John Elkann, le dirigeant par intérim du groupe Stellantis, a, selon l'Elysée « souligné sa volonté de continuer à soutenir les usines où le groupe est implanté » après une rencontre avec Emmanuel Macron.
Reuters
Le président de Stellantis John Elkann a « confirmé » au président Emmanuel Macron « l'engagement du groupe automobile en France » et un soutien à ses usines, a indiqué lundi l'Elysée.
Dans un contexte de ralentissement du marché automobile et de mutation accélérée vers l'électrique, Stellantis se veut rassurant. Reçu lundi 16 décembre par Emmanuel Macron, John Elkann, qui a pris la tête d'un comité exécutif, après le départ de Carlos Tavares, « a confirmé au chef de l'Etat l'engagement du groupe automobile en France, dans la perspective de nouveaux projets dans l'Hexagone », a indiqué l'Elysée.
Le dirigeant par intérim, ex-patron du constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler, dont la holding familiale Exor est le principal actionnaire de Stellantis avec 14,2% du capital, devant la famille Peugeot (7,1%) et l'Etat français (6,1%), a « souligné sa volonté de continuer à soutenir les usines où le groupe est implanté », selon la même source.
Le dirigeant a aussi confirmé « la sécurisation du financement et du développement d'ACC, fabricant de batteries - qui vient d'annoncer l'obtention d'un prêt pour assurer le développement de sa gigafactory de Billy-Berclau » dans le Pas-de-Calais, a complété l'Elysée. De son côté, le chef de l'Etat a rappelé à son interlocuteur « l'importance de Stellantis pour la France, dans un contexte où la filière automobile fait face à des transformations importantes ».
Un« potentiel de retournement »dès 2025
Le groupe industriel a confirmé à l'AFP que l'entretien avait notamment porté sur « l'ancrage de Stellantis en France, qui ne sera pas remis en question ». De même source, John Elkann a aussi évoqué l'importance pour son entreprise du réseau commercial de ses marques en France, de ses fournisseurs et autres emplois induits. Le constructeur compte 42.000 salariés en France, sur 258.000 dans le monde fin 2023.
Avant le départ de Carlos Tavares, Stellantis avait déjà assuré qu'aucune usine française ne fermerait à court terme. Mais la production doit baisser de 20% en 2025 pour s'adapter à un marché européen au ralenti. Stellantis devra notamment se positionner « d'un côté sur la gestion des marques pour regagner des parts de marché, et de l'autre côté pour gérer les capacités de production excédentaires en Europe comme en Amérique du Nord », a commenté début décembre l'analyste Philippe Houchois dans une note pour le cabinet Jefferies.
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Pour les analystes d'UBS cependant, le groupe garde « le meilleur potentiel de retournement de l'industrie automobile européenne en 2025 ». L'offre de nouveaux modèles doit se renforcer en 2025, la situation aux Etats-Unis pourrait se stabiliser et, en Europe, le groupe est en train de lancer plusieurs modèles électriques. Surtout, Stellantis reste le constructeur « le plus flexible face à l'évolution du marché des voitures électriques », dont la stagnation préoccupe toute l'industrie.