L'Etat français veut bloquer la participation de Renault dans Nissan

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Carlos Ghosn doit encore affronter son premier actionnaire, l'Etat français.
Carlos Ghosn doit encore affronter son premier actionnaire, l'Etat français. (Crédits : © Thomas Peter / Reuters)
Après les rumeurs lancées dans la presse japonaise sur une baisse de la participation de Renault dans Nissan, l'Etat français aurait fait savoir qu'il s'opposait à une telle perspective, indique le site internet de Challenges. Pour l'Etat, le risque est que Nissan accède à des droits de vote chez Renault, pour l'instant bloqués en vertu du droit français sur les participations croisées.

Entre Carlos Ghosn et l'Etat, le torchon brûle. D'après le site internet de Challenges, l'Etat français aurait fait savoir à la direction de Renault qu'il s'opposait à l'abaissement de la participation de celui-ci au sein de Nissan dont il possède 43,4% du capital depuis 1999, ainsi que l'a annoncé la presse japonaise la semaine dernière.

Nissan pourrait obtenir des droits de vote

Pour l'Etat français, si Renault passe sous les 40%, cela autorisera Nissan à détenir des droits de vote, chose impossible pour le moment en vertu du droit français qui l'interdit dans les situations de participations croisées à ce niveau de participation. Pour l'heure, le Japonais détient 15% du capital de Renault mais zéro droit de vote.

"Pourquoi donner des droits de vote à Nissan ?", a déclaré une source gouvernementale à Challenges. "On ne voit pas clairement pourquoi Renault devrait se sacrifier en vendant des actions Nissan", explique une autre source au site internet selon qui cela reviendrait à ce que "Renault s'affaiblisse lui-même". Et de rappeler que lorsque Nissan est entré dans le capital de Renault en 2002, l'Etat français était encore propriétaire de 25,9% du capital du constructeur automobile français.

Un rééquilibrage capitalistique nécessaire?

D'après une information publiée la semaine dernière dans le journal japonais Nikkei, Renault pourrait passer sous la barre des 40% de participation. Cette perspective se justifierait par la montée en mai dernier de l'Etat français dans le capital de Renault, et par voie de conséquence dans Nissan. Le gouvernement français avait ainsi imposé les droits de vote double en Assemblée générale des actionnaires. La force publique avait atteint 23,2% du capital tout en assurant vouloir revenir à sa position initiale de 15% une fois la disposition adoptée.

Lire aussi: Pourquoi le rééquilibrage était devenu inéluctable

Mais, plus largement, la question d'un rééquilibrage capitalistique entre les deux alliés s'imposaient par l'évolution des rapports de force entre les deux partenaires. Si les constructeurs avaient des poids similaires en 1999, aujourd'hui, Nissan pèse plus de deux fois Renault en termes d'immatriculations.

En tout état de cause, il apparait que les divergences entre Carlos Ghosn, grand architecte de cette alliance, et l'Etat français sont de plus en plus criantes. Cette seule idée fait peser de lourdes hypothèques sur la pérennité de l'Alliance Renault-Nissan.

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Commentaires
a écrit le 16/10/2015 à 10:30 :
La théorie du chaos va bien aux rumeurs en général et à la presse en particulier. Depuis quand sous prétexte que la proie est plus grosse que le chasseur et surtout si les actions ont été achetées légalement devrait-on changer la parité. L'alliance dit pudiquement qu'une société (RENAULT)en rachète une autre en l' occurrence NISSAN ceci pour ne pas froisser les japonais. Le coup de génie il est de Louis SCHWEITZER en 1999. Carlos GOSHN l'a fait fructifier et je ne serais pas étonné qu'il soit à l'origine de cette rumeur pour mieux assoir son pouvoir et devenir inamovible. Je pense que l'ETAT pour une fois l'a bien percé à jour au cours de la dernière AG de RENAULT et qu'il se méfie de ses manoeuvres.
a écrit le 13/10/2015 à 11:47 :
Rumeurs de presse comme il y en a tant. Les japonais veulent favoriser leurs constructeurs de premier plan Honda et Toyota en réduisant la part ou en vendant tous les autres. Ces deniers occupent des niches et sont le plus souvent les sous-traitants de luxe des premiers en leur vendant des concepts testés de voiture clé en main. Nissan se trouve donc être un instrus, considéré comme "japonais" tout en étant surtout français. Il permet à Renault d'être au cartel japonais de partage des technologies et d'utiliser les finances du groupe comme "soutier" de ses opérations. Renault a pratiquement réglé tous ses problèmes et passé tous les aléas macro-économiques et géostratégiques. Il souhaite donc conserver ce type d'organisation jusqu'à ce que son chiffre d'affaire gonfle comme prévu. Face aux japonais qui n'ont à franchement parler pas leur mot à dire, le discours est un peu du "c'est pas moi, c'est l'autre" qui ne trompe personne mais fait réponse. Au reste les japonais ont besoin d'un accord de la France, important parmi les grands pays, pour accepter leurs dérives monétaires. Ils ne sont pas en mesure d'objecter, sauf pression ou ordre des américains dont ils son à titre principal la captive.
a écrit le 12/10/2015 à 20:52 :
Quand on rachète une entreprise en difficulté, on en reste propriétaire quand elle va mieux!!
Depuis quand doit-on vendre une boîte qui marche??
Si l'un va mieux que l'autre, c'est que Ghosn a mal fait son boulot, à moins que cela ne soit volontaire (Nissan paie beaucoup mieux!!).
Un Ghosn correct aurait veillé à un développement harmonieux des deux entités!
Réponse de le 13/10/2015 à 6:41 :
Il n'y a pas la CGT ni SUD ni FO au Japon
a écrit le 12/10/2015 à 20:29 :
L'état français ferait mieux de s'occuper de ses problèmes d'administration,,,de la France, quasi en état de faillite. L'état n'a rien à faire dans un fabricant d'autos, comme une entreprise de transport comme A F ! C'est la marque du crypto-communisme rampant dans les gouvernants français , incapables de réaliser que le business n'a rien à voir avec la bêtise institutionnalisée !!
Réponse de le 13/10/2015 à 11:01 :
Je suis actionnaire de ADP une entreprise qui se porte bien .Dois - je vendre ma participation à des Chinois ?
Merci pour vos bon conseil. .
a écrit le 12/10/2015 à 19:49 :
Bonjour M. Bourassi,
au risque de me répéter (Cf comentaires article précédent), vous n'expliquez toujours pas au nom de quoi l'évolution des CA respectifs de Renault et Nissan imposerait à Renault de revoir sa participation dans Nissan à la baisse. Quel serait l'intérêt pour Renault de le faire ?
Je n'ai pas entendu le début d'une explication concrète de la part de M. Ghosn. Je comprends donc que l’État s'inquiète...
Réponse de le 12/10/2015 à 20:11 :
Le problème de l' équilibrage se pose depuis que l' etat se permet de mettre son grain de sel. Car pour Nissan, voir l'état français pouvoir s' immiscer dans des décisions de Nissan, ça doit bien l'énerver. Surtout que Nissan vient de se rendre compte que notre etat est capable de tout. Juste pour montrer aux francais qu' il peut imposer un choix... Même si cela fait couler la boîte.
Réponse de le 14/10/2015 à 2:48 :
@Keilt
Vous ne répondez pas à ma question : quel est l'intérêt pour Renault (et ses actionnaires dont l’État) de diminuer sa participation dans Nissan ?
Et pour élargir le débat : M. Ghosn, en défendant cette option, défend-il les intérêts de Renault ou ceux de Nissan ? Sa triple présidence (Renault, Nissan et l'Alliance) ne le place-t-elle pas en situation de conflit d'intérêt ?
Réponse de le 16/10/2015 à 17:30 :
Moi non plus je ne vois pas ce qui oblige Renault à baisser sa participation au capital de Nissan.
À l'époque de la conclusion de cette alliance Nissan avait des difficultés et l'apport d'argent frais de la part de Renault a bien arrangé les affaires du constructeur Japonais...et donc il faudrait lâcher l'affaire maintenant qu'elle a été redressée et qu'elle est rentable?
L'objectif d'un investissement ça ne serait pas de gagner de l'argent par hasard?

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