Un millier d’hectares de chanvre devraient être plantés d’ici 2027 en Indre-et-Loire. La renaissance de cette culture en Touraine viendra renforcer la filière nationale du chanvre industriel, en développement dans le BTP et l’automobile.L'écosystème porté par la société Chanvre Aère, basée à Bléré à une trentaine de kilomètres de Tours et spécialisée dans la transformation du chanvre industriel, entrera en phase active en 2025. A la clé, la plantation l'année prochaine de plusieurs centaines d'hectares de chanvre par des exploitants agricoles de Touraine, après une expérimentation menée en 2023 et 2024.
« Grâce à une première récolte, limitée, effectuée cette année, nous allons démarrer la commercialisation de mobiliers réalisés à base de chanvre, ainsi que d'un procédé de fabrication de béton de chanvre, explique Vincent Cesario co-fondateur de Chanvre Aère. Les qualités intrinsèques de cette plante, absorbant 15 tonnes de CO2 en moyenne par hectare et nécessitant une irrigation minimum, la positionne comme un matériau écologique d'avenir en termes de décarbonation et de nouveaux débouchés. A l'horizon de trois ans, l'objectif est de nous appuyer sur un millier d'hectares en Indre-et-Loire ».
Doublement des surfaces cultivées
En Touraine, il s'agit dans les faits d'une renaissance pour la culture du chanvre, qui s'est arrêtée au début du XXe siècle. En cause, comme au plan national, son remplacement par le coton dans le textile, et par le nylon pour la corderie. De 200 000 hectares de chanvre en France en 1900, la culture est tombée à 25 000 en 2023.
La filière du chanvre industriel compte aujourd'hui une dizaine d'acteurs transformateurs dans l'Hexagone, dont le leader historique, la Chanvrière de l'Aube. Basée près de Troyes, elle représente à elle seule 40% du chanvre transformé en France, soit 80.000 tonnes par an. Mais le changement climatique depuis cinq ans est en train de rebattre sérieusement les cartes. A preuve, les surfaces cultivées devraient doubler d'ici quatre ans. Le volume d'affaires annuel du secteur qui s'est élevé à 100 millions d'euros cette année, attendra 230 millions d'euros à la même échéance, selon Vincent Cesario.