Urgo veut accélérer la mise sur le marché de ses produits

Le spécialiste des pansements renforce son site de Chenôve, où il investit 7,5 millions d'euros dans une unité de transposition industrielle.
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Accélérer l'arrivée sur le marché des innovations conçues en laboratoire : c'est l'un des objectifs de la nouvelle unité de transposition industrielle, baptisée Nemo, dont Urgo (marques Urgo, Humex et Alvityl) a entrepris la construction à Chenôve (Côte-d'Or) où est basé son siège social. La livraison de cette unité est prévue début 2013. Cet investissement de 7,5 millions d'euros conforte l'ancrage français d'Urgo, détenu par le groupe familial VivaSanté, qui compte aussi les marques Ricqlès et Mercurochrome. Déjà en 2005, il avait mobilisé 37 millions d'euros pour un nouveau site de production, à Chevigny-Saint-Sauveur (près de Chenôve)."Nemo illustre la volonté de tous, au sein du groupe, de préserver et de développer nos bases industrielles en France", a assuré le président de VivaSanté, Hervé Le Lous, cité dans un communiqué. "La recherche et le développement de pointe, de même que les installations industrielles à forte valeur ajoutée, sont aujourd'hui en France et y resteront à l'avenir", a-t-il martelé, tout en pointant également "la très forte croissance à l'international.

Nemo s'appuiera de manière opérationnelle sur les compétences d'une petite équipe de 12 personnes, chargée exclusivement du développement des outils et des process industriels. Cette unité de transposition industrielle représente, pour Urgo (307 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 1.686 salariés), "un projet stratégique", souligne le directeur général, Pierre Moustial. Elle va lui permettre, outre d'accélérer la phase d'industrialisation, de conduire des ruptures technologiques alors que son action se limite aujourd'hui à l'adaptation des outils existants. "Il ne sert à rien de concevoir en laboratoire des produits de classe mondiale si l'on ne peut pas les sortir concrètement sur le marché", résume Pierre Moustial. Cet équipement va donc contribuer à augmenter "la probabilité de sortir des produits" et "pour les produits qui sortent, on raccourcit le temps d'accès au marché", a-t-il expliqué. Nemo devrait faire "gagner six mois de temps d'arrivée sur le marché" pour un nouveau produit.

Pansements intelligents

De fait, aujourd'hui, Urgo mûrit dans ses laboratoires des projets qui représentent une vraie révolution dans le monde du pansement médical, conçu aujourd'hu, comme un agent de guérison des plaies et des cicatrices. Dans le cadre d'un projet européen (Stella), conduit sur quatre ans (2008-2012), l'entreprise travaille à l'intégration, dans ses pansements, de capteurs. "Nous travaillons actuellement sur les prototypes", précise le directeur de la recherche, Laurent Apert qui estime que l'entreprise est, sur le sujet "en avance" par rapport à ses concurrents (parmi lesquels Smith and Nephew, Coloplast et Systagenix). Ces capteurs permettront de contrôler les paramètres du patient (notamment la température et le niveau d'oxygénation du sang) pour mieux prévenir les infections et pour éviter, dans le cas des lésions aux pieds, fréquentes chez les diabétiques, l'amputation.

Au total, Urgo investit chaque année 15 millions d'euros dans sa R&D, pour une équipe forte d'une soixantaine de personnes. L'entreprise a déposé 17 brevets en 2011.Mais, Pierre Moustial estime que "pour être capable de viser des positions de numéro un, il ne faut plus inoover tous les dix ans, il faut innover tous les trois ans". La filiale de VivaSanté a mis sur le marché Urgo Clean qui, en nettoyant les plaies de l'excès de fibrine (ces filaments jaunes que l'on peut parfois observer), améliore la cicatrisation. Aucun segment de marché n'est boudé. Urgo étoffe également la gamme de ses pansements grand public, vendus sans ordonnance, dont la forme liquide (dite filmogène) rencontre un vrai succès en permettant de traiter aussi bien les crevasses que les aphtes ou les mycoses. C'est cette capacité d'innovation qui appuie le développement international d'Urgo dont le chiffre d'affaires à l'export s'élève à 48 %, augmente chaque année de près de 7 %.

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Commentaire 1
à écrit le 25/05/2012 à 6:42
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le marketing n'a pas l'air de faire partie de leur iingenierie simultanee/ lead time; qu'est ce qu'ils ont mis en place? du lean?

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