C'est une critique au vitriol. La Fondation pour l'innovation politique étrille, dans une étude publiée ce mercredi 4 décembre, la manière dont l'Europe pilote la décarbonation de l'automobile. Dans cette enquête fouillée sur l'avenir de l'industrie en 2035 - date d'interdiction des ventes de voitures thermiques sur le continent -, le think tank fustige « le manque de méthode, d'ambitions stratégique et industrielle » de l'UE.
Leur étude considère que « le passage aux motorisations électriques nécessite des ruptures technologiques majeures ». Pour passer ce cap, elle soutient qu'« une approche systémique avec de nouveaux acteurs, et une filière industrielle complète, est indispensable ». Et c'est précisément, selon les auteurs, ce qui fait défaut à l'Europe.
D'un point de vue réglementaire, les chercheurs déplorent des trous dans la raquette. « Des textes majeurs pour la réussite de la décarbonation de la mobilité tels que la définition, la mesure et la fixation de seuils pour les empreintes environnementales des matières premières, des batteries et du véhicule vont nécessiter encore quatre à cinq années de travail réglementaire, précise le think tank. Leur absence est préjudiciable pour les industriels qui n'ont pas de visibilité sur les prochaines étapes. »