LA TRIBUNE : Votre Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM), qui regroupe les extracteurs de minéraux, les fabricants de matériaux et les acteurs de la valorisation des matières du BTP, a proposé au gouvernement un plan de « relance résiliente » de la filière. Pourquoi ?
DIDIER PETETIN, directeur général délégué de Vicat :
Il est de prime abord important de relancer la machine économique tout en garantissant la sécurité sanitaire des salariés de la chaîne de valeur. Le confinement a en effet stoppé l'activité économique totalement ou partiellement. Si l'année 2020 partait sous de bons auspices, elle s'est interrompue brutalement. Nos clients se sont eux aussi arrêtés. L'activité du béton prêt à l'emploi était en première ligne, tombant à moins de 10% d'activité.
Dans les métiers des granulats, nous avons pu maintenir des outils de production tout en assurant la sécurité de nos équipes. Depuis le déconfinement, nous continuons à les accompagner. Le fil rouge c'est en effet le maintien de la relation avec les salariés en télétravail, en congés ou en arrêt.
Les sites en secteurs ruraux ont ainsi redémarré plus facilement que les métropoles régionales comme le Grand Paris ou Aix-Marseille. Nous sommes montés à 58% d'activité et même plus pour les granulats. Notre objectif collectif est d'ouvrir 80% des sites d'ici à la fin du mois de mai. Cela ne signifiera pas retrouver un niveau de 80% de ventes, mais permettra d'accompagner la reprise sur le plan économique.
Vous plaidez pour la réalisation d'infrastructures et d'aménagements collectifs « nécessaires à un développement de l'économie compatible avec le respect de l'environnement et la santé des concitoyens ».
La transition écologique n'était-elle pas déjà au cœur de vos préoccupations ?
Nos industries ont toujours mis l'accent sur la préservation de l'environnement. Le Covid-19 est une épée de Damoclès, un avertissement supplémentaire en parallèle de la crise climatique. C'est pourquoi il faut relancer l'entretien et les investissements dans les ouvrages existants.
Nous allons également apprendre de cette crise comment mieux construire des habitats neufs.
Le confinement amènera des retours d'expérience qui vont inspirer l'architecture, les logements et les modes constructifs.
A cet égard, la crise sanitaire est une « opportunité » pour notre profession. Notre ancrage territorial est majeur pour répondre immédiatement à la demande. Les savoir-faire sont locaux et ne nécessitent ni importations ni délais liés à d'autres pays. La production en France est essentielle pour permettre de répondre aux enjeux sociaux.