Tesla, un ovni dans le secteur automobile : production record, chiffre d'affaires record, bénéfice record

Profitant de l'engouement pour ses véhicules électriques et sa capacité jusqu'ici à se jouer de la crise des semi-conducteurs, le constructeur américain de voitures électroques, a dégagé un profit record de 5,5 milliards de dollars en 2021. Mais l'entreprise dirigée par Elon Musk a prévenu que les problèmes liés à sa chaîne d'approvisionnement pourraient persister tout au long de l'année.

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(Crédits : Arnd Wiegmann)

Moins d'un million de voitures vendues en hausse de 87,4% ; 55,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires qui s'envole de 71% et des bénéfices qui atteignent 5,5 milliards de dollars : l'année 2021 a été extraordinaire pour Tesla. Ces chiffres record pour le fabricant traduisent l'engouement pour ses véhicules électriques mais aussi sa capacité à se jouer de la pénurie des semi-conducteurs et des problèmes d'approvisionnement qui perturbe fortement la quasi-totalité des constructeurs mondiaux.

Les bénéfices sont légèrement au-dessus des prévisions des analystes.

"2021 a été une année décisive pour Tesla. Il ne devrait plus y avoir de doute sur la viabilité et la rentabilité des véhicules électriques", a commenté le groupe dans un communiqué.

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Quatrième trimestre de haut vol

Tesla a terminé l'année sur les chapeaux de roues, puisque sur le seul quatrième trimestre, le groupe a vu son chiffre d'affaires croître de 65% à 17,72 milliards de dollars et son bénéfice net bondir jusqu'à 2,3 milliards de dollars. Le bénéfice hors éléments exceptionnels et rapporté par action, la référence à Wall Street, s'est affiché à 6,78 dollars, dépassant là aussi les prévisions. La direction affirme même que sa marge opérationnelle au quatrième trimestre était plus élevée que celles de tous les gros constructeurs automobiles traditionnels, "démontrant ainsi que les véhicules électriques peuvent rapporter plus d'argent que les véhicules à moteur thermique".

Pour le seul quatrième trimestre de l'année, Tesla a fait état d'un record de livraisons avec 308.600 véhicules livrés (+70% par rapport au même trimestre de l'année précédente et +30% par rapport au troisième trimestre) quand les analystes financiers tablaient en moyenne sur 263.026 véhicules. Le constructeur automobile a ainsi enchaîné ainsi son sixième trimestre consécutif de livraisons record. Un peu plus tôt dans l'année, au deuxième trimestre, Tesla avait franchi, pour la première fois, le seuil des 200.000 voitures livrées (201.250).

Au total, avec plus de 936.000 voitures livrées (911.208 exemplaires de ses modèles 3 et Y, et 24.964 véhicules de ses modèles luxe S et X), le constructeur américain de véhicules électriques haut de gamme a affiché une croissance de 87,4%. De quoi gonfler davantage sa capitalisation boursière stratosphérique qui dépasse les 940 milliards de dollars.

Production en Chine

Au quatrième trimestre, le groupe piloté par Elon Musk a accéléré sa production en Chine malgré la concurrence accrue, la pression réglementaire à la suite de plaintes des consommateurs liées à la sécurité et la pénurie mondiale de puces électroniques. Tesla a en effet réussi à surmonter les problèmes logistiques mondiaux qui ont pénalisé l'ensemble du secteur automobile. Elon Musk avait déjà indiqué avoir pu contourner une bonne partie de la pénurie de semi-conducteurs en utilisant de nouveaux modèles de puces et en réécrivant les logiciels en conséquence.

En France, alors que les voitures électriques ont représenté près de 10% des ventes en 2021 (9,8%, en hausse de 3,1 points), la Tesla Model 3 est devenue pour la première fois numéro un des ventes électriques (et numéro 14 en général), devant la Renault Zoe (16e).

Chaîne d'approvisionnement

Pour 2022, Tesla indique que "le taux de croissance dépendra de la capacité de (ses) équipements, de l'efficacité opérationnelle ainsi que la capacité et la stabilité de la chaîne d'approvisionnement".

"Nos propres usines ont fonctionné en dessous de leurs capacités pendant plusieurs trimestres, principalement en raison de la chaîne d'approvisionnement, ce qui devrait se poursuivre en 2022", ajoute-t-il.

Pour accroitre la production, le groupe compte sur ses nouvelles usines à Austin, au Texas, et à Berlin. La production devait y débuter l'an dernier, mais n'y est encore qu'en phase de test, a indiqué Tesla mercredi.

Ces annonces interviennent alors que le groupe a dû procéder à plusieurs rappels de véhicules fin décembre. Le 31 décembre, Tesla a en effet annoncé qu'il allait effectuer un nouveau rappel massif de véhicules pour des coffres "potentiellement" défectueux sur deux modèles en Chine et aux États-Unis : 475.000 véhicules sont concernés aux États-Unis et près de 200.000 en Chine.

Le modèle le plus concerné est le best-seller Model 3. Tesla indique que "l'ouverture et la fermeture répétées de la porte du coffre" y sont "susceptibles de provoquer l'usure excessive du câble coaxial" connecté à la caméra de recul, ce qui risque de rendre la caméra indisponible pour le conducteur. L'autre voiture concernée est la luxueuse Model S. Un des loquets du coffre situé à l'avant du véhicule, mal aligné, risquerait de "s'ouvrir inopinément et d'obstruer la visibilité du conducteur". Tesla estime que 1% des Model 3 et 14% des Model S rappelés aux États-Unis présenteront le vice de fabrication. La marque a souligné que ce défaut potentiel n'avait, à sa connaissance, provoqué aucun accident ou blessure. Tesla avait déjà rappelé en juin 285.000 voitures en Chine après une anomalie sur son logiciel de conduite assistée, et quelques milliers de Model 3 et Model Y aux États-Unis pour inspecter et resserrer, voire remplacer, des boulons dans les étriers de freins.

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Volkswagen et Bosch  s'allient pour tenter de contrer Tesla

Le constructeur allemand Volkswagen et l'équipementier Bosch ont annoncé mardi dernier un vaste partenariat pour développer des systèmes de conduite autonome d'ici 2023, dans un domaine où l'américain Tesla a pris une longueur d'avance. La filiale logiciels de Volkswagen, Cariad, développera avec Bosch des "fonctionnalités permettant aux conducteurs de lever temporairement leurs mains du volant". Destinés à l'ensemble des modèles des marques du groupe tentaculaire, de la Volkswagen Polo jusqu'à la sportive de luxe Lamborghini, ces systèmes seront aussi accessibles à d'autres constructeurs, clients de Bosch.

Le pari des deux partenaires: "amener l'ingénierie logicielle allemande à un nouveau niveau" d'expertise dans la conduite autonome. Volkswagen et Cariad visent d'abord les systèmes de conduite autonome dits de niveau 2, qui permettront au conducteur de lâcher momentanément le volant tout en restant attentif, "en ville, à la campagne et sur l'autoroute". Les deux partenaires développeront également un système de niveau 3 sur autoroute. Ce niveau d'autonomie, le plus avancé actuellement, disponible dans certaines voitures haut de gamme, permet au conducteur de détourner son regard de la route et de céder au véhicule l'intégralité de la conduite. Le conducteur garde toutefois la possibilité de reprendre la main à tout moment et doit intervenir dans un certain laps de temps si le véhicule le demande.

La possibilité de développer un système de conduite entièrement automatisée, de niveau 4, sera "évaluée". Le potentiel de la voiture autonome est énorme, avec quelques 64 % des véhicules vendus en 2030 qui auront des fonctions autonomes de niveau 2 ou supérieur, selon une étude de Mc Kinsey. Au cœur de la course à la voiture autonome et connectée du futur, les logiciels sont devenus stratégiques pour Volkswagen, un domaine où il compte investir 27 milliards d'euros d'ici 2025.

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Commentaires 9
à écrit le 27/01/2022 à 9:29
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Et tout cela avec notamment les impôts des citoyens européens, grâce aux politiques idéologiques et démagogique greenwashée... Je tire quand même mon chapeau à cette entreprise, on ne peut pas lui reprocher de profiter de notre propre bêtise !

le 27/01/2022 à 10:25
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Expliquez nous en quoi les impôts des européens sont concernés par le sujet .. d autre part l émergence de la électrique est une vague de fond de la ensemnble de ce l Occident et bientôt de l Asie . Par contre les états et les constructeurs automobil...

à écrit le 27/01/2022 à 8:46
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Etonnant quand on voit le défilé à la maison blanche de gros 4X4 V8 noirs blindés à la maison blanche et pas une seule Tesla, des engins à moteurs thermiques de 4 ou 5 tonnes, pas nos SUV Européens minuscules de 1,5 ou 2 tonnes

à écrit le 27/01/2022 à 8:32
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Aucun mérite quand on a le soutien inconditionnel de la puissance financière américaine, il n'y avait aucune chance que cela ne fonctionne pas.

le 27/01/2022 à 11:10
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vous vous trompez , aux etats unis Tesla fait sans aides americaines depuis des années et ça marche

le 27/01/2022 à 12:27
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C'est tellement idiot e que tu me réponds que je te signale.

à écrit le 27/01/2022 à 7:28
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"Tesla, un ovni dans le secteur automobile " : c'est bien ça le problème...

le 27/01/2022 à 10:29
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Il a l avantage de secouer les rentes établies des constructeurs automobiles européens… avant la déferlante chinoise en Europe grâce à nos propres constructeurs…. L Occident n est su un marché ou tout est à vendre … un peu comme les normes ifrs : val...

le 27/01/2022 à 10:29
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Il a l avantage de secouer les rentes établies des constructeurs automobiles européens… avant la déferlante chinoise en Europe grâce à nos propres constructeurs…. L Occident n est su un marché ou tout est à vendre … un peu comme les normes ifrs : val...

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