Plusieurs organisations représentant la filière automobile en France et en Europe ont dénoncé, ce mardi, la réglementation européenne sur la réduction des émissions de CO2. Celle-ci prévoit, dès l’année prochaine, de fortes amendes pour les constructeurs qui ne vendent pas assez de voitures électriques.C'est un tir groupé. Ce même mardi, différents lobbies de l'automobile, en France et en Europe, ont tiré à boulet rouge contre la réglementation européenne. Celle-ci prévoit dès 2025 des amendes pour les fabricants automobiles dont les parcs de voitures neuves vendues émettraient trop de CO2. Pour être dans les clous, les constructeurs, comme Renault et Stellantis en France, doivent vendre davantage de voitures électriques. Mais tous sont confrontés à une demande insuffisante pour leurs modèles à batteries, encore trop chers par rapport à leurs équivalents à motorisation thermique.
L'ACEA, le lobby des constructeurs européens, à une nouvelle fois donné de la voix. « Trouver une solution pour 2025 est très urgent », a insisté Luca de Meo, le patron de Renault, qui préside le lobby. « Si la Commission ne change pas de position, les entreprises comme les nôtres devront provisionner » des « milliards d'euros » pour se préparer à d'éventuelles amendes. A ses yeux, c'est autant « de ressources qui n'iront pas vers l'investissement », a-t-il averti devant la presse à Bruxelles. « Personne ne nie la nécessité de la décarbonation » du secteur automobile, mais il faut de la « flexibilité », a-t-il renchéri.
« Un côté absurde »
Le même jour, c'est la Plateforme automobile (PFA), l'équivalent français de l'ACEA, qui a tenu le même discours. Auditionné par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Marc Mortureux, son directeur général, a lui aussi tiré la sonnette d'alarme. Le dirigeant a rappelé qu'à l'échelle européenne, la part de marché des voitures électriques vendues en Europe végète à 13,5%. Or « il faut atteindre 22% l'année prochaine » pour éviter les amendes, a-t-il insisté.
« Il y a quand même un côté absurde à ce que des constructeurs qui ont investi massivement dans l'électrique se retrouvent pénalisés parce qu'ils n'en vendent pas assez, a-t-il lancé. C'est ça notre sujet ! »