Rénovation énergétique : le PDG de Saint-Gobain appelle le gouvernement à mettre « 5 à 10 milliards d'euros » sur la table

Maxime Heuze

Benoit Bazin, président-directeur général de Saint-Gobain.
La Tribune

Maxime Heuze

Benoit Bazin, président-directeur général de Saint-Gobain.
La Tribune
Alors que le 1er avril dernier, le gouvernement a amputé de 30% le montant de MaPrimeRénov' pour l'installation de chaudières ou de poêles à bois, le président-directeur général de Saint-Gobain a de nouveau appelé à un « Plan Marchal de la rénovation énergétique », ce samedi, à la Tribune, lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. Plus précisément, selon Benoit Bazin, l'Etat devrait investir « 5 à 10 milliards d'euros pour rénover, sur une période de 10 ans, les biens avec un diagnostic de performance énergétique F ou G pour mettre fin aux passoires thermiques. »
Un ciblage déterminé par le fait que ces 4,8 millions (15,7% du parc) de maisons ou appartements F ou G sont responsables de 70% du total des émissions de CO2 du parc immobilier français, d'après le Comité scientifique et technique du Bâtiment.
« Le DPE ne va pas disparaître et il est important de cibler les efforts sur les biens F ou G, car ce sont ceux dans lesquels beaucoup de ménages à revenus modestes habitent et qu'ils ne feront pas les travaux nécessaires si leur reste à charge est trop important, alors même que ce sont des biens qui se déprécient et qui éventuellement vont sortir du marché locatif », justifie également le patron du fabricant de matériaux pour les bâtiments et qui participe donc à la rénovation des bâtiments.
Cette demande du patron de Saint-Gobain émane, selon lui, du fait que le logement est un important levier pour combattre le changement climatique, étant donné que le secteur du bâtiment représente en France environ 40 % de la consommation d'énergie finale et un quart des émissions de gaz à effets de serre nationales.
Mais il estime surtout que la rénovation du parc immobilier français serait une réponse sociale pertinente après la crise inflationniste qui a mis à mal le portefeuille de nombreux Français. « En termes de pouvoir d'achat, le confort thermique est important, car, si vous avez une bonne isolation, vous allez réduire votre facture de chauffage et donc vous apportez du mieux-vivre aux ménages », explique Benoit Bazin.
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D'autant qu'une « rénovation globale coûte 30.000 euros pour un pavillon de banlieue, et divise par quatre la facture énergétique d'un ménage entraînant donc un retour sur investissement en trois ou quatre ans », insiste Benoît Bazin.
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En plus de ces économies régulières pour les Français, un coup de pouce public à la rénovation permettrait de lutter contre la perte de valeur des biens, selon Saint-Gobain. « Les statistiques 2023 des notaires ont montré qu'il y avait en moyenne 20 à 25% de rabais sur le prix de vente des biens immobiliers avec une très mauvaise performance énergétique et, à l'inverse, une prime de 15% sur les maisons avec une bonne performance énergétique », a pointé le chef d'entreprise.
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