Les airbags défectueux de Takata, secret de polichinelle dans l'industrie ?

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Le constructeur japonais d'airbags a dissimulé l'existence d'un défaut majeur dans les agents gonfleurs de ses airbags, susceptibles d'exploser inopinément en projetant des fragments tranchants sur le passager ou le conducteur.
Le constructeur japonais d'airbags a dissimulé l'existence d'un défaut majeur dans les agents gonfleurs de ses airbags, susceptibles d'exploser inopinément en projetant des fragments tranchants sur le passager ou le conducteur. (Crédits : © Joe Skipper / Reuters)
Une plainte collective déposée aux États-Unis accuse les constructeurs automobiles d'être au courant que les agents gonfleurs des airbags Takata n'étaient pas sûrs bien avant de les installer sur des millions de véhicules. Ces accusations marquent un changement d'optique dans ce scandale à l'origine du plus grand rappel de voitures de l'histoire automobile.

La défense des constructeurs automobiles résistera-t-elle à ces accusations ? Plusieurs groupes industriels, dont Nissan et BMW, étaient au courant du grave défaut affectant les airbags Takata mais ont néanmoins décidé d'en équiper leurs voitures, affirment des plaignants américains dans des documents consultés mardi par l'AFP.

"Le fait que les constructeurs [...] se présentent en victimes est une insulte aux véritables victimes, des centaines de personnes qui ont été gravement blessées ou tuées par un appareil qui était censé les protéger", assurent les plaignants réunis dans une action collective dans un document déposé lundi devant le tribunal de Floride (sud-est) où ont été regroupées leurs plaintes.

Ces plaignants disent poursuivre leurs investigations mais assurent déjà détenir des preuves que Honda, Toyota, Nissan, Ford et BMW étaient au courant des risques posés par les airbags Takata. Contactés par l'AFP, la plupart de ces groupes n'avaient pas répondu dans l'immédiat. Seul BMW USA a assuré ne pas être en mesure de faire de commentaires sur une affaire en cours.

Un milliard de dollars d'amende pour Takata

En début de semaine, Takata a plaidé coupable de fraude aux Etats-Unis et devra verser un milliard de dollars d'amende pour avoir dissimulé l'existence d'un défaut majeur dans les agents gonfleurs de ses airbags, susceptibles d'exploser inopinément en projetant des fragments tranchants sur le passager ou le conducteur.

     | Lire Takata : le rappel des airbags pourraient coûter 21 milliards d'euros, le titre s'effondre

Ces accusations marquent un changement d'optique dans ce scandale à l'origine du plus grand rappel de voitures de l'histoire automobile et de 16 décès dans le monde, dont 11 aux Etats-Unis. Près de 100 millions de voitures, dont environ 70 millions aux Etats-Unis, ont fait l'objet d'un rappel et les constructeurs affectés ont jusqu'à présent toujours été considérés comme des victimes de la fraude de Takata.

(avec AFP)

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a écrit le 01/03/2017 à 17:20 :
D'où l'importance pour chaque état d'une recherche publique de qualité afin de pouvoir tester tous les nouveaux produits mis sur le marché. S'il l'état a bien un rôle c'est de protéger ses administrés or nous voyons bien qu'on ne peut définitivement pas faire confiance au seul secteur privé pour se gérer.

Maintenant on en est vraiment loin puisque un documentaire d'arte montrait il y a quelques années que l'UE ne testait que 10% des nouveaux produits chimiques commercialisés.

Surveiller la production privée serait également bon pour eux puisque les obligeant à se concurrencer de façons saines et non de façons illégales comme c'est bien trop souvent le cas, soit grâce à leurs réseaux soit grâce à la déliquescence de nos institutions publiques.

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