Les laboratoires Roche et Novartis soupçonnés d’escroquerie en Italie

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La collaboration entre les deux laboratoires pharmaceutiques basés à Bâle est-elle allée trop loin ? Le parquet de Rome, qui examine les allégations d'entente illicite entre les groupes suisses Roche et Novartis, les soupçonne d'escroquerie et de manipulation du marché des médicaments, ont expliqué jeudi des sources judiciaires.
Le parquet a ouvert une enquête préliminaire après que l'autorité de la concurrence italienne a décidé d'infliger mercredi à Novartis et à Roche une amende de 182,5 millions d'euros pour avoir tenté, selon elle, d'empêcher l'usage d'un médicament de Roche au profit d'un autre, plus cher, produit par Novartis.
"Les deux groupes ont conclu un accord illicite pour empêcher l'utilisation d'un médicament très bon marché, l'Avastin, qui traite la maladie de la vue la plus répandue parmi les personnes âgées ainsi que d'autres problèmes oculaires sérieux", avait indiqué mercredi l'autorité dans un communiqué.
Selon le quotidien La Repubblica, l'Avastin coûte "entre 15 et 80 euros, alors que Lucentis coûte plus de 900 euros la dose".
Les sources ont précisé jeudi que le parquet romain soupçonnait les laboratoires d'avoir collaboré à des campagnes de promotion du Lucentis, y compris auprès de médecins locaux. Des accusations fermement rejetées par Novartis et Roche, qui ont annoncé leur intention de faire appel.
Interrogé jeudi sur les investigations ouvertes par les magistrats romains, un porte-parole de Novartis a déclaré que le groupe "ne peut spéculer sur les décisions éventuelles des procureurs de Rome. Nous n'avons pas été contactés par le parquet". Roche a renvoyé à son précédent démenti.
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A ce stade, aucune personne physique ou morale ne fait toutefois officiellement l'objet d'une enquête, ont expliqué les sources.
Le député PS Gérard Bapt, spécialiste des questions de santé à l'Assemblée, a appelé jeudi la Commission européenne à lancer une enquête :
Dans un courrier adressé jeudi au directeur de la Direction générale de la santé, le député juge "inacceptable de continuer à tolérer la rente de situation organisée par deux laboratoires capitalistiquement liés".
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Pour rappel, le laboratoire pharmaceutique Novartis possède des parts dans Roche. La semaine dernière, le président du groupe a annoncé sa volonté de collaborer plus étroitement, tout en excluant toute fusion
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