Le président des États-Unis, Donald Trump, pourrait-il déclencher une crise du pétrole sur son propre territoire ? Attention au retour de flamme après ses décisions récentes, avertissent en effet certains observateurs : les raffineurs américains se trouveront en première ligne, et les prix à la pompe risquent d'augmenter dans un cercle vicieux difficilement contrôlable.
Et pour cause, le locataire de la Maison-Blanche a mis ses menaces à exécution ce lundi, en confirmant que des tarifs douaniers de 10 % s'appliqueront sur les produits énergétiques canadiens. Or, même si les États-Unis restent les premiers producteurs d'or noir dans le monde, ils dépendent largement de ce pays pour subvenir à leurs besoins en pétrole. En 2023, ils représentaient 60 % des barils de brut importés, constituant, au global, presque un quart de la consommation totale de l'Oncle Sam cette année-là.
Pourtant, en théorie, les États-Unis pompent suffisamment de pétrole dans leur sous-sol pour répondre à leur demande nationale. Mais en réalité, ils ne peuvent pas utiliser la majorité de cette production, qu'ils vendent à l'étranger. « Leur brut est très léger, et la plupart des raffineries du pays ont, au contraire, été conçues spécifiquement pour traiter du pétrole lourd et visqueux », explique à La Tribune Édouard Lotz, analyste marché et énergie chez Omnegy. Et justement, les barils en provenance du Canada cochent toutes les cases. La plupart sont donc acheminés vers des raffineries américaines situées au centre du pays pour être transformés en carburant. Surtout, moderniser les usines situées aux Etats-Unis afin qu'elles puissent purifier du pétrole léger coûterait des dizaines de milliards de dollars.