Stellantis: le plan de Carlos Tavares pour atteindre les 300 milliards de chiffre d'affaires
Nabil Bourassi, à Amsterdam
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Regis Duvignau
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La fusion entre PSA et Fiat Chrysler est déjà digérée, Stellantis se projette déjà en 2030. Le directeur général du groupe, Carlos Tavares, a encore surpris son monde lors de la présentation ce mardi à Amsterdam du plan stratégique du groupe. Un peu plus d'un an après la fusion, les marchés attendaient légitimement un plan qui donnerait les modalités de fonctionnement et de restructuration de ce qui est devenu le quatrième constructeur automobile mondial. Avec la moitié de ses douze marques en panne de stratégie, ses dizaines d'usines sous-utilisées, le bourbier chinois, Carlos Tavares ne manquait pas de sujets à résoudre devant la presse et les analystes financiers.
Au lieu de cela, il a préféré projeter Stellantis dans le monde de 2030, ses bouleversements technologiques et la mutation de la chaîne de valeur. Pour le reste, Carlos Tavares n'a même pas eu besoin de rappeler son bilan dans le redressement de PSA qu'il a repris en main en 2014, ou encore d'Opel (devenu rentable en un an). Et pour les amnésiques, les résultats spectaculaires du premier exercice de Stellantis (11,8% de marge opérationnelle et 152 milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'avance sur les synergies) sont là pour attester de la robustesse du modèle économique. « Dare Forward 2030 » (le nom du plan stratégique) veut imaginer un nouveau modèle économique et industriel fondé sur les nouvelles pratiques de mobilité de demain, la digitalisation et l'électrification.
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En premier lieu, Carlos Tavares veut mettre le paquet sur l'électrification, et ce malgré ses réserves qu'il maintient. Il a annoncé qu'en 2030, 100% des ventes en Europe seront uniquement sur la base de voitures électriques. Il coupe court à l'hypothèse d'une interdiction par la Commission européenne des voitures thermiques (hybrides compris) en 2035, et a décidé de mobiliser toute l'entreprise autour de cet objectif. Il s'agit d'une véritable volte-face alors qu'un peu plus tôt dans la journée, dans un échange informel avec quelques journalistes, Carlos Tavares avait pourtant encore rappelé à quel point il déplorait l'absence de vision globale de l'Europe sur la question de l'électromobilité. « Il manque une approche à 360 degrés de la voiture électrique, c'est-à-dire dans une analyse qui va du puits à la roue », a-t-il lancé. « La question du coût mais aussi de la nature de l'énergie nous revient à la tête », a-t-il constaté en référence à la hausse des coûts de l'électricité qui parfois est d'origine fossile. « On va se retrouver avec des voitures électriques trop chères, avec une énergie trop chère et qui ne sera pas assez propre », a-t-il déploré.
Nabil Bourassi, à Amsterdam