Biotechs : pourquoi y a-t-il autant d'introductions en Bourse en France ?

 |   |  772  mots
Les valeurs biotechs ont chuté au deuxième semestre 2015, après triis années de hausse. Le premier semestre 2016 est volatil.
Les valeurs biotechs ont chuté au deuxième semestre 2015, après triis années de hausse. Le premier semestre 2016 est volatil. (Crédits : Décideurs en région)
Alors que le marché boursier est particulièrement volatil ces derniers mois, plusieurs biotechs françaises se sont lancées en Bourse sur Euronext ces dernières semaines, en dépit du Brexit. Les sociétés jugent que le marché connait une accalmie, selon les analystes.

Après une traversée du désert des introductions en Bourse sur Euronext à Paris entre juillet 2015 et avril, les IPO et annonces d'IPO se sont multipliés ces quatre derniers mois. Ainsi, depuis le début de l'année deux biotechs françaises ont démarré leur cotation sur Euronext à Paris.

Également, trois biotechs françaises ont lancé le processus d'une introduction en Bourse sur Alternext Paris.

  • Gensight, spécialisé dans la thérapie génique en ophtalmologie a mis en place son projet d'introduction à la Bourse de Paris mardi 5 juillet, après l'avoir décalé de quelques jours, en raison du résultat du vote sur le Brexit. Elle espère lever jusqu'à 46 millions d'euros. Le début de la cotation est prévu pour le 15 juillet.
  • Pharnext, une société qui veut recycler des médicaments déjà sur le marché en traitements contre la maladie de Charcot et Alzheimer, prévoit sa première cotation le 18 juillet.
  • CleveXel, spécialisé dans le développement de traitements contre la maladie de Parkinson notamment, a enregistré son document de base auprès de l'Autorité des marchés financiers dans le cadre de son projet d'introduction en Bourse, en juin.

Par ailleurs, une société allemande "va demander un visa à l'AMF pour une introduction en Bourse" sur Alternext, rapporte à La Tribune Sacha Pouget, fondateur du site spécialisé Biotech Bourse.

"Ce sera la première fois qu'une biotech allemande va intégrer la place", ajoute-t-il.

Un dynamisme plus fort que dans les autres places européennes

"Je n'ai pas vu un tel dynamisme dans les autres places européennes", assure Sacha Pouget.

Pourtant, la conjoncture pour le marché boursier des biotechs n'est pas au beau fixe. La valeur totale des titres de l'indice Next Biotech, qui regroupe 42 biotechs cotées sur les marchés Euronext et Alternext, a connu une hausse régulière entre le 3 janvier 2014 (à 1.054 euros) et le 3 août 2015 (à 2.252 euros). Ensuite, le marché a plongé jusqu'au 12 février pour tomber à un plus bas à 1.402 euros. Il s'est depuis relevé atteignant 1862 euros au 1er juin, mais a encore replongé depuis.

Les analystes y voient un effet de correction après que les valeurs des biotechs cotées dans Next Biotech ont été multipliées par trois depuis 2012 en moyenne.

Les biotechs françaises ont attendu que l'orage passe

Pour se lancer dans l'aventure boursière, les biotechs françaises auraient ainsi laissé passer l'orage.

"Au début de l'année, il y avait un retour d'aversion au risque, ce qui a repoussé la fenêtre tir. S'il y a retour de la volatilité aujourd'hui, il y a également une accalmie sur le marché. Ces sociétés ont besoin de cash, elles sont poussées par les private equity", avance Sacha Pouget.

"Sur ce marché, les conditions étaient défavorables, tout le monde s'est mis en attente", confirme à La Tribune Thierry de Catheu, président de Biotech Agoras.

Thierry de Catheu rappelle que dans ce marché très risqué, "les biotechs très consommatrices de cash ont attendu des jours meilleurs pour lever de l'argent" quitte à "risquer de mourir entretemps".

Des projets lancés car suffisamment solides ?

Autre raison de la multiplication des lancements en Bourse, la solidité d'une partie des biotechs présentées, selon Thierry de Catheu. Il cite notamment Pharnext, dont le projet solide le rend, selon lui, "indépendant des conditions de marché".

Il cite également Gensight dont les actionnaires Novartis (numéro 1 de l'industrie pharmaceutique) et Abingworth, un des plus gros fonds d'investissement au monde dans la santé. Un excellent argument pour rassurer les investisseurs, selon lui.

La correction du marché "est derrière nous"

Bernard Gilly, directeur général de Gensight est également convaincu du retour d'un environnement favorable pour les biotechs en Bourse :

"Il y a eu une grosse correction des valeurs des biotechs qui faisait suite à trois ans de hausse des cours. Cette correction est derrière nous", avance-t-il.

Pour justifier l'introduction en Bourse de sa société, il explique

"Cette décision est prise sur des critères objectifs. Nous sommes basés sur notre besoin de refinancement pour l'entreprise, et notre niveau de développement. Nous sommes une des rares biotechs à être en phase III."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :