Construire sa maison autonome au prix d’un changement de vie
Pierrick Merlet
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Photo d'illustration
Rémi Benoit pour La Tribune
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En plein cœur de Muret (Haute-Garonne), un chantier au fond d'un jardin attire l'attention. Une maison est en construction, et si, à première vue, elle ne présente aucune singularité, elle n'a pourtant rien à voir avec ses voisines. Il s'agit d'une maison écologique, pour ne pas dire « autonome ». « C'est une maison qui sera quasiment autonome puisqu'elle consommera très peu d'énergie. Elle a été construite à partir d'une ossature en bois, agrémentée de bottes de paille, recouvertes par un enduit de terre et de chaux à partir de la terre du jardin. La paille est l'un des matériaux les plus isolants et elle permet de réguler naturellement l'humidité à l'intérieur de la maison. Elle augmente aussi l'inertie de l'habitation, ce qui est important pour le confort en été. Cette maison n'aura pas besoin de climatisation dans les 30 prochaines années », raconte Raphaël Auria, le cofondateur et codirigeant de la SCOP toulousaine Houself chargée de mener à bien ce chantier et spécialisée dans ce type de projets. Cette maison de 160 m2 sera également équipée d'un poêle à bûches, de panneaux photovoltaïques, de solaire thermique et de récupérateurs d'eau. Autre aspect, cette maison écologique a été habillée au sol d'une dalle de chaux-chanvre, « ce qui permet de mieux capter la chaleur l'hiver notamment », commente l'entrepreneur qui veut agir sur l'environnement par le biais du bâtiment. Les menuiseries ont, toutes sans exception, étaient installées sur la façade sud de la future habitation afin de capter le plus possible de chaleur naturelle et éviter les déperditions de chaleur sur des façades où le soleil sera peu présent. À plus de 2 500 euros au mètre carré TTC, « c'est avant tout un projet de raison et de conviction écologique. Je ne suis pas sûr de m'y retrouver financièrement à long terme, et ce n'est pas la finalité économique qui a motivé ce projet », confie Guillaume Henneguez, le futur propriétaire de cette maison qu'il espère occuper pour l'été prochain. « Il y a eu des petits écueils techniques sur le chantier, ce qui n'est pas une surprise pour ce type de projet. Par exemple, il y a beaucoup d'artisans qui sont frileux à utiliser ces nouveaux matériaux, donc trouver certains professionnels prend parfois du temps », raconte-t-il. Pour lui et sa famille, ce chantier est le fruit d'une très longue réflexion. Ce type de constructions a tout de même convaincu son entourage, puisque l'un de ses amis proches a également construit sa maison à partir de bottes de paille. Petite anecdote : Guillaume Henneguez est pilote d'avion de profession. Son choix pour sa vie personnelle est donc aux antipodes de l'image de « pollueur » que peut refléter le milieu de l'aviation. « Je suis leur caution écologique », dit-il avec humour, avant d'ajouter : « Quand je parle de ma future maison autour de moi, cela ne manque pas de faire réagir et pourtant c'est un sujet important. »
Pierrick Merlet