PSA s'allie avec Nidec pour fabriquer ses propres moteurs électriques

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L'usine de Tremery, jusqu'ici spécialisée dans les moteurs diesel, sera en mesure de fabriquer jusqu'à 900.000 moteurs électriques dès 2022.
L'usine de Tremery, jusqu'ici spécialisée dans les moteurs diesel, sera en mesure de fabriquer jusqu'à 900.000 moteurs électriques dès 2022. (Crédits : Reuters)
Le groupe automobile français investit avec le groupe japonais Nidec, numéro un mondial des moteurs électriques, 220 millions d'euros pour créer une coentreprise. Il s'agit de maintenir la production sur le territoire français afin de garder la maîtrise de la valeur ajoutée, mais également la qualité de l'intégration de cette technologie dans les plateformes du groupe. Le groupe Nidec s'est très récemment implanté en France via le rachat du français Leroy-Somer...

Les moteurs électriques seront finalement localisés en France ! Alors que Carlos Tavares s'inquiétait au salon de Francfort de la disparition de la chaîne de traction thermique européenne au profit de la Chine, par l'avènement de l'électrification, il a annoncé ce lundi 4 décembre un accord de coentreprise avec le groupe japonais Nidec qui doit éviter une telle issue.

L'usine de Tremery fabriquera des moteurs électriques

D'un investissement total de 220 millions d'euros répartis à 50% chacun, cette nouvelle entité aura pour mission de « concevoir, développer, fabriquer et vendre » des motorisations électriques, d'après Patrice Lucas, directeur du programme et de la stratégie du groupe PSA. La R&D sera basée à Carrières-Sous-Poissy, tandis que la production sera installée à l'usine des moteurs PSA de Tremery, près de Metz en Moselle. 100 ingénieurs seront affectés à la R&D, tandis que la production devrait démarrer en 2022 avec 400 personnes, voire davantage, en fonction de la demande.

Pour PSA, cette joint-venture doit permettre de pérenniser le sourcing de la production (le fait de produire localement), un élément de productivité majeur pour le dispositif industriel voulu par Carlos Tavares. Ce site fournira ainsi toutes les usines européennes. Aucune décision n'a encore été prise pour les autres marchés, notamment la Chine, grand marché de la voiture électrifiée.

Une capacité de 900.000 moteurs dès 2022

L'autre enjeu de ce projet est de permettre au constructeur automobile français de maitriser la chaîne de valeur de la motorisation électrique, et plus encore, il s'agit de maitriser l'intégration de cette technologie dans les plateformes. « C'est un enjeu de compétitivité, mais également de compétitivité », a déclaré Patrice Lucas. Seules, les cellules de la batterie seront achetées, puis assemblées dans les usines PSA. Pour l'heure, le projet de coentreprise table sur une capacité de production équivalente à 900.000 voitures à horizon 2022. Avec cette coentreprise, PSA veut équiper l'ensemble de sa gamme dite électrifiée c'est-à-dire 100% électrique, hybride ou hybride rechargeable (80% des modèles d'ici 2022 auront une version électrifiée).

PSA a choisi de s'allier avec Nidec, considéré comme le numéro un mondial des moteurs électriques. Ce groupe a décidé de faire de l'automobile un important relais de croissance puisque cette branche ne constitue que 20% de son chiffre d'affaires. Ce groupe de 107.000 personnes vise entre 5,4 et 7,6 milliards d'euros de vente dans l'automobile à horizon 2020. Le groupe s'est récemment implanté en France via le rachat de Leroy-Somer, une société installée à Angoulême et qui était propriété du groupe américain Emerson. Ce dernier l'a cédé à Nidec pour 1,2 milliard d'euros en février dernier dans le cadre d'une stratégie de recentrage de ses activités.

Une JV franco-française

Nidec Leroy-Somer était jusque-là spécialisé dans les motorisations électriques industrielles, notamment pour ascenseur. Son chiffre d'affaires oscille autour d'un milliard de dollars. Il est le fournisseur de la BlueCar de Bolloré. « Cette joint-venture sera franco-française », a voulu rassurer un cadre de Nidec Leroy-Somer venu assister à la conférence de presse de lancement de la coentreprise.

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Commentaires
a écrit le 05/12/2017 à 13:21 :
« C'est un enjeu de compétitivité, mais également de compétitivité »

pas faux, même vrai...
a écrit le 04/12/2017 à 22:58 :
vive le diesel pour 20 ans encore ! l' électrique/hydrogène sans doute mais en 2040 si on se bouge comme de Gaulle le fit en 1960 pour le nucléaire .
a écrit le 04/12/2017 à 20:26 :
« Cette joint-venture sera franco-français », sachant que c'est aussi la pluralité qui participe au succès de beaucoup d'entreprises et qui les fait évoluer, il faudra un jour se demander si c'est un avantage d'avoir des entreprises franco-françaises. Si c’est le cas, pourquoi a-t-on laissé partir Leroy Sommer ? Et tant qu’on est dans les interrogations, on pourrait aussi se demander pourquoi un pays aussi nucléarisé que la France a pris autant de retard dans les véhicules électriques.
L’avantage des constructeurs automobiles Français et des équipementiers est qu’ils maitrisent les processus industriels, ce qui ne semble pas encore être le cas chez Tesla. Mais ils apprennent vite.
a écrit le 04/12/2017 à 18:51 :
Mon cher Nabil,
Je conçois que vous teniez à ménager les susceptibilités, mais il me semble difficile d'ècrire comme vous le faites que PSA va "fabriquer ses propres moteurs électriques", dans la mesure où ils seront produits par une entreprise commune, ou la technologie sera apportée par le partenaire japonais, Nidec, propriétaire de Leroy-Somer. Il est par ailleurs tout à fait dommageable de laisser croire que cette JV soit franco-française, elle est franco-japonaise. Pour envisager de redresser l'industrie française, peut-être faudrait-il commençer par arrêter de se raconter des histoires.
a écrit le 04/12/2017 à 18:50 :
« C'est un enjeu de compétitivité, mais également de compétitivité »
C'est intéressant dites donc.
a écrit le 04/12/2017 à 18:32 :
très bien, et les boites auto Aisin japonais de PSA, quand seront ils made in France ?
a écrit le 04/12/2017 à 18:30 :
Pas compliqué de faire un moteur électrique .
Mais beaucoup plus compliqué de faire des batteries qui tiennent la charge pour tenire 500 kms mini avec l'autoradio, la clim, les essuie-glaces et les phares en fonctionnement . Et si Mazda qui investit sur le moteur essence avait raison ?
a écrit le 04/12/2017 à 17:59 :
Et si vous nous informiez sur la FREE ENERGY qui est déjà utilisée avec succès dans les jantes des coureurs cyclistes qui trichent largement ainsi.
PLUTOT QUE BOURRER LE MOU DE LA POPULACE
nos gouvernants et industriels devraient travailler ensemble car l’énergie électrique telle qu’utilisée actuellement est fichue d’avance, et là ce serait utile mais ils luttent contre les automobilistes sans vouloir trouver de solution pour quand même ne pas tuer la filière pétrolière qui a encore de beaux jours à vivre.

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