Les écarts de prix entre une étiquette D et G peuvent considérablement varier d’une région à l’autre, et atteindre parfois une baisse des prix au m2 de 15 à 18 % alors que les gains d’une étiquette A ou B sont bien moindres. A Paris et en Ile-de-France, la performance énergétique joue finalement assez peu sur les prix immobiliers.
Les notaires l'avaient déjà constaté, l'Observatoire du Crédit Logement/CSA le confirme : les étiquettes énergétiques DPE (diagnostic de performance énergétique), pourtant de plus en plus contestées sur le fond, ont une forte influence sur les prix de l'immobilier.
En prenant comme référence une étiquette D, l'Observatoire a en effet mesuré l'écart de prix de moyen au mètre carré par l'étiquette concerné. Et le constat est sans appel. En 2022, l'écart de prix par rapport à une étiquette G est de -5,4% et, à l'inverse, il est de + 2,4 % pour une étiquette A (excellent DPE).
« Ce phénomène était donc visible dès 2022 », souligne Jean-Marc Vilon, directeur général de Crédit Logement. Et, en 2023, cet écart s'est encore creusé : un bien immobilier avec une étiquette G s'est vendu moins cher de près de 10 % (9,7%) qu'un bien avec un DPE D alors qu'un bien avec une étiquette A se vendre en moyenne 4,2 % plus cher. Ces écarts ont donc pratiquement doublé en un an en moyenne.
Disparités géographiques
Toutefois, il existe de très grandes disparités entre les régions. Sur certaines régions, une « mauvaise étiquette » peut plomber le prix d'un bien de 15 % à 18 %, comme en Bourgogne-Franche-Comté (-16,3%), Centre-Val de Loire (-17,9%), Centre Est (-14, 7%) ou Hauts-de-France (-15,9%). Le pari n'est pas forcément gagnant en cas d'étiquette A, avec des hausses par rapport à une étiquette D, de 3% à 7,5% (hors Paris et Ile-de-France).
Logiquement, cet écart est plus réduit, dans des régions au climat plus doux, comme Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, ou sur des marchés en tension comme l'Ile-de-France. A Paris, où la demande est également forte et le logement neuf quasiment inexistant, l'impact est quasi-nul (-3% pour une étiquette G).
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Ce travail minutieux souligne l'importance du DPE pour la valorisation d'un bien. Une récente étude du Conseil d'analyse économique (CAE) a pourtant démontré que la rénovation énergétique d'un bien n'est pas forcément rentable du point de vue du consommateur. C'est l'un des paradoxes soulevés par l'étude : lorsqu'un ménage vit dans une passoire énergétique, il fait très attention à sa consommation d'énergie alors que ce même ménage aura tendance à augmenter sa consommation dans un logement rénové.