Les gros labos en course pour lancer des vaccins contre le cancer

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Le Gardasil de Merck & Co fait partie des rares vaccins contre un cancer lancés sur le marché.
Le Gardasil de Merck & Co fait partie des rares vaccins contre un cancer lancés sur le marché. (Crédits : Reuters)
Pfizer s'est associé à la biotech Ignite pour développer des injections stimulant le système immunitaire afin de l'aider à s’attaquer aux cellules cancéreuses, à l'instar de Merck & Co, AstraZeneca ou encore BMS. Jusque-là, les big pharmas ont surtout connu des échecs dans la recherche de vaccins contre le cancer.

Un nouveau poids lourd de l'industrie pharmaceutique veut se faire une place dans le marché à peine émergent des vaccins contre le cancer. Cette semaine, Pfizer a pris 50% des parts d'Ignite Immunotherapy, avec option d'achat. Cette biotech développe des vaccins contre le cancer basés sur l'immunothérapie, c'est-à-dire la stimulation du système immunitaire pour l'aider à s'attaquer aux cellules cancéreuses. La big pharma pourrait y ajouter des inhibiteurs, des produits ralentissant la croissance des cellules cancéreuses. Ces traitements pourraient être utilisés contre des cancers métastatiques (avec propagation des cellules cancéreuses dans d'autres parties du corps).

A l'instar de Pfizer, plusieurs grands laboratoires ont accéléré dans les recherches de vaccins de ce type ces derniers mois:

Beaucoup de produits en développement, peu de vaccins lancés

Le "pipeline" (nombre de produits en phase pré-clinique ou clinique) dédié aux vaccins contre les cancers est conséquent. Une étude de Global Business Intelligence publiée en novembre recense 1.286 produits, dont des vaccins universels contre le cancer mis récemment au point.

Mais, actuellement, peu de vaccins contre le cancer ont pu passer la barrière des essais cliniques. Ainsi, trois vaccins préventifs, permettant de lutter contre des génotypes du papillomavirus humain, première cause du cancer du col de l'utérus, ont été lancés sur le marché étasunien, rappelle le National Cancer Institute (NIH).

Le laboratoire britannique GSK a lancé le Cervarix en juillet en Chine, un pays où 130.000 cas de cancers du col de l'utérus sont diagnostiqués chaque année. Mais le groupe a quitté les Etats-Unis à cause d'un marché faible (3 millions de livres générées en 2015). Actuellement, le marché est largement dominé par Merck & Co et son Gardasil (1,9 milliard de dollars de chiffre d'affaires l'année dernière).

Du côté de l'immunothérapie, il existe sur le marché un vaccin contre les cancers de la prostate, rappelle également le NIH. Il a été lancé sur le marché américain en 2010. Il est fabriqué par la société pharmaceutique Dendreon. Un autre vaccin contre le mélanome métastatique a été approuvé en octobre 2015. Il s'agit de l'Imlygic d'Amgen.

Un marché dynamique attendu

Beaucoup de grand laboratoires se lancent dans ces stratégies thérapeutiques car le marché est annoncé comme dynamique avec une croissance à plus de 17% par an, selon Global Business Intelligence. D'ici à 2022, le marché des vaccins contre le cancer est amené à tripler. Mesuré à 2,5 milliards de dollars en 2015, il atteindrait  7,5 milliards de dollars dans six ans.

Et il s'agit d'une estimation basse. D'autres analystes attendant une croissance de plus de 27% par an d'ici à 2019.

Des échecs

La prudence reste toutefois de mise. A l'instar de la maladie d'Alzheimer, ce domaine thérapeutique a connu de grandes déceptions à des stades d'études cliniques très avancées. GSK a douché quelques espoirs en publiant de mauvais résultats pour le MAGE A3, un vaccin contre le mélanome et contre le cancer du poumon en 2013 en phase III. Le traitement a connu un second échec en 2014 pendant les essais cliniques. Le dirigeant de la division immunothérapie avait fait part de sa "grande déception". Le laboratoire a mis fin à ce programme, comme il le rappelait lors des résultats financiers pour l'année 2015.

Merck KGaA's a également connu plusieurs échecs pour un vaccin contre le cancer du poumon, le Stimuvax, développé avec la biotech Oncothyreon, jusqu'à l'arrêt définitif des essais cliniques qui étaient en phase III.

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