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Bataille de titans dans la chimie mondiale : comment AkzoNobel compte échapper à PPG

Photo de Jérôme Cristiani

latribune.fr

Publié le 19 avril 2017 à 11:29 - Mis à jour le 20 avril 2017 à 04:56

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Photo d'illustration de l'article
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Le numéro un mondial néerlandais de la peinture ne veut pas se faire avaler par son concurrent américain PPG. Mais offrir une rémunération exceptionnelle à ses actionnaires et vendre sa division chimie seront-ils des contre-feux suffisants? Rien n'est moins sûr, surtout lorsque, parmi ces actionnaires, on compte le fonds activiste Elliott - qui vient de demander la tête du président du conseil de surveillance...

( Publié le merc. 19.04.2017 à 13h09, mis à jour 13h29 avec cours de Bourse )

Le monde de la chimie, habituellement beaucoup plus calme que celui de la santé, est agité ces derniers mois par les appétits de consolidation de certains géants du secteur.

Ainsi, ce mercredi, pour repousser les assauts de son concurrent américain PPG et préserver son indépendance, le groupe néerlandais AkzoNobel, numéro un mondial de la fabrication de peinture (Dulux..), a dévoilé son plan stratégique de contre-attaque en deux volets. Primo, consolider l'attrait des actionnaires pour l'entreprise en augmentant leur rémunération. Deuzio, vendre ou coter en Bourse sa division "chimie de spécialité" d'ici un an.

Choyer les actionnaires sera-t-il suffisant ?

Pour accomplir le premier volet, le numéro un mondial de la peinture prévoit de verser un montant total de 1,6 milliard d'euros à ses actionnaires cette année, via un dividende exceptionnel de 1 milliard d'euros et une augmentation de 50% du dividende ordinaire à 2,50 euros par action.

Pour le deuxième volet, AkzoNobel entend se séparer de sa division "chimie de spécialité", qui génère un tiers de son chiffre d'affaires avec des revenus de 4,8 milliards d'euros en 2016, et regrouper ses activités de peinture et de revêtements industriels.

Ce plan "générera une création de valeur supérieure, plus rapide et plus certaine que celle proposée par les alternatives, avec substantiellement moins de risques, d'incertitudes et de coûts sociaux", a souligné AkzoNobel dans un communiqué.

Des résultats supérieurs aux attentes, l'action grimpe en Bourse

Le groupe a publié ce même mercredi des résultats supérieurs aux attentes, portés par une croissance des ventes et une discipline de coûts. Le bénéfice net ressort à 240 millions d'euros entre janvier et mars, un montant stable par rapport à la même période de 2016 mais supérieur aux 208,75 millions attendus par le consensus d'analystes compilé par Bloomberg.

Le chiffre d'affaires a, lui, progressé de 7% à 3,7 milliards d'euros, une tendance observée dans tous les secteurs d'activité. Le résultat opérationnel (EBIT) a bondi de 13% à 376 millions - sur l'ensemble de l'exercice, il devrait dépasser d'environ 100 millions d'euros le niveau de 1,5 milliard d'euros atteint en 2016, a précisé AkzoNobel dans un communiqué.

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Les résultats du groupe "montrent le net élan qui nous porte", a dit à des journalistes Maelys Castella, directrice financière d'Akzo Nobel, soulignant que la marque Dulux avait permis d'enchaîner un sixième trimestre de croissance consécutif dans les peintures décoratives.

Vers 08h55 GMT, le titre Akzo Nobel gagnait néanmoins 0,65% à 78,8 euros, faisant mieux que l'indice regroupant les valeurs chimiques européennes (+0,27%). Depuis le début de l'année, la valeur est en hausse de 32,8% contre +5,1% pour l'indice sectoriel sur la période.

AkzoNobel inquiet des pertes d'emplois avec PPG

AkzoNobel a déjà rejeté deux offres de rachat de son concurrent américain PPG en mars, la dernière le valorisant à 22,4 milliards d'euros, les estimant insuffisamment élevées et néfastes pour l'emploi. Le 22 mars, le numéro un mondial de la peinture déclarait :

"AkzoNobel annonce aujourd'hui qu'il a rejeté une seconde proposition non sollicitée", pour le prix de 88,72 euros par action AkzoNobel, à savoir 56,22 euros en numéraire et 0,33 action PGG. Cette proposition échoue considérablement à reconnaître la valeur d'AkzoNobel", a déclaré le directeur exécutif Ton Büchner, cité dans un communiqué.

Autre argument développé par le groupe néerlandais, la proposition de PPG mènera à de nombreuses pertes d'emplois et "oublie de répondre aux importants risques et incertitudes, y compris aux vastes inquiétudes par rapport aux règles de concurrence".

Le fonds Elliott taclé par le conseil de surveillance d'AkzoNobel

Depuis ce refus, le néerlandais est sous pression, tout particulièrement parce que le fonds activiste américain Elliott est à la manoeuvre.

Le 12 avril le groupe néerlandais indiquait dans un communiqué que "plusieurs investisseurs menés par Elliott Advisors" avaient demandé une assemblée générale extraordinaire ayant pour ordre du jour le renvoi du président du conseil de surveillance Antony Burgmans.

Le groupe explique dans ce même communiqué pourquoi le conseil de surveillance a rejeté cette proposition :

(Une telle action) "serait irresponsable, disproportionnée, dommageable et pas dans le meilleur intérêt de l'entreprise, de ses actionnaires et de ses autres partenaires."

Bataille de titans dans la chimie mondiale

AkzoNobel intervient sur des segments aussi variés que la peinture décorative (marques Dulux ou Trimetal), la production de composants entrant dans la fabrication d'asphaltes et de détergents ou encore dans les revêtements industriels avec des peintures pour bateaux, avions ou téléphones mobiles. Le groupe, issu de la fusion en 1994 d'Akzo et de Nobel Industries, emploie 46.000 personnes dans 80 pays.

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PPG intervient dans 70 pays et emploie 47.000 salariés dans le monde. Sa dernière acquisition majeure date de 2014 quand il avait racheté le mexicain Comex pour 2,3 milliards de dollars au nez et à la barbe d'un de ses plus féroces concurrents : son compatriote Sherwin-Williams. On n'oubliera pas non plus qu'un an plus tôt, en 2013, PPG avait racheté les peintures et revêtements décoratifs nord-américains d'AkzoNobel pour quelque 1,05 milliard de dollars.

(avec AFP et Reuters)

latribune.fr

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