Logement social : 4 milliards pour l'organisme de vente HLM

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Le premier appel à manifestation d'intérêt (AMI) a suscité l'intérêt de 71 bailleurs sociaux pour un parc total de 11.000 logements.
Le premier appel à manifestation d'intérêt (AMI) a suscité l'intérêt de 71 bailleurs sociaux pour un parc total de 11.000 logements. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Annoncé dès la stratégie "Logement" du gouvernement en septembre 2017 et confirmé par la loi Elan promulguée en novembre 2018, l'opérateur national de vente HLM a été officiellement présenté ce 18 février 2019. Le groupe Action Logement investira 4 milliards d'euros pour porter les logements à vendre avant de les céder aux futurs propriétaires. Le décret d'application est, lui, prévu pour avril prochain.

« Enfin, nous y sommes ! » souffle, presque ému, le président d'Action Logement Bruno Arcadipane. Treize mois après la signature de la convention quinquennale entre l'ancien 1% Logement et le ministère de la Cohésion des territoires, l'opérateur national de vente (OLV) commence à voir le jour ce 18 février 2019. Il ne s'agit plus de "construire plus, mieux et moins cher", comme disait encore le gouvernement il y a peu, mais de "construire mieux et beaucoup plus".

« Chaque logement vendu permettra la construction de 2,5 ou de 3 logements réhabilités ou construits », assure Bruno Arcadipane.

Un décret au Journal officiel en avril

Concrètement, cette structure de portage de vente d'HLM, que Jacques Mézard qualifiait en janvier 2018 d' "organisme fluidificateur", permet au groupe Action Logement d'acquérir des logements en bloc, avant de les vendre ensuite un par un aux locataires intéressés. Son vice-président Jean-Baptiste Dolci promet ainsi un "service après-vente" aux futurs acheteurs, à savoir un accompagnement dans l'apprentissage des règles de copropriété ainsi qu'une garantie de rachat voire de relogement "en cas d'accident de la vie".

Il reste des conventions et des agréments à signer, explique le ministre de la Ville et du Logement, mais le décret fondateur est "prévu" pour le mois d'avril 2019. « Cela n'enlève rien à la finalisation des documents et à la contractualisation », poursuit Julien Denormandie. Si la dynamique est "volontaire", l'achat et la vente seront "à l'initiative des territoires". Le premier appel à manifestation d'intérêt (AMI) a en effet suscité l'intérêt de 71 bailleurs sociaux pour un parc total de 11.000 logements.

Précisément, 25% d'entre eux, soit plus de 2.000 habitats, se situent en région parisienne.

« Les bailleurs identifient les logements, font des listes de ceux susceptibles d'être mis à la vente avec des locataires appétents, et nous, nous regardons comment nous pouvons aider ces derniers », confie à La Tribune Leila Djarmouni, directrice régionale Ile-de-France du groupe Action Logement. « Nous travaillons sur les biens depuis début janvier pour être prêts en avril. »

4 milliards d'euros sur la table

Initialement, le gouvernement aurait aimé que 40.000 transactions aient lieu chaque année, avant qu'il n'ait plus été question d'objectif chiffré. Désormais le ministre du Logement se refuse à fixer un "objectif temporel" tout en soulignant qu'actuellement, 7 à 8.000 ventes de logement social ont lieu chaque année. « Les ventes dépendront des territoires », insiste-t-il encore. Les propriétaires de demain bénéficieront du "prêt accession +" du groupe Action Logement. « Il sera de plus en plus fléché vers cette clientèle », avance son président Bruno Arcadipane. En revanche, ces particuliers ne pourront pas prétendre à l'APL accession. Supprimée fin 2017 dans le budget 2018, elle ne sera pas réintroduite à l'exception des DOM-TOM, confirme Julien Denormandie.

Cet opérateur national de vente est présidé par "le petit nouveau" Frédéric Motte, ex-candidat à la tête du Medef et toujours patron de la section régionale des Hauts-de-France. Il promet de "mobiliser" les forces vives du groupe Action Logement, fort de son statut d'"ancien élu local". Frédéric Motte, qui effectivement a été maire de Beaucamps-Ligny (Nord) de 1995 à 2014, sera épaulé par un vice-président Force ouvrière. Michel-Ange Parra est notamment administrateur de l'office public de l'habitat (OPH) de Montpellier Méditerranée Métropole.

Action Logement a déjà débloqué un milliard d'euros et, grâce à des emprunts auprès des banques, espère bien en lever trois milliards supplémentaires pour financer toutes ces opérations d'acquisition et de revente. D'autant que des bâtiments vont nécessiter des travaux que le groupe prendra à sa charge. Sans parler du deuxième appel à manifestation d'intérêts qui sera lancé avant l'été prochain.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2019 à 10:53 :
la France manque de logement, et la speculation des derniere annees ont fais des ravage: malgré cela: : dans le nouveaux quartier ou j habite desorme: ,il y 3 trois agence imobiliaires , est dans ma regions on recomence a voir des grue de chantier, donc tous vas bien pour le B T P et LA SPECULATON IMOBILIERE? CECI DIT DANS CE QUARTIER RESSANT OU JE VIE DESORME LA VIE ET PLUS FACILE CAR ON TROUVE TOUS CE QUE A BESSOIN EN MAGASIN EXT EXT MAIS JE DOIT DESORME PASSE UN TIERS DE MON BUJET POUR CE PETIT CONFORT QUE CHAQUE FRANCAIS DEVRAIS AVOIR DROITS? MOI JE PENSE QUE LE PLAFONS DES LOYERS DANS LE PRIVE SONT TROP ELEVE CAR IL Y VIENT EN PLUS LES CHARGES? DONC JE PENSE QU IL FAUT REDECENDRE LES PLAFONDS DE LOYER OU DONNZ UNE APL SUIVANT LES REVENUES DES LOCATAIRES,? CELA AIDERAIS CERTAIN PAUVRES A PARTIR DES MAUVAIS QU ARTIERS OU CELA DEVIENT INVIVABLE A CAUSSE DES DROGUES ET DU CHOMAGE??
a écrit le 20/02/2019 à 15:57 :
Le problème n'est pas l'offre mais la demande, qui est croissante et insolvable.
La France, notamment avec sa politique ridicule de logements sociaux, crée les conditions de son effondrement à moyen terme ...
a écrit le 20/02/2019 à 13:45 :
Trop de spéculation dans le logement.bientot on speculera sur le sang.le logis et le temple de la famille disait ce grand homme le corbusier maintenant le temple de certaine famille et autres et un morceau de trottoir ou ils crevent dans le plus grand des scandales et silences du siècle.amen.
a écrit le 20/02/2019 à 9:43 :
Je suis un peu perdu dans ce domaine qui m'est parfaitement inconnu; ma question: cela va-t-il résoudre le problème du logement (bien et mal)? L'investissement me parait bien modeste.
a écrit le 19/02/2019 à 18:16 :
"Son vice-président Jean-Baptiste Dolci promet ainsi un "service après-vente" aux futurs acheteurs, à savoir un accompagnement dans l'apprentissage des règles de copropriété"

Un peu de concret :
L’envolée est inquiétante. Entre 2007 et 2017, les conflits devant les tribunaux pour cause de charges de copropriété impayées ont bondi de 29 %, indique une récente étude du ministère de la Justice.
On l’imagine avant, du temps de sa jeunesse, ce grand bâtiment crème de cinq étages, construit en 1959 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) au nord de Paris. Aujourd’hui, la jolie couleur crème est balayée un peu partout de traces noirâtres. Le petit jardin devant l’immeuble, sous les fenêtres en bois d’origine, a dû être joli lui aussi. Dans l’entrée, près de la cage d’escalier, la peinture est écaillée et les boîtes aux lettres font peine à voir.

Voilà près de 37 ans que Douce, ancienne salariée dans la restauration, assiste depuis son logement du 5e étage à cette lente mais inexorable décrépitude. Les charges de copropriété, pourtant, qui devraient servir à rénover l’ensemble, sont de plus en plus élevées. « Oui, mais une partie sert d’abord à payer le fioul, qui est de plus en plus cher », fait remarquer cette vieille dame, qui doit débourser chaque trimestre 920 euros de charges, soit plus de 300 euros par mois. Parfois, elle se débrouille seule en piochant dans sa retraite de 1200 euros ; parfois, quand l’addition revient trop vite, son fils et sa fille l’aident.« Beaucoup de voisins ont du mal à sortir les sommes nécessaires », atteste Douce. Ces dernières années, les impayés se sont envolés, atteignant aujourd’hui la somme astronomique de 90 000 euros ! Impossible, avec une telle dette, de lancer des travaux dignes de ce nom.
a écrit le 19/02/2019 à 17:53 :
Faut savoir :

L'attachement au logement freine la mobilité et favorise le chômage.

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/l-attachement-au-logement-freine-la-mobilite-et-favorise-le-cho-mage-539068.html
Réponse de le 20/02/2019 à 11:18 :
Si les propriétaires de logements qui doivent le quitter pour raisons professionnelles ne s'engageaient pas dans un processus infernal (surprotection du locataire en place, niveau d'impôts et de cotisations sociales sur les loyers perçus), ils seraient plus enclins à les proposer à la location. Ce qui résoudrait le pb de mobilité.
Réponse de le 21/02/2019 à 18:16 :
Pourquoi, tu es locataire en immeuble ou propriétaire en pavillon pour évoquer ce sujet ?
a écrit le 19/02/2019 à 14:53 :
Un grand ménage à réaliser :

-Des millions de personnes seules ou en couple, bloquent du T4 et T5, plutôt que T2 ou T3.
Du potentiel immense pour réaliser 2 log locatifs avec un.

-Retraités revenus en province, qui gardent le HLM en résidence secondaire.

-Couples opportunément non mariés-non pacsés , l'une des deux : RSA et Alloc log, et l'autre gros salaire, les deux profitant du HLM ainsi occupé.
Réponse de le 20/02/2019 à 14:03 :
Vous oubliez aussi les hommes politocards qui occupent des logements de 600 m carré a paris des hlm en zone tendu a 14000 euros par mois.les gens modestes ne peuvent plus accéder aux logements sociaux dans les zones tendus car pas assez de logements sociaux. Construisez comme en espagne avant la bulle de 2008 a nice et a paris et vous verrez on viendra vous cherchez dans la rue pour vous donnez un logement.
a écrit le 19/02/2019 à 10:25 :
Génial, on a inventé la vente à la découpe...
a écrit le 19/02/2019 à 9:12 :
Encore une bulle immobilière, c'est bien les gars mais on voit également que vous ne comprendrez décidément rien au marché que pourtant vous acclamez.

"Hé les gars j'ai une idée génial, on va faire du fric en revendant des baraques et des terrains !"

Original, le truc qui existe depuis 50 ans donc et qui n'a fait qu'amplifier le prix des loyers et des maisons qui s'entassent à vendre.

Bravo les génies, encore une fois.
Réponse de le 19/02/2019 à 10:24 :
Euh... si les logements à vendre s'entassent, ça ne devrait pas amplifier leur prix, au contraire...
Réponse de le 19/02/2019 à 10:52 :
@ multipseudos:

"Euh... si les logements à vendre s'entassent, ça ne devrait pas amplifier leur prix, au contraire... "

Normalement cela devrait faire baisser les prix mais comme la finance s'est imposé dans ce domaine depuis longtemps, les maisons s'entassent et les prix restent élevés.

Je ne comprendrais jamais comment vous faites pour vous prendre pour un expert en économie avec une inculture aussi vaste ?

Encore une réponse totalement inintéressante parce que vous ne comprenez rien de ce que vous lisez, avant je croyais que c'était exprès mais non vous semblez réellement benêt,, faites des efforts bon sang vous vous répandez partout ici !
Réponse de le 19/02/2019 à 15:56 :
@citoyen : Dans les régions en désertification, faites donc un peu le marché immo, vous verrez que les prix sont très bas, on peut avoir un logement très correct pour quelques dizaines de milliers d'€ ; donc oui, les mécanismes de marché fonctionnent. Les prix ne sont élevés que là où le marché est sous-offreur, et les méchants banquiers n'ont aucun intérêt à rester avec des tas de logements invendables sur les bras (le portage en est coûteux). En revanche, de nombreux propriétaires particuliers ont du mal à se faire à l'idée de prendre une perte de 20 ou 30% parce qu'ils ont acheté trop cher. c'est surtout ça qui explique le maintien de prix trop élevés sur des biens qui ne se vendent pas.
Réponse de le 20/02/2019 à 10:19 :
"Dans les régions en désertification, faites donc un peu le marché immo, vous verrez que les prix sont très bas,"

Pas assez bas par rapport au pouvoir d'achat des gens qui y habitent justement.

Sortez de votre carcan parisien avec des salaires à 2500 euros par mois et revenez dans la réalité avec des micro entrepreneurs qui gagnent 700 euros par mois svp.

Bref cherchez à voir ce qu'il se passe dans la réalité, réveillez vous ou bien arrêtez de me coller, merci.

Toujours aussi désagréable et inutile d'avoir à vous répondre hein... -_-

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