La cession, officialisée mi-décembre, du site de Recipharm à Monts près de Tours au groupe bourguignon Astrea Pharma, peut être considérée comme un vrai cadeau de Noël pour les quelque 225 salariés tourangeaux du laboratoire sous-traitant suédois. Ils sont en effet tous repris par l'acquéreur. Spécialisée dans la fabrication de solutions liquides anesthésiques, l'entité tourangelle était vouée à la fermeture par le groupe suédois basé à Stockholm.
À l'époque, la décision du groupe nordique était motivée par deux paramètres. Retenue en 2021 par la biotech Moderna Pharmaceutics pour produire son nouveau vaccin contre le Covid-19, l'organisation sous-traitante de développement et de fabrication (CDMO) avait, d'une part, connu des défaillances au plan industriel. D'autre part, ses résultats commerciaux n'ont pas été par la suite à la hauteur. Selon une source interne, le site tourangeau de Recipharm ne détiendrait plus en portefeuille client que le Big pharma sud-africain Aspen. Entre 2021 et 2023, son chiffre d'affaires a ainsi baissé de 25%, passant de 30 à 21 millions d'euros.
Après une première annonce de vente au consortium pharmaceutique marocain Laprophan en mai 2024, finalement avortée, l'unité tourangelle de Recipharm, rebaptisée Astrea Monts, est donc entrée dans le giron d'Astrea Pharma le 16 décembre dernier. Basée à Fontaine-les-Dijon, la CDMO s'était constituée en rachetant déjà en 2020 le site de Recipharm dans l'agglomération dijonnaise. C'est dire si le groupe suédois et le fonds d'investissement français Chevrillon, actionnaire majoritaire d'Astrea Pharma, se connaissent bien. Spécialisé dans la fabrication et le conditionnement de gélules et de comprimés, Astrea Pharma emploie 220 collaborateurs et a réalisé un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros en 2024, essentiellement à l'international.