L'hiver approche et l'inquiétude grandit chez les industriels en particulier ceux du secteur pharmaceutique. Du fait de l'inflation générale, en particulier celle de l'énergie, fabriquer des médicaments revient de plus en plus cher mettant en péril la production de certains d'entre eux. « On enregistre une hausse en moyenne de 25% des coûts de production », témoigne Pascal Le Guyader, directeur général adjoint du Leem, syndicat qui rassemble 260 entreprises adhérentes réalisant près de 98 % du chiffre d'affaires total du médicament en France.
Certains sites ont d'ores et déjà mis sur pause leur activité pour ne pas produire à perte, alerte-t-il, précisant que si certains produits sont plus concernés comme ceux stériles ou injectables qui ont un coût de production, notamment du fait de leurs besoins en énergie, naturellement plus élevé, « cela peut concerner n'importe quel médicament, actuellement. Si on ne trouve pas une solution à court terme, on pourrait voir les arrêts de commercialisation s'enchaîner ». D'autant que les fabricants ne disposent pas de la possibilité d'augmenter leurs prix de vente puisque ces derniers sont fixés par l'Etat, rappelle-t-il.
Ces arrêts de production ne menacent toutefois pas l'accès aux médicaments pour les malades puisqu'il existe des produits de substitution. La France peut, en outre, se fournir auprès de pays européens qui continuent, eux, d'en produire, au grand dam des fabricants français. « On ne craint pas tant des tensions sur le produit fini qu'une fragilisation du tissu industriel français. D'autant que le plan de relance post-Covid était en partie axé sur une relocalisation des produits matures (dont la rentabilité est stabilisée, ils n'en gagnent ni n'en perdent, ndlr). De nombreuses entreprises ont joué le jeu et ont investi pour augmenter leurs capacités de production grâce à ce plan. Mais, aujourd'hui, leur viabilité économique est remise en question et elles ne trouvent pas forcément l'aide nécessaire », déplore Paul Mirland, responsable transformation industrielle au sein du Lem qui demande notamment une revalorisation des prix des médicaments.