Le BTP se convertit à son tour à la révolution numérique et énergétique

Accord salarial dans le secteur allemand du btp
Ralph Orlowski

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Ralph Orlowski
0,002 %. C'est le pourcentage de l'investissement dans la recherche et le développement dans le domaine de l'immobilier. Pendant longtemps, les professionnels ont considéré que leur métier consistait à trouver un terrain et à obtenir le permis de construire avant de s'associer avec des constructeurs et de livrer le produit fini. Désormais, cette époque est terminée. Qu'ils soient promoteurs ou cimentiers, ils se doivent de prendre en compte en amont et en aval les transitions énergétique et numérique qui révolutionnent leurs activités.
Les acteurs s'organisent en effet pour prendre ce virage à bras-le-corps. Le 26 juin dernier, Certivéa et la Smart building alliance (SBA), remarquant que « les promoteurs et les foncières ont saisi l'importance des critères du smart dans la valorisation de leurs biens », ont lancé le label « Ready-to-service ». Selon le président de la SBA, Emmanuel François, il s'agit, ni plus ni moins, d'« un cadre de référence définissant l'ouverture des données » et d'« une clé d'équipement des infrastructures soit dans l'ancien soit dans le neuf ».
Les organismes de formation s'adaptent donc aux exigences du marché. Intervenant devant le réseau des professionnels de l'immobilier RICS le 3 juillet, Sophie Mougard, directrice de l'Ecole des Ponts, s'est dite « au service des acteurs économiques » et de « tous ceux qui vont concevoir et gérer une ville intelligente et connectée, une ville durable ».
« Pitchant » au Cement Lab le 4 juillet, initiative du Syndicat français de l'industrie cimentière pour traiter ces sujets, Matthias Sicard, de la société norvégienne Disruptive Technologies, installe, lui, des capteurs de température dans les armoires électriques, disjoncteurs et transformateurs connectés à un nuage afin de faciliter leur intégration quel que soit le site :
Chez Strains, toutes les parties prenantes d'un projet peuvent accéder via une plateforme sécurisée à une modélisation 3D des ouvrages d'art pour vérifier si tout est aux normes et ce afin de réduire les coûts de déconstruction-reconstruction. Idem avec Bulldozair qui, via une une application smartphone et tablette, permet au maître d'œuvre resté au bureau et au chef de chantier de s'échanger plans, photos ou reportings accessibles même hors connexion.
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Même les assureurs s'adaptent à cette tendance lourde. Chez Allianz Real Estate, Sébastien Chemouny a également adopté les capteurs pour « constituer du big data et apporter du confort, de la maintenance et de la sécurité », ainsi que la maquette numérique (BIM), pour « suivre l'immeuble de sa conception à sa vente ».
Pareil chez Covivio (ex-Foncière des Régions) où son directeur du développement durable, Jean-Éric Fournier, utilise le BIM pour « mieux construire et mieux gérer ». Selon le cabinet de conseils Sia Partners, dont La Tribune s'est procuré les données en avant-première, d'ici à la généralisation du BIM dans le neuf en 2022, 220.000 emplois gagnent déjà en qualification et 2.500 sont en passe d'être créés.
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Parallèlement à la donnée et à la maquette numérique, l'intelligence artificielle (IA) s'invite chaque jour davantage dans les processus de décision. L'investisseuse Tania Bontemps, présidente d'Union Investment Real Estate France, l'érige même en « grand chantier en cours », considérant que le « machine learning », l'apprentissage par la machine, va lui permettre de créer une « grande » base de données utiles et disponibles. La jeune pousse Dataswati utilise, elle, l'IA pour la météo et l'humidité des briques après séchage.
Sans oublier de l'innovation en interne ainsi que de l'interactivité permanente entre petits et grands entrepreneurs.