Vente du Doliprane : le fonds PAI Partners renchérit

L'offre serait d'un montant supérieur de 200 millions d'euros à l'ancienne proposition déposée par ces PAI Partners.
Benoit Tessier

L'offre serait d'un montant supérieur de 200 millions d'euros à l'ancienne proposition déposée par ces PAI Partners.
Benoit Tessier
Vers un nouveau chapitre pour la vente du Doliprane ? Selon les informations du Figaro, le conseil d'administration de Sanofi a reçu, ce jeudi matin, une nouvelle offre de la part du fonds d'investissement français PAI Partners, d'un montant supérieur de 200 millions d'euros à l'ancienne proposition déposée par ces derniers. Pour rappel, le géant pharmaceutique est en négociations exclusives depuis jeudi dernier avec le fonds américain CD&R pour lui céder le contrôle de sa filiale de produits en vente libre Opella, composée de 115 marques dont le Doliprane.
PAI Partners, allié à des fonds souverains d'Abu Dhabi et Singapour, était dans la dernière ligne droite des négociations avant que Sanofi ne préfère le fonds américain. C'était sans compter sur cette nouvelle offre, qui devrait atteindre un peu plus de 7 milliards d'euros, soit au-dessus de CD&R.
Comme aucun accord n'a été signé pour l'heure, toutes les options sont sur la table pour Sanofi. Ce dernier va devoir manœuvrer serré, s'il souhaite garder uniquement le fonds américain. L'offre est valable jusqu'à dimanche soir. D'autant qu'un fonds français serait vu d'un bon œil par l'exécutif et les salariés des deux usines concernées par le rachat : celle de Lisieux dans le Calvados et celle de Compiègne dans l'Oise.
Et pour cause, les syndicats craignent une « casse sociale ». Pour rappel, Opella représente 1.700 emplois sur le sol français. Depuis ce matin, plusieurs sites de production ont répondu à l'appel à la grève, notamment à Lisieux et à Compiègne, où elle sera particulièrement suivie, ont assuré les représentants des salariés. La venue du ministre de l'Economie, Antoine Armand, en début de semaine pour apaiser les tensions des salariés n'a pas rassuré outre-mesure. Le gouvernement avait annoncé un accord tripartite avec Sanofi et le fonds américain afin de garantir le maintien de l'emploi et des sites de production, mais aussi de garantir la continuité d'approvisionnement sur le territoire français.
L'exécutif est même allé plus loin, confirmant par la voix du locataire de Bercy, la « possible présence de l'Etat au conseil d'administration » d'Opella, avant de demander un « bilan exhaustif » des aides publiques que le groupe pharmaceutique a reçues depuis une décennie.
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Côté politique, cette cession d'un symbole français a été vivement critiquée. La secrétaire de la CGT, Sophie Binet a même évoqué cette affaire comme « le symbole de l'échec total de la politique industrielle d'Emmanuel Macron ». Les parlementaires socialistes ont appelé le gouvernement à s'opposer à cette vente au nom de la souveraineté sanitaire, dans une tribune publiée dans La Tribune Dimanche. Reste à savoir s'ils seront plus favorables au contrôle par un autre fonds d'investissement, même français.
(Avec AFP)