Michelin : les syndicats suspendent les réunions avec la direction
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L'intersyndicale avait déclenché en juin un droit d'alerte sur la situation des usines de Cholet, Vannes et Joué-les-Tours.
WOLFGANG RATTAY
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L'intersyndicale avait déclenché en juin un droit d'alerte sur la situation des usines de Cholet, Vannes et Joué-les-Tours.
WOLFGANG RATTAY
Les syndicats ne participeront plus aux réunions avec la direction de Michelin. C'est ce qu'a annoncé une intersyndicale de l'entreprise (CFE-CGC, CGT, FO et Sud) ce mercredi, dans l'attente de réponses à ses inquiétudes concernant trois usines dont l'activité est en baisse.
« Nous ne pouvons plus continuer de participer à un simulacre de dialogue social », poursuit-elle.
La CFDT qui ne fait pas partie de l'intersyndicale a de son côté indiqué dans un communiqué qu'elle avait « décidé de participer aux boycotts de toutes les instances ou réunions sur ces 3 sites », réclamant « des positions claires sur l'avenir de ces 3 sites ».
Michelin « comprend l'inquiétude exprimée par les salariés des sites et les organisations syndicales », souligne l'entreprise dans une réponse écrite. « C'est la raison pour laquelle, le groupe examine avec beaucoup d'attention les demandes du CSEC et des organisations syndicales et continue d'étudier des solutions pour maintenir le dialogue social, cher à Michelin », poursuit-elle.
Pour rappel, l'intersyndicale avait déclenché en juin un droit d'alerte sur la situation des usines de Cholet (Maine-et-Loire, 960 salariés), Vannes (Morbihan, 299 salariés) et Joué-les-Tours (Indre-et-Loire, 155 salariés) qui fabriquent des produits semi-finis et des pneus, et dont l'activité est en baisse.
Le 9 octobre, lors d'un CSEC extraordinaire, elle avait annoncé saisir dans le cadre de ce droit d'alerte le président du groupe Florent Menegaux. Le même jour, un rapport du cabinet Secafi sur la situation des trois sites a été présenté. Il précise que l'usine de Vannes a perdu 40% de sa production entre 2021 et 2025, que celle de Cholet connaîtrait la même diminution entre 2019 et 2025, et que Joué-lès-Tours a perdu plus de la moitié de sa production de tissus depuis 2017.
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Lors du CSEC mercredi, l'entreprise a proposé une réunion entre les délégués syndicaux centraux, le secrétaire du CSEC et les directeurs industriels Europe « pour la semaine prochaine », précise l'intersyndicale.
Mais « cette proposition ne répond pas à nos attentes car elle reporte encore à une date ultérieure sans avoir de garanties de réponse précise à nos demandes. C'est indigne d'une entreprise qui fait de l'attention aux personnes l'un de ses piliers », ajoute-t-elle.
« Derrière ces demandes, se trouvent des salariés en détresse. Des salariés qui pour certains, ont besoin d'un psychologue tellement cette période de silence est difficile à vivre. Est-ce cela l'innovation sociale voulue par Michelin ? », interroge-t-elle.
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En parallèle, certaines usines françaises de Michelin qui fabriquent des pneus spécialisés dont Le Puy-en-Velay (Haute-Loire, génie civil) ou Troyes (Aube, pneus agricoles) vont être mises à l'arrêt pendant quelques semaines à cause de la baisse du marché mondial dans le secteur. L'entreprise qui compte environ 17.000 salariés en France avait annoncé en 2021 un important plan de suppression de postes, sans départs contraints.
(Avec AFP)
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