Le néo-constructeur automobile, qui transformait des Twingo thermiques en électriques comme on reconditionne des téléphones, jette l’éponge faute de trésorerie. Ses dirigeants mettent en cause Bpifrance.Mis à jour le 22 mai à 13h20 avec la réaction de la BPI
Coup dur pour la filière naissante du rétrofit électrique. Le tribunal de commerce de Caen doit prononcer ce mercredi (21 mai) la liquidation judiciaire de Lormauto, le précurseur français de la spécialité. Lauréate de France 2030, la PME de dix salariés n'est pas parvenue à lever les fonds qu'elle recherchait pour industrialiser sa solution à grande échelle.
Tout semblait pourtant sourire à cette start-up à impact qui ouvrait la voie à un modèle vertueux de reconditionnement automobile. Fondée par trois entrepreneurs rompus aux finesses de l'industrie et du compte de résultat, elle avait fait sensation au Mondial de l'auto 2022 en électrifiant et en remettant à neuf des Renault Twingo de première génération, annoncées au prix de 12.500 euros, une fois les aides déduites.
Dimensionnée pour 3.000 véhicules par an -des Twingo mais aussi des Kangoo, des Berlingo et des Peugeot Partner-, son usine installée à Argences dans le Calvados était prête à passer à l'échelle. « Nous avons développé une plateforme complète d'électrification bon marché de véhicules existants », fait valoir sur Linkedin, Franck Lefebvre, l'un des co-fondateurs. Le néo-constructeur revendiquait également « des centaines de clients » et des marques d'intérêt de la part d'importants gestionnaires de flottes tels que La Poste ou Enedis.
Coup de grâce de la BPI
Las. Cinq ans après s'être lancés dans l'aventure, ses dirigeants jettent l'éponge, faute d'avoir réuni les 4 millions d'euros dont ils avaient besoin. En cause, le refus de la Banque Publique d'Investissement d'apporter son soutien, malgré l'appui d'un pool d'investisseurs privés. Vert de rage, Olivier Zanussi, un autre des fondateurs, accuse la Bpifrance d'avoir volontairement coulé Lormauto, outrepassant l'avis du ministre de l'Industrie. « Marc Ferracci acceptait de nous verser la subvention de France 2030 par anticipation mais la BPI a bloqué le versement avec des arguments administratifs et procéduriers », dénonce-t-il.