Les laboratoires Roche et Novartis soupçonnés d’escroquerie en Italie

Le parquet de Rome soupçonne les deux groupes pharmaceutiques suisses de manipulation sur le marché des médicaments. Un député PS a également demandé l'ouverture d'une enquête de la Commission européenne

2 mn

L'autorité de la concurrence italienne a condamner les deux laboratoires à payer une amende de 182,5 millions d'euros. (Photo : Reuters)
L'autorité de la concurrence italienne a condamner les deux laboratoires à payer une amende de 182,5 millions d'euros. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)

La collaboration entre les deux laboratoires pharmaceutiques basés à Bâle est-elle allée trop loin ? Le parquet de Rome, qui examine les allégations d'entente illicite entre les groupes suisses Roche et Novartis, les soupçonne d'escroquerie et de manipulation du marché des médicaments, ont expliqué jeudi des sources judiciaires. 

Amende de 182,5 millions d'euros

Le parquet a ouvert une enquête préliminaire après que l'autorité de la concurrence italienne a décidé d'infliger mercredi à Novartis et à Roche une amende de 182,5 millions d'euros pour avoir tenté, selon elle, d'empêcher l'usage d'un médicament de Roche au profit d'un autre, plus cher, produit par Novartis.

"Les deux groupes ont conclu un accord illicite pour empêcher l'utilisation d'un médicament très bon marché, l'Avastin, qui traite la maladie de la vue la plus répandue parmi les personnes âgées ainsi que d'autres problèmes oculaires sérieux", avait indiqué mercredi l'autorité dans un communiqué.

Selon le quotidien La Repubblica, l'Avastin coûte "entre 15 et 80 euros, alors que Lucentis coûte plus de 900 euros la dose".

Officiellement aucune enquête en cours

Les sources ont précisé jeudi que le parquet romain soupçonnait les laboratoires d'avoir collaboré à des campagnes de promotion du Lucentis, y compris auprès de médecins locaux. Des accusations fermement rejetées par Novartis et Roche, qui ont annoncé leur intention de faire appel.

Interrogé jeudi sur les investigations ouvertes par les magistrats romains, un porte-parole de Novartis a déclaré que le groupe "ne peut spéculer sur les décisions éventuelles des procureurs de Rome. Nous n'avons pas été contactés par le parquet". Roche a renvoyé à son précédent démenti.

A ce stade, aucune personne physique ou morale ne fait toutefois officiellement l'objet d'une enquête, ont expliqué les sources. 

Protestation d'un député

Le député PS Gérard Bapt, spécialiste des questions de santé à l'Assemblée, a appelé jeudi la Commission européenne à lancer une enquête : 

"Les autorités européennes et nationales ne peuvent pas laisser perdurer une conduite illégale organisant une rente de situation qui a déjà coûté des centaines de millions d'euros pour l'assurance maladie en France et des milliards en Europe." 

Dans un courrier adressé jeudi au directeur de la Direction générale de la santé, le député juge "inacceptable de continuer à tolérer la rente de situation organisée par deux laboratoires capitalistiquement liés". 

Pour rappel, le laboratoire pharmaceutique Novartis possède des parts dans Roche. La semaine dernière, le président du groupe a annoncé sa volonté de collaborer plus étroitement, tout en excluant toute fusion

2 mn

Replay I Nantes zéro carbone

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 8
à écrit le 24/04/2014 à 19:54
Signaler
Voila les laboratoires. et les ophtalmologues sont complices. Il faut prescrire de l'avents pour un cout de 900 euros le médicament. Alors qu'on a exactement le même médicament qui traite la même maladie la DMLA à un prix dérisoire.Tiens c'est marran...

à écrit le 07/03/2014 à 11:07
Signaler
en france on aurait eu droit au couplet classique : si vous regarder nos magouilles on supprime des emplois...

à écrit le 07/03/2014 à 0:35
Signaler
même ^processus en france....... au niveau des ces deux médicaments...... mais statut quo de l'agence de médicament, sachant qu'il est interdit d'utiliser le lavastin pour soigner la DMLA..... résultat..... au bas mot 500 millions d'euros de surcoût ...

à écrit le 06/03/2014 à 21:25
Signaler
Ça y est, les suisses qui veulent fermer leurs frontières commencent à morfler !! À mon avis, ce n'est qu'un début. Va pas faire bon être banquier ou vendeur de chocolat made in switzerland...cette votation va coûter très chers aux helvètes !

le 07/03/2014 à 0:38
Signaler
Pour commencer, cela a déjà coûté 600 millions de francs suisses à ... l'UE! Les comiques de Bruxelles s'attendaient à recevoir ces 600 millions de la Suisse pour permettre la poursuite de la présence suisses dans Erasmus (échange d'étudiants). ...

le 07/03/2014 à 10:11
Signaler
Bossant en Suisse, je constate tous les jours les dégâts de cette votation du 09/02/2014. Même si elle n'aura pas d'effet réels avant 3 ans, c'est le principe qui est sanctionné par l'Europe. Il faut savoir que ceux qui ont voté oui sont les moins to...

le 09/03/2014 à 0:22
Signaler
Vous racontez n'importe quoi! Aucune entreprise suisse ne déménagera, car les conditions cadres offertes aux entreprises en Suisse sont toujours à des années lumières de ce qui leur est offert en France. Par ailleurs, l'article constitutionnel est te...

à écrit le 06/03/2014 à 19:08
Signaler
A terme la fusion Novartis-Roche est inéluctable. Ce qui ne sera pas sans conséquences sur les milliers de travailleurs frontaliers français travaillant à Bâle.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.