Carlos Tavares ancien patron de PSA a été l'artisan de la fusion avec Fiat-Chrysler, et qui a donné le groupe Stellantis. Il se définit lui-même comme un "psychopathe de la performance".
Le groupe automobile franco-italien a annoncé une marge opérationnelle de près de 12%, un an seulement après sa fondation. Ces résultats spectaculaires portent encore le sceau de son architecte, Carlos Tavares, l'un des patrons les plus en vue de l'industrie automobile.
La puissance de frappe opérationnelle de Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis, a encore frappé... Et très fort encore une fois avec la publication ce mercredi des premiers résultats financiers du groupe né il y a un an du rapprochement des groupes PSA et Fiat-Chrysler. Des résultats spectaculaires puisque la nouvelle entité, qui revendique le rang de quatrième constructeur automobile mondial, a enregistré un bénéfice opérationnel de 18 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires de 152 milliards d'euros. Soit une marge opérationnelle de 11,8%, largement supérieure aux standards du secteur qui tournent, dans le meilleur des cas, autour de 8%. Même les groupes premium affichent des ratios de rentabilité compris entre 9 et 10%.
Un contexte défavorable
Cette performance est d'autant plus remarquable qu'elle s'inscrit dans un contexte des plus défavorables avec la hausse des coûts des matières premières et la pénurie des semi-conducteurs. Cette prouesse s'explique par la méthode Carlos Tavares, maintes fois appliquée avec succès dans le passé, et dupliquée aujourd'hui à une plus grande échelle.
Celui qui se définit lui-même comme "un psychopathe de la performance" est réputé comme un patron à la main de fer : discipline opérationnelle et commerciale, obsession du "pricing power", frugalité à tous les étages... Une main de fer dans un gant de velours mais dont les résultats sont incontestables.
L'organigramme mis en place au lendemain de la fusion a clairement donné la main au management PSA, rôdé à la méthode et parti évangéliser la partie italo-américaine de Fiat-Chrysler. En quelques mois, les marques italiennes ont immédiatement cessé les ventes aux rabais, les stocks à gogo dans les concessions...Tout ce qui pouvait altérer les prix et la valeur résiduelle (prix à la revente).
Ainsi, Alfa Romeo a immédiatement recueilli les fruits de cette recette avec des prix moyens en hausse, et des taux d'équipements et de finitions en progression. La marque sportive premium, dirigée par Jean-Philippe Imparato, fervent défenseur du "pricing power" qu'il a mis en place lorsqu'il dirigeait Peugeot, a ainsi vu son pouvoir monter de quasiment un point. Il se repositionne ainsi juste au-dessus de la moyenne des marques du segment (+0,1 point). C'est peu, mais la marque a colmaté la brèche, et s'attend à une dynamique vertueuse qui sera désormais alimentée par un plan produit ambitieux: cinq nouveaux modèles d'ici 2026.
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