Un des cancers les plus agressifs et mortels est en passe de devenir un problème de santé publique, voilà ce qu'affirme le Dr Nicolas Meyer, dermatologue et oncologue à l'Institut universitaire du cancer de Toulouse.
Et, cette année, dans le traitement de ce cancer, les nouveautés viennent des thérapies ciblées combinées entre elles. Des thérapies qui permettent de modifier la prise en charge du mélanome, y compris lorsque ce type de cancer de la peau est à un stade avancé.
Différentes de l'immunothérapie, les thérapies ciblées, qui ont été développées dans les années 2010, consistent à bloquer certains mécanismes spécifiques aux tumeurs qui leur permettent de grossir. Des mécanismes issus de mutations génétiques de certaines cellules du corps propres à déclencher les cancers. On connaît aujourd'hui plusieurs de ces mécanismes impliquant des protéines aux noms de code médicaux comme BRAF ou MEK (pour le mélanome).
En cinq ans, certains laboratoires pharmaceutiques comme Roche et GSK (racheté par Novartis) ont développé des produits permettant d'inhiber ces molécules. Ces inhibiteurs visent à bloquer la croissance des tumeurs, voir à les détruire. Et dans certains cas, ils fonctionnent bien.
Du coup, ces nouvelles thérapies offrent enfin des espoirs aux oncologues, après des années de chimiothérapies très peu efficaces sur le mélanome. Des thérapies qui permettent de commencer à envisager les premières solutions pour un cancer très agressif - et qui dissémine souvent des métastases dans l'organisme - dont le pronostic vital moyen était de sept mois jusqu'en 2010. Et qui dissémine souvent des métastases dans l'organisme. Avant l'arrivée des nouvelles armes immunothérapie et thérapies ciblées. Des thérapie aux résultats prometteurs, notamment lorsqu'elles sont administrées de manière combinée.
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Dans la conférence américaine annuelle sur le cancer de l'American Society of Clinical Oncology (Asco) à Chicago , les résultats des essais de ces thérapies combinées ont animé les débats.
D'une part, elles amènent les pharmas à tester plusieurs de leurs inhibiteurs ensemble sur les patients. L'idée, bloquer deux mécanismes de croissance des tumeurs pour avoir plus de chance de les supprimer. C'est le cas avec le laboratoire Roche qui vient de publier les résultats des essais de son inhibiteur de BRAF Zelboraf® combiné à l'inhibiteur MEK Cotellic®. Une thérapie combinée qui entraîne une prolongation moyenne de la survie des patients de 13,7 mois, soit deux fois plus qu'auparavant, et se montre très efficace sur les metastases cérébrales. C'est aussi le cas de Novartis dont un essai a combiné le dabrafenib (inhibiteur de BRAF) et le trametinib (inhibiteur de MEK) avec moins d'efficacité sur ces métastases cérébrales.
Pour l'instant, les résultats de ces tests sont en demi-teintes. Mais les oncologues espèrent améliorer ces cocktails pour obtenir des stabilisations et des rémissions du mélanome, comme l'affirme le Dr Nicolas Meyer:
Comme l'immunothérapie, la thérapie ciblée commence à intéresser les big pharmas comme l'autre alternative dans l'avenir des armes anti-cancer.
Si on compte seulement 3 inhibiteurs de BRAF pour le mélanome, ce sont plusieurs centaines de molécules pour différentes protéines à inhiber qui attendent, dans le pipe-line de l'industrie, de passer aux essais cliniques.
Pour l'instant, les combinaisons de ces thérapies ciblées connaissent des freins. D'une part, elles multiplient les effets secondaires. De plus, leur efficacité dépend des mutations observées chez les patients et de leur profil génétique.
Or, la connaissance des associations à faire entre profils des patients, des mélanomes et des cocktails moléculaires à administrer n'en est qu'à ses débuts. Il va falloir développer des systèmes experts basés sur des traitements de données cliniques en big data pour déterminer clairement les cocktails efficace pour éradiquer les tumeurs.
De plus, comme pour l'immunothérapie, les molécules de thérapie ciblées sont des anticorps sophistiqués et chers à produire. Ils donnent donc des traitements coûteux (70.000 euros par an pour un inhibiteur de BRAF) au prix multiplié par deux en combinaison.
Une situation qui amène certains oncologues à intégrer des questions économiques à leurs pratiques médicales, comme le souligne le Dr Nicolas Meyer:
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