Doliprane: Sanofi assure que les emplois resteront en France
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Sanofi veut rassurer sur les conséquences de la possible prise de contrôle de sa filiale Opella, qui commercialise notamment le Doliprane, au fonds d'investissement américain CD&R. « Je garantis pour les Français du Doliprane en pharmacies » ainsi que la « pérennité des emplois et des sites » de production en France sur « plusieurs années », a affirmé la présidente de Sanofi France, Audrey Duval, ce jeudi au micro de RTL.
Dans cette possible transaction, dont les contours sont encore en phase de discussion, « Sanofi va rester actionnaire à 50% », ce qui lui confère un « droit de veto sur des décisions extrêmement stratégiques du groupe, comme le Doliprane », a souligné la dirigeante. Elle a par ailleurs insisté sur le fait que le siège d'Opella, son équipe de direction et ses employés sur ses sites français « resteront en France ».
De quoi répondre aux attentes du gouvernement qui, par la voix de sa ministre de la Santé la veille, a réclamé « trois garanties » à Sanofi. Sur la production du Doliprane en France, l'approvisionnement normal des pharmacies et des stocks suffisants. Sans toutefois préciser ce qu'il adviendrait si ces mesures n'étaient pas respectées. Une quatrième condition avait par ailleurs été soulevée plus tôt dans la semaine : le maintien du siège d'Opella en France et de tous les organes de décision.
Outre l'exécutif, c'est aussi les salariés que Sanofi doit rassurer, alors que les syndicats CFDT et CGT du groupe ont appelé mercredi à une grève reconductible à partir de ce jeudi. Cette décision a été prise à la suite d'un courrier de la direction adressé aux salariés qui « continue de minimiser les choses », a précisé à l'AFP Humberto de Sousa, syndicaliste CFDT Sanofi. « Elle n'a pas bougé d'un iota, elle a toujours l'intention de vendre à un fonds américain et déroule le plan, quelles que soient les injonctions du gouvernement », a-t-il ajouté.
Les syndicats craignent une « casse sociale » dans les 1.700 emplois que compte Opella sur le sol français, dont 500 sur son site de Compiègne, dans l'Oise, et 250 dans son usine de Lisieux, dans le Calvados, entièrement dédiée au Doliprane. Fabien Mallet, syndicaliste CGT Sanofi France, a prévenu mercredi que l'appel à la grève est « illimité jusqu'au retrait de la vente d'Opella ».
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Interrogée sur les craintes des syndicats ce jeudi, Audrey Duval a dit « comprendre les inquiétudes ». « On les entend et après, c'est normal qu'ils aient ces interrogations puisqu'en fait, on est au cours d'une opération qui n'est pas finalisée. Donc, en fait, le dialogue social et le processus de négociation n'a pas commencé. On prendra le temps d'expliquer », a-t-elle assuré.
La présidente de Sanofi France a en tout cas justifié cette possible cession par le besoin « d'avoir des investissements supplémentaires dédiés pour la société Opella qui lui permettra (sic) finalement de grandir ». Et d'ajouter : « Pour cela, on a besoin d'un partenaire. Et c'est ça qu'on fait aujourd'hui. C'est un projet de développement pour la société Opella ». Des propos dans la lignée de ceux tenus mardi par le président du conseil d'administration de Sanofi, Frédéric Oudéa, qui avait présenté la cession d'Opella comme « une histoire de croissance (...), pas une histoire de restructuration ».
Et si ce partenaire était l'État français ? Cette éventualité n'a pas été exclue cette semaine ni par le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, ni par celui de l'Économie, Antoine Armand. « Nous sommes prêts à demander (...) l'étude d'une prise de participation » publique, a notamment déclaré ce dernier mardi. Interrogé le même jour dans Les Échos sur une possible entrée au capital d'un acteur public, comme la banque publique d'investissement Bpifrance, Frédéric Oudéa avait de son côté assuré que « tous les sujets (étaient) sur la table ». Reste qu'Audrey Duval a précisé ce jeudi que Bpifrance « n'est pas notre préférence ».
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Opella a produit jusqu'à 450 millions de boîtes de Doliprane en 2023 pour le marché français et 20 millions d'euros sont actuellement investis sur le site de Lisieux, pour augmenter la production de 140 millions de boîtes par an à partir de 2026. Ce médicament est vendu à 97% en France, pays qui ne représente qu'environ 10% des ventes d'Opella et son deuxième marché derrière les États-Unis. Outre le Doliprane, la filiale de Sanofi commercialise aussi dans l'Hexagone les marques Dulcolax, Lysopaïne, Maalox ou Novanuit.
(Avec AFP)
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