours est le chantage à la détention pour tenter d'arracher des aveux...
Réponse de le 15/01/2019 à 23:24 :
C'est surtout qu'une fois dehors, Ghosn pourrait donner des instructions à des tiers comme Bolloré pour neutraliser des pièces qui restent à découvrir.

Mais visiblement, ils ont suffisamment d'autres preuves déjà.

Je pense qu'il est intéressant de tirer la ficelle pour aller au bout de la pelote et démonter tout le système de rémunérations occultes mises en place par Ghosn et ses équipes (comme Kelly).
Réponse de le 16/01/2019 à 8:00 :
Inutile de discuter avec vous, pour vous Ghosn est forcément coupable ès qualité. Moi j'observe que Ghosn est maintenu en détention pour le forcer à cracher le morceau autrement dit que les preuves que détiendrait la justice nippone (et qui lui ont été semble-t-il fournies clés en main par Nissan...) ne sont pas si probantes que ça. On pourrait presque dire que plus cette détention préventive dure, plus on peut avoir des doutes sur la réelle culpabilité de Ghosn.
a écrit le 15/01/2019 à 12:04 :
Pourquoi aucun journal français ne s'interroge sur cet étrange interview du dirigeant japonais de Nissan par le directeur des Echos . Rappelez moi le nom du propriétaire du journal . Et ses intérêts à garder ses clients japonais .
Le Monde publie aujourd'hui l' interview de Frédéric Pierucci ; plus qu'interessant .
a écrit le 15/01/2019 à 11:11 :
La pratique d'évasion fiscale qu'a mise en place l'union européenne se referme sur elle non ?

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