Pharnext, la biotech française qui promet de recycler les médicaments en traitements innovants

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Pour intéresser les investisseurs, Pharnext a mis le paquet sur la communication avec comme argument massue les grands noms, partenaires ou membres de la société, comme Jacques Attali ou  Eric Kandel.
Pour intéresser les investisseurs, Pharnext "a mis le paquet" sur la communication avec comme argument massue les grands noms, partenaires ou membres de la société, comme Jacques Attali ou Eric Kandel. (Crédits : AstraZeneca)
La société de biopharmaceutique française a lancé son introduction en Bourse cette semaine. En combinant plusieurs molécules déjà présentes sur le marché, Pharnext espère lancer des traitements innovants contre la maladie de Charcot et Alzheimer.

Faire du neuf avec du vieux. De cette expression, Pharnext, une société biopharmaceutique française, veut faire sienne. Elle propose de combiner à faible dose des médicaments déjà existants et "les repositionner dans de nouvelles indications". Une technique qui peut lui permettre de gagner du temps, en pouvant sauter le début des essais cliniques.

Son produit le plus avancé, le PXT3003, pourrait être "le premier traitement efficace contre la maladie de Charcot-Marie-Tooth", assure la société française. Le traitement est conçu sur la base d'une combinaison entre le Naltrexone, le Sorbitol et le Baclofène, prescrit normalement pour lutter contre l'alcoolisme. Son objectif est de corriger spécifiquement les anomalies des nerfs périphériques rencontrées dans cette maladie neurologique héréditaire. Le groupe espère bénéficier d'un marché qu'il a estimé à un milliard de dollars, aux Etats-Unis et dans les grands pays européens, avec une mise sur le marché attendue en 2019, après l'annonce des résultats de la phase III en 2018.

L'autre médicament, le PXT864 sur lequel Pharnext fonde beaucoup d'espoir est un traitement contre la maladie d'Alzheimer qui associe le baclofène à l'acamprosate, une molécule également destinée à la lutte contre la dépendance à l'alcool. Le produit est censé "restaurer l'équilibre des voies de signalisation excitatrices et inhibitrices qui est perturbé dans la maladie d'Alzheimer".

Le groupe se montre plus prudent sur l'avenir du PXT864, moins avancé que son produit contre la maladie de Charcot dans les essais cliniques, et n'annonce pas de date précise pour une mise sur le marché. D'autant plus que la lutte contre la maladie d'Alzheimer est particulièrement investie par les biotechs et les laboratoires pharmaceutiques. Logique avec un marché est attendu à 13 milliards de dollars, selon le cabinet GlobalData.

Pharnext promet l'innocuité

Outre la promesse de traitements peu onéreux pour les organismes payeurs, Pharnext promet l'innocuité de ses traitements. "Les faibles doses utilisées permettent d'éviter la toxicité des molécules", serine Daniel Cohen, directeur général et membre du conseil d'administration de Pharnext. Des propos lénifiants, alors que le baclofène, utilisé par la société pour ses deux produits phares, suscite une nouvelle polémique. Il est désormais accusé de provoquer de graves apnées du sommeil.

Sûre d'elle, lors de sa présentation en conférence de presse mercredi 29 juin, Pharnext n'hésite pas à vanter l'innocuité de se ses traitement, tout en faisant référence au scandale Biotrial, où un patient avait trouvé la mort. Pour rappel l'Igas avait mis en cause la toxicité de la molécule, notamment.

Introduction en Bourse

Afin de finaliser l'essai clinique de son traitement contre la maladie de Charcot-Marie-Tooth et préparer la phase II de son traitement contre la maladie d'Alzheimer, Pharnext a annoncé cette semaine son introduction en Bourse sur Alternext d'Euronext à Paris. Le début des négociations des actions est prévu pour le 18 juillet.

L'action Pharnext sera cotée entre 10,82 euros et 13,20 euros. Pour une action de 12, euros, le groupe attend ainsi une valeur boursière de 36,4 millions d'euros.

Abondance de "stars"

Et pour intéresser les investisseurs, la société "a mis le paquet" sur la communication avec comme argument massue les grands noms, partenaires ou membres de la société. Jeudi, en conférence, le groupe a diffusé une interview -forcément dithyrambique- d'Eric Kandel, l'un des trois prix Nobel de chimie membres du conseil scientifique du groupe français.

Pharnext n'a pas omis pas de mentionner à plusieurs reprises Philippe Pouletty, cofondateur de Truffle Capital et Jacques Attali qui a intégré le conseil d'administration du groupe au début du mois. Un économiste et un "visionnaire", selon les termes du directeur financier de Pharnext Pierre Schwich. A voir dans quelques années si l'ancien conseiller de Mitterrand a bien fait de parier sur Pharnext.

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