Volkswagen : Ferdinand Piëch arrive affaibli au comité directeur de crise

 |   |  480  mots
Martin Winterkorn (à gauche) prend un siège que lui tend Ferdinand Piëch.
Martin Winterkorn (à gauche) prend un siège que lui tend Ferdinand Piëch. (Crédits : Reuters)
Un comité directeur a été convoqué ce jeudi afin de résoudre la crise managériale qui oppose le chef historique du groupe, et son patron exécutif. Ferdinand Piëch a été désavoué par l'ensemble des actionnaires, mais également par les syndicats qui font bloc derrière Martin Winterkorn.

En Allemagne, la presse ne parle plus que de cela : le feuilleton Volkswagen défraye la chronique. Il faut dire que le conflit relationnel au plus haut niveau du géant allemand de l'automobile est aussi soudain que surprenant dans ce pays peu habitué à ce genre de coup d'éclat.

D'ailleurs, immédiatement après les déclarations dans Der Spiegel de Ferdinand Piëch, président du Conseil de surveillance, où il disait avoir pris ses distances avec Martin Winterkorn, président du directoire, les principaux actionnaires ont désavoué cette prise de position publique.

Influent, surdoué... Piëch force l'admiration de ses concurrents

Ferdinand Piëch est pourtant l'un des industriels les plus influents d'Allemagne. Il a construit l'un des fleurons les plus emblématiques de la puissance teutone et force l'admiration des hommes d'affaires, concurrents compris. Son expertise, son intuition, il la doit peut-être à un atavisme hérité de son grand-père, Ferdinand Porsche, fondateur de la marque éponyme et de Volkswagen. Mais, il la doit aussi à lui-même: ingénieur surdoué, concepteur de voitures de courses puissantes dans l'écurie Porsche, et détenteurs de nombreux titres de rallyes.

Âgé de 77 ans, Ferdinand Piëch continue à faire la pluie et le beau temps sur ce groupe de 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Cette fois, il reproche à Martin Winterkorn, qui était, il y a peu encore, son poulain, d'avoir failli sur certains dossiers. D'abord, la marque Volkswagen est en perte de vitesse, si bien que sa marge est en recul. Les difficultés sur le marché américain, où le groupe a pourtant lourdement investi, sont également un grief adressé à Martin Winterkorn.

Mis en minorité par les actionnaires

Le patron historique de l'entreprise s'interroge sur le renouvellement du mandat de Martin Winterkorn qui s'achève en 2016. Mais, c'est sans compter les soutiens de ce dernier. D'abord, l'Etat régional de Basse-Saxe qui représente 20% du capital s'est montré solidaire de Winterkorn immédiatement après le lancement de la polémique. "Il n'y a aucune raison de changer quoi que ce soit", a ainsi déclaré son président.

Plus problématique pour Ferdinand Piëch, sa famille ne semble pas le suivre dans sa démarche. Son cousin, Wolfgang Porsche, l'a ainsi clairement désavoué. La holding familiale détient 50,8% du capital du groupe. Enfin, les syndicats ont d'ores et déjà pris fait et cause pour Martin Winterkorn. Ils détiennent 20 sièges au sein du conseil de surveillance du groupe.

Vers une sortie de crise?

Sous pression, le comité directeur de Volkswagen a décidé de se réunir jeudi 16 avril en urgence pour résoudre la crise managériale. Il est composé de six membres: Bernd Osterloh, président du comité d'entreprise, et deux autres représentants des salariés, Piech, Porsche et Stephan Weil, le Premier ministre du Land de Basse-Saxe.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/04/2015 à 12:08 :
Une qualité désastreuse de l'ensemble des marques VW group, aujourd'hui la réalité s'impose, il faut en payer le prix et parce que ça le vaut bien...!!!
a écrit le 16/04/2015 à 18:32 :
Bien. Notons que pour la première fois dans La Tribune est évoqué le fait que les anciens actionnaires de Porsche détiennent en fait la majorité de VW soit comme le disent les américains c'est bien la souris que a mangé le lion et non le contraire. Ensuite comme je l'ai souvent évoqué VW a fait un pari audacieux de camouflage, se donnant du temps pour lisser son bilan. Mais si l'on peut courir le monde, il nous indique rapidement qu'il a ses limites. La baisse de la qualité des voitures elle aussi ne peut se poursuivre très longtemps sans effets désastreux. Le conseil voudrait que les éléments du décor soient abandonnés comme le réseau de distribution ou les camions. Espérons que VW puisse en tirer plus d'argent que l'ensemble ne lui a coûté à l'achat et qu'ainsi la société puisse adopter une trajectoire enfin saine. Plus généralement si l'on consulte le classement des grandes entreprises allemandes on voit au deux premières et à la quatrième place les 3 constructeurs automobile. Or dans ce domaine l'on sait que toute avance trop rapide est reprise, les concurrents grignotent leur retard sur les années qui suivent. Ce qui veut dire l'écrasement des marges pour l'impatient dans toute sa chaîne de manoeuvre. Un lourd défi pour l'Allemagne.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :