L’ancien ministre redevenu député Thomas Cazenave vient de dévoiler, avec ses collègues Olivia Grégoire, François Jolivet et Jean-Paul Mattei, une proposition de loi visant à moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l’État. Ce dernier est le troisième propriétaire du pays, derrière l’Église et la SNCF, mais le dernier occupant européen à ne pas entretenir ses millions de mètres carrés.L'annonce avait pris de court tous les observateurs des questions gouvernementales. Lors de sa déclaration de politique générale, le 14 janvier, le Premier ministre avait annoncé un fonds spécial « entièrement dédié » à la réforme de l'État pour investir dans le déploiement de l'intelligence artificielle dans les services publics. Celui-ci serait financé « en réalisant une partie des actifs, en particulier immobiliers, qui appartiennent à la puissance publique », faisait savoir François Bayrou.
Six mois plus tard, les anciens ministres macronistes Thomas Cazenave (Gironde) et Olivia Grégoire (Paris), ainsi que les députés Jean-Paul Mattei (Démocrate, Pyrénées-Atlantiques), notaire de profession, et François Jolivet (Horizons, Indre), rapporteur Logement et hébergement d'urgence à chaque budget, viennent de dévoiler une proposition de loi visant à moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l'État.
96 millions de mètres carrés, derrière l'Église et la SNCF
Et pour cause : l'État détient 96 millions de mètres carrés, dont 23 millions de bureaux et reste l'un des plus grands propriétaires immobiliers du pays, derrière l'Église et la SNCF. Le locataire de Matignon y voyant, lui, une « manière de rendre actif un patrimoine aujourd'hui inactif nous [permettant] peut-être un jour d'initier un scénario de réduction de notre endettement ».
Toujours est-il que le texte d'initiative parlementaire serait soutenu par 130 députés issus de six groupes politiques, arguant qu'« une partie de ce patrimoine est mal connue, sous-utilisée ou vétuste ». Sur le papier, l'idée est simple : « Il s'agit de créer une foncière qui doit permettre à l'État de mieux entretenir son parc immobilier, de mieux adapter ses implantations aux besoins des territoires et des services publics, et d'engager une trajectoire claire de réduction des surfaces occupées. »