Doliprane : les salariés des sites français de Sanofi maintiennent la grève
latribune.fr
« Le mouvement continue, nous sommes une bonne cinquantaine devant le site, la détermination est toujours là » a déclaré ce vendredi matin à l'AFP Yohann Nicolas, délégué CGT sir le site de Lisieux.
Mobilisés depuis hier, les syndicats craignent une « casse sociale » pour les 1.700 emplois que compte Opella, filiale grand public de Sanofi, sur le sol français, dont 480 à Compiègne (Oise) et 250 à Lisieux. L'offre surprise du fonds d'investissement français PAI ne les a pas convaincus. Ils entendent poursuivre la mobilisation.
La grève se poursuit ce vendredi sur les sites Sanofi de production du Doliprane de Lisieux et Compiègne, selon les syndicats, au lendemain d'une première journée de mobilisation marquée par une nouvelle offre de reprise. Les syndicats craignent une « casse sociale » pour les 1.700 emplois que compte Opella, filiale grand public de Sanofi, sur le sol français, dont 480 à Compiègne (Oise) et 250 à Lisieux.
« Le mouvement continue »
« Le mouvement continue, nous sommes une bonne cinquantaine devant le site, la détermination est toujours là » a déclaré à l'AFP Yohann Nicolas, délégué CGT à Lisieux (Calvados), ce vendredi matin. Du côte du site de Compiègne, « la mobilisation continue » également, avec une quarantaine de salariés présents peu avant 10h00, et une centaine attendus au plus fort de la journée, a indiqué à l'AFP Adil Bensetra, coordinateur adjoint de la CFDT chez Sanofi. Il assure qu'il n'y a pour l'heure « pas d'information qui permette de lever le camp ».
« La production est énormément impactée », assure le même syndicaliste, les personnels mobilisés étant des opérateurs et techniciens de production essentiels au bon fonctionnement du site. Et selon le maire de Compiègne, Philippe Marini, « la fabrication du Doliprane représente environ le tiers de l'activité » de cette usine.
Les syndicats pas convaincus par l'offre surprise de PAI
Jeudi soir, un événement inattendu est venu ponctuer cette première journée de mobilisation jeudi soir. Le fonds français PAI, dont l'offre n'avait pas été retenue la semaine passée, aurait renchéri pour racheter Opella, selon une source de l'entourage du fonds d'investissement. Une proposition « hors délai » qui a « étonné » le groupe pharmaceutique.
Pour mémoire, Sanofi avait annoncé la semaine dernière négocier avec le fonds d'investissement américain CD&R, afin de lui céder potentiellement 50% d'Opella, sa filiale qui abrite une centaine de marques de produits vendus sans ordonnance dans le monde, dont le Doliprane.
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Réponse de Yohann Nicolas, de la CGT du site de Lisieux : « Le retour de PAI dans les négociations ne change rien », estime-t-il. « C'est soit la peste ou le choléra qui nous rachète, un fonds de pension reste un fonds de pension, les craintes et les inquiétudes sont toujours là ». « Des collègues sont inquiets et en souffrance, ils se posent des questions pour leur avenir sans obtenir de réponse », déplore également le syndicaliste.
Même inquiétude de son confrère à la CFDT, Adil Bensetra. « On est dans une bataille de chiffres, mais ce qui intéresse les salariés, c'est le maintien des acquis sociaux, la pérennité des sites et des emplois et la possibilité de produire en France ». Et de regretter : « Personne ne donne ces garanties actuellement. »
Le gouvernement veut faire un bilan des aides publiques à Sanofi
Quelles sont les aides dont a bénéficié Sanofi ces dix dernières années ? Le gouvernement demande un « bilan exhaustif » sur les dix dernières années, a annoncé mardi le ministre de l'Economie Antoine Armand, confirmant la « possible présence de l'Etat au conseil d'administration » d'Opella, qui commercialise le Doliprane.
« J'ai lancé un travail sur Sanofi qui demande un bilan exhaustif de l'ensemble des dispositifs de soutien public dont a bénéficié l'entreprise ces dix dernières années », a déclaré le ministre, interrogé devant l'Assemblée nationale. Et de poursuivre : « Parce que oui, nous soutenons les entreprises, oui, nous soutenons l'emploi et l'industrie, mais cela ne peut pas se faire n'importe comment et à n'importe quelles conditions. »
« Ce bilan doit permettre de dresser un constat objectif sur les aides publiques reçues par Sanofi ces dix dernières années », a précisé dans la foulée le ministère de l'Économie. « Le ministre Antoine Armand souhaite vérifier si ces aides ont pu bénéficier à la filiale Opella ».