Deux semaines après que le pétrolier texan a annoncé la vente prochaine de sa raffinerie en Seine-Maritime à une entreprise canadienne, des interrogations subsistent.
L'épée de Damoclès qui menaçait la deuxième raffinerie de France depuis l'arrêt de sa plateforme pétrochimique est tombée plus tôt que prévu. Les observateurs tablaient sur une année de répit, mais contre toute attente, le calendrier s'est brusquement accéléré.
Depuis le 28 mai, ExxonMobil est entré en négociations exclusives avec l'entreprise canadienne North Atlantic pour la cession de ses parts dans Esso SAF et de son principal actif, la raffinerie de Gravenchon en Seine-Maritime : un immense complexe de 600 hectares et 1.300 salariés capable de traiter 280.000 barils de brut quotidiennement, soit 20% de la capacité française. L'opération doit être bouclée fin octobre.
En réalité, l'annonce de cette vente n'a pas surpris grand monde, si ce n'est par son calendrier. Depuis quelques années, le pétrolier texan s'emploie méthodiquement à se délester de toutes ses activités de raffinage sur le Vieux Continent. Il ne fait ici que finaliser « le dernier acte de son retrait », pour reprendre les termes de la CFE CGC.
En revanche, le nom du repreneur a étonné ceux, très nombreux, qui pariaient sur un rachat par le consortium américano-suisse Entara-Trafigura, aux manettes de l'ex raffinerie Exxon Mobil de Fos depuis l'an dernier.
L'acheteur sera donc finalement un énergéticien inconnu sous nos latitudes. Son profil ? Né il y a 40 ans, North Atlantic (300 salariés) revendique « plus d'un milliard de dollars canadiens de chiffre d'affaires et un ratio d'endettement faible ». Implanté dans trois provinces canadiennes, l'énergéticien alimente en carburant un réseau d'une centaine de stations-service et détient des participations dans une raffinerie de bio-carburants et un gros projet d'hydrogène vert couplé à une centrale solaire. Manifestement déterminé à prendre pied en Europe, il s'est engagé à investir dans les énergies décarbonées sur le complexe normand et à y maintenir la totalité de l'emploi.
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