Renault se prépare à une nouvelle offensive dans la voiture électrique

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Renault pourrait lancer une nouvelle génération de Zoé à partir de 2020 sur une même plateforme que la Nissan Leaf.
Renault pourrait lancer une nouvelle génération de Zoé à partir de 2020 sur une même plateforme que la Nissan Leaf. (Crédits : Renault)
Après avoir mis en pause l'ambitieux programme de voiture électrique lancé en 2009, Renault réfléchit à le relancer et à l'étendre sur de nouveaux segments comme les utilitaires. Le groupe automobile français plancherait également sur une voiture électrique low cost qui lui permettrait de percer en Chine.

Renault repartirait à l'offensive dans la voiture électrique. D'après Les Echos, le groupe automobile français serait en train de réflechir à une extension de sa gamme électrique. Jusqu'ici, Carlos Ghosn avait exclu d'aller plus loin dans l'expérience électrique estimant que les quatre modèles proposés étaient suffisants pour couvrir les besoins du marché.

La Zoé, l'essentiel des ventes

En réalité, sur ces quatre modèles (Fluence, Kangoo, Twizy et Zoé), c'est la Zoé qui fait l'essentiel des ventes. Sur 30.000 voitures électriques vendues dans le monde en 2016, 24.000 sont des Zoé.

Mais Renault est désormais prêt à aller plus loin dans la voiture électrique. D'abord parce que cette technologie n'est plus taboue. L'opinion publique est plus ouverte sur le sujet, les pouvoirs publics investissent plus volontiers dans les infrastructures, et les concurrents multiplient les annonces.

Le groupe français serait donc prêt à repartir à la bataille. D'abord, en portant l'autonomie de l'actuelle Kangoo vers les 300 km, comme la Zoé, soit le double de l'autonomie actuelle. Toujours d'après Les Echos, il semblerait que Renault réfléchisse également à électrifier son Master. La marque au losange rejoindrait ainsi son allié Nissan qui propose déjà un utilitaire électrique (le e-NV200).

Renault et Nissan travailleraient également à une plateforme commune pour la génération suivante de leurs voitures électriques phares : la Zoé pour le premier, et la Leaf pour le second. Cette nouvelle génération ne serait toutefois pas lancée avant 2020.

Voiture électrique low cost, le véritable enjeu

En fait, c'est le projet de voiture électrique low cost de Renault révélée par Les Echos qui parait le plus intéressant. Celle-ci pourrait être issue d'une électrification de la plateforme qui a servi à construire le Kwid, la voiture à 3.500 euros commercialisée en Inde.

Ainsi, la voiture électrique que commercialiserait Renault en Chine pourrait coûter seulement 8.000 dollars hors subventions, soit trois à quatre fois moins qu'une Zoé. Bien sûr, il s'agirait d'une voiture low cost, et donc les prestations seront minimalistes : autonomie de 100 km, vitesse maximale de 100 km/h, des batteries achetées à des fabricants locaux...

"En Chine, on compte 500.000 véhicules électriques à basse vitesse qui ne sont pas homologués et comptabilisés dans les statistiques. L'idée est de s'insérer dans ce paysage", indique aux Echos Marc Soulas, ingénieur en chef du programme.

Pour Renault, l'enjeu est de pénétrer le marché des petites voitures électriques chinoises qui ont le vent en poupe, dans un contexte où les voitures thermiques sont contraintes par des réglementations restrictives. Renault se mesurerait alors, sur ce segment très spécifique, à des marques chinoises seulement, et espère ainsi tirer son épingle du jeu. Ce serait alors une véritable aubaine pour la marque française qui a ouvert sa première usine chinoise il y a quelques mois seulement, et qui donc, ne part de rien.

Carlos Ghosn a-t-il eu raison trop tôt ?

Rien ne dit toutefois si ce modèle sera commercialisé sous la marque Renault, ou sous le label Fengnuo, la marque que le français était tenue de lancée en Chine dans le cadre de sa licence d'implantation locale. Fengnuo commercialise déjà une Fluence rebaptisée E300 EV. Il est également possible que le modèle soit lancé sous les deux marques.

Carlos Ghosn doit probablement boire du petit lait. Il avait été le seul à lancer en 2009 d'ambitieux programmes électriques prophétisant une explosion du marché de l'électrique en 2020 avec 10% du marché. A l'époque, le patron de Renault-Nissan tablait notamment sur un cours du pétrole cher, plus de 100 dollars le baril. Entre-temps, celui-ci s'est effondré et tourne autour de 40-50 dollars. Peu de projections donnent la voiture électrique à plus de 2-3% du marché mondial à l'horizon 2020. En fait, Renault pense désormais à une autre échéance, autour de 2021-2022,  au cours de laquelle l'électrique verrait une nouvelle rupture technologique. C'est à ce moment-là que Renault espère voir enfin s'accomplir sa prémonition d'un boom de la voiture électrique.

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Commentaires
a écrit le 30/12/2016 à 4:42 :
"...Sur 30.000 voitures électriques vendues dans le monde en 2016..."
Non, pas dans le monde..en France.
a écrit le 10/12/2016 à 15:29 :
Il suffirait d'interdire les thermiques en ville pour que les ventes ou les locations électriques explosent !
a écrit le 08/12/2016 à 20:20 :
Et quand Renault verra les marges de Tesla ils baveront tous. Pourquoi se lancer uniquement dans le low-cost? ils ne savent faire que ça? c'est l'occasion de lancer des modèles "plus premium"...
Réponse de le 10/12/2016 à 9:23 :
Comme Audi avec ses logiciels ...?!
Réponse de le 14/12/2016 à 13:19 :
Pour l'instant le ratio CA par unité vendues laisse entrevoir une perte supèrieure à 15000 euros par voitures en 2015 pour Tesla.
L'équilibre promis pour 2016...
De quelle marge tu parles renol?
a écrit le 08/12/2016 à 14:44 :
Carlos Ghosn a souvent raison avant les autres, y compris et surtout en termes de stratégie à l'international et de développement de modèles LowCost. Voir l'idée dune usine en Afrique et le succès de Dacia.
Pendant que d'autres constructeurs sont obligés de faire appel à l’État pour essayer de préserver un modèle quelque peu dépassé dans un contexte de concurrence mondiale.

L’inconvénient c'est la rémunération du dirigeant, mais peut être que c'est le prix du sucés d'une stratégie de visionnaire. Sinon on peut toujours se contenter de gérants ou d'administrateurs, mais à voir le résultats sur l'industrie du pays ce n'est pas souhaitable. On peut aussi s’interroger sur l’interventionnisme de M. Macron dans Renault, car l’État n'est en général pas très réactif en termes d’économie de marché. Une contradiction supplémentairement de nos politiques, qui semblent majoritairement victimes de cécité.
a écrit le 08/12/2016 à 14:39 :
Renault fabrique encore des voitures?
Réponse de le 08/12/2016 à 21:47 :
Apparemment oui. Leur nombre se compte en million. Ou étiez vous passé pendant tous ce temps?
a écrit le 08/12/2016 à 14:17 :
Il y a au moins 6 sources d'énergies supplémentaires à récupérer dans un véhicule qui méritent d'être ajoutées afin d'optimiser les VE : le solaire, l'énergie liée aux mouvements des suspensions, la triboélectricité (entre les roues et la route) important pour un bus par exemple en fonction du poids, le volant d'inertie (comme l'utilisent Volvo, Ferrari etc), bien sur la récupération d'énergie au freinage, celle de la chaleur issue des roues (comme le fait Goodyear). Il existe déjà des véhicules solaires à énergie positive (à 70 km/h) donc autonomie de plus de 1000 km comme la Sunriser Solar de Thyssenkrupp ou la Stella Solar Lux etc. L'ensemble de ces techniques au final assez peu coûteuses une fois industrialisées et courantes permettent de récupérer plusieurs KWh et de réduire la batterie ainsi que le poids au strict minimum. L'Immortus EVX qui sortira prochainement utilise déjà une bonne part de ces techniques. Le VE deviendront intéressant lorsqu'ils généraliseront au mieux ces techniques de même les carrosseries bcp plus légères vers lesquelles il serait mieux d'investir que dans des batteries lourdes, des bornes de recharges coûteuses ou des fonds pour des véhicules hydrogène qui sont physiquement beaucoup moins efficients que les véhicules électriques. Cà s'appelle en résumé les EIV (Energy Independent Vehicles) auxquels certaines sociétés d'études s'intéressent comme IDTechEX. Des sociétés comme A2-Solar en Allemagne font déjà des toits solaires pour véhicules auxquels l'UE permet ainsi d'afficher des émissions réduites. C'est ce type de véhicules très avancés que l'on aimerait bien que Renault nous propose avant que ce ne soient d'autres comme on commence à le voir çà et là.
a écrit le 08/12/2016 à 13:31 :
J'ai assisté il y a quelques années aux exhibitions des méganes renault sur le circuit du mans, c'était fantastique la maîtrise de process de ces technologies.
Reste une chose c'est que si la technologie est au point, je ne les crois pas capables à cause des équipements, des multiples sous-traitants de partir d'une page blanche et créer une voiture intégralement pensée électrique comme les tesla avec un moteur par roue, la batterie intégrée à la carrosserie d'ou 2 coffres à bagages et un centre de gravité particulièrement bas!
Ce que j'appelle une voiture d'électricien, alors que ce que nous avons ce sont des voitures de mécaniciens plutôt mal conçues pour l'ergonomie.
a écrit le 08/12/2016 à 11:15 :
A quand une voiture à 6000 euros sans électronique, roulant à 140 maxi , consommant
5 L au 100 Km et commercialisée en France? C'est urgent, les français avec les impôts
taxes, loyer, assurances , EDF, mutuelles etc.. commencent à se serrer la ceinture.
a écrit le 08/12/2016 à 10:28 :
Qu est ce qu il faut pas lire ! Ghosn a eut tort avec ses voitures electriques! Il n a en d ailleurs quasiment pas vendu hors marche captifs (genre PTT). La reussite c est Tesla, pas renault. Alors qu a priori, renault avait tout pour reussir (un outil industriel, un reseau de vente) par rapport a une start up.
Mais Renault a decide de faire des voitures electriques moches, peu performantes et plus chere que leur version essence -> echec. Tesla a fait des voitures jolies & puissantes et elles se sont vendues meme si elles sont cheres et avec une autonomie limitee
Réponse de le 08/12/2016 à 12:43 :
RENAULT avait tout pour réussir et il a réussi, numéro des ventes Europe en électrique avec son associé NISSAN, c' est plutôt bien, non ..?

Vous n' aurez qu' un cdd na.
a écrit le 08/12/2016 à 10:15 :
Encore un effort pour porter l'autonomie (en conditions réelle de roulage) à 400 Km, un temps de recharge pour 300 Km supplémentaires en 15mn... et suffisamment de bornes pour recharger.
NB: Pour ceux qui doivent affronter les roues enneigées l'hiver, 2 petits moteurs débrayables dans les roues arrières pour transformer en 4X4 et dans les descentes récupérer encore plus d'énergie.
a écrit le 08/12/2016 à 10:13 :
...." RENAULT espère voire s'accomplir le boom de la voiture électrique...." ce boom devra inévitablement être accompagné d'un boom de construction de centrales électriques. Compte tenu de l'état exsangue des finances publiques de tous les pays, face au coût d'une centrale nucléaire, ou d'une centrale ITER, qui n'est qu'un démonstrateur, le boom sera celui des centrales au charbon ou au fuel.
Réponse de le 11/12/2016 à 9:10 :
Pas nécessairement, et en tout état de cause, uniquement durant les périodes de grand froid (ou de canicule). Le reste de l'année, la surcapacité de production s'écoulera dans les véhicules. A la limite, ça peut poser des problèmes pour l'entretien des centrales nucléaires, mais votre scénario ne tient pas compte du développement gigantesque des ENR, notamment des grands parcs éoliens offshore en construction.
a écrit le 08/12/2016 à 9:46 :
la voiture électrique est au point !
Ce qui ne l'est pas encore c'est les batteries et l'autonomie !

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