Stellantis va lancer en 2023 la construction en série d'utilitaires équipés d'une pile à combustible, un système à hydrogène qui alimente une batterie et un moteur électrique.
PSA
Le groupe automobile franco-italien va passer à la production en série de camionnettes à hydrogène dans le Nord de la France. Stellantis veut diversifier son offre sur ce segment, réputé très lucratif, où il est leader en Europe (30% de parts de marché). Toutefois, le marché pourrait être encore très limité tant cette technologie n'est rentable que sur des cas d'usage marginaux.
Stellantis fait un pas de plus vers l'hydrogène. Après avoir lancé la commercialisation d'utilitaires légers (VUL) à hydrogène, mais de manière ciblée, le groupe automobile, issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, a annoncé jeudi son industrialisation en série sur son site historique d'Hordain (Nord), plus connu sous le nom de Sevelnord. L'investissement s'élèvera à 10 millions d'euros, en partie financé par l'Etat.
Production 100% française
Cette usine produit des utilitaires légers pour cinq marques (Peugeot, Citroën, Opel, Vauxhall, Fiat), et pour Toyota. Il s'agit de modèles baptisés Citroën Jumpy, Peugeot Expert, Fiat Scudo ou Opel Vivaro. Leurs versions pour le transport de personnes y sont produites aussi.
Seules les marques du groupe pourront être équipées de cette technologie. Stellantis va se fournir auprès de Symbio pour la pile à combustible (produit en Rhône-Alpes-Auvergne), et auprès de Plastic Omnium pour le réservoir (produit près de Compiègne). Si on ajoute le moteur électrique produit à Trémery (près de Metz), l'utilitaire à hydrogène signé Stellantis sera ainsi un produit « made in France ».
Mais la capacité de production de véhicule utilitaire léger (VUL) à hydrogène a été fixée à 5.000 unités par an à partir de sa mise en service prévue en 2024. Stellantis n'a pas donné de perspectives de marché, mais le groupe estime que le modèle économique de cette gamme visera les usages de longs trajets.
Autrement dit, les artisans qui font essentiellement des trajets urbains et péri-urbains, seraient plus avisés de rester sur une camionnette électrique à batterie. Un VUL à hydrogène coûte entre 30 et 40% plus cher qu'une version électrique, qui coûte déjà plus cher qu'une version thermique. Stellantis estime que les subventions seront déterminantes pour stimuler ce marché. Pour l'heure, le site d'Hordain est en train de monter en puissance sur la production de VUL électrique qui représente désormais 43% de la production totale, contre 32% en début d'année.
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