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Entreprises & FinanceChimie & Pharmacie

Lille est-elle en bonne position pour accueillir l'Agence européenne du médicament ?

Photo de Jean-Yves Paillé

Jean-Yves Paillé

Publié le 03 octobre 2017 à 14:19 - Mis à jour le 03 octobre 2017 à 15:08

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La ville française réunit les principaux critères pour accueillir cette institution chargée de contrôler et autoriser les produits de santé, selon un rapport de la Commission européenne. Mais elle est loin d'être la seule à avoir fourni un dossier sérieux parmi les dix-huit autres métropoles candidates.

Plus que deux mois pour choisir la ville qui accueillera l'Agence européenne du médicament. Samedi 30 septembre, la Commission européenne a publié un document évaluant les 19 candidatures à l'accueil de l'institution chargée de contrôler et autoriser les produits de santé. L'AEM (EMA en anglais) quittera son siège de Londres suite au Brexit. La Commission n'a pas établi de classement. Néanmoins, elle insiste sur le respect de certains critères. Elle "estime pertinent de mettre l'accent sur les éléments essentiels pour assurer la pérennité des activités pendant la phase de relocalisation et à échéance immédiate".

Par ailleurs, l'Agence du médicament doit "continuer à fonctionner sans heurts et sans interruption après mars 2019", exige également Bruxelles. Outre "les critères objectifs", la Commission européenne rappelle que la "déclaration commune mentionne également l'intérêt de respecter [...] la priorité donnée aux États en voie d'adhésion pour ce qui est de la répartition des sièges d'autres agences qui seront créées, ce qui est valable aussi pour le transfert d'agences existantes". En scrutant les évaluations, on y apprend en filigrane qui, parmi les dix-neuf villes candidates, a le plus de chances d'accueillir l'institution.

La France réunit une grande partie des critères

Locaux, accessibilité, structures, cadre de vie, situation géographique,... La France réunit la majorité des critères fixés par l'Union européenne, mais quelques défauts subsistent.

Lille propose un bâtiment de 30.000 m² qu'elle assure "taillé" pour accueillir l'Agence du médicament, ce qui est loin d'être le cas de toutes les villes. Certaines évoquent la construction ou le réaménagement de bâtiments déjà existants, avec des incertitudes sur leur adaptation pour accueillir l'institution du médicament. Un hic toutefois pour la ville du Nord de la France: elle n'a pas fourni de détails sur la sécurité des systèmes d'information et technologies du bâtiment proposé.

Concernant la date de disponibilité des infrastructures pour accueillir l'Agence européenne du médicament, Lille promet d'être prête le 31 mars. Une proposition dans la moyenne de celles des autres villes, et même meilleure que celle de Barcelone (quatrième trimestre 2019), une sérieuse prétendante. Lille est toutefois moins ambitieuse que Helsinki (mai 2018 à mars 2019), ou bien Milan (fin janvier 2019) Quelques villes, à l'instar de Zagreb, n'ont pas donné de date, ce qui pourrait bien être éliminatoire.

Sur l'accessibilité, Lille se classe également parmi les meilleures villes candidates. Elle évoque d'importantes connexions avec les aéroports européens et une fréquence de vols quotidiens supérieure à des villes comme Dublin, Malte, et rivalisant avec Barcelone. Autre point intéressant: la possibilité de conserver une partie importante du personnel travaillant dans l'Agence située à Londres (900 employés actuellement), et de fournir des services pour les aider dans leur déménagement. Car le grand avantage de Lille est sa proximité avec Londres. Avec Bruxelles, c'est même la ville candidate la plus proche du siège actuel de l'Agence européenne du médicament. Et c'est un critère particulièrement important:

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"Pour certains endroits, les taux de rétention du personnel pourraient être très en dessous de 30%. Ce qui signifierait que l'Agence ne serait plus capable de fonctionner",a expliqué l'Agence européenne du médicament dans un communiqué de presse.

Dans le meilleur des cas, des villes candidates pourraient conserver 81% du personnel.

Lille ne remplit pas d'autres critères qui sont moins importants que la disponibilité du bâtiment d'accueil, mais qui peuvent peser dans la dernière ligne droite. Il s'agit des "conditions spéciales" proposées en ce qui concerne l'ensemble des coûts et des infrastructures spécifiques (comme des places de parking, des crèches), ou d'avantages susceptibles d'être accordés à l'agence et/ou à son personnel (d'ordre financier et fiscal notamment). Autre élément qui peut disqualifier Lille: la France accueille déjà trois agences européennes.

Vote des pays de l'UE le 20 novembre

Plusieurs critères déterminants placent toutefois Lille dans le haut du panier avec des villes comme Dublin, Barcelone, Vienne, Milan, Helsinki ou encore Bruxelles.

A contrario, Bratislava, Bucarest, Zagreb ou encore Sofia semblent ne pas remplir suffisamment de critères. Mais la décision finale ira certainement au-delà des simples critères objectifs.

Elle sera rendue le 20 novembre par un vote des 27 pays de l'Union européenne. Lors du premier tour, chaque Etat donnera trois points à son offre préférée, deux à la suivante, un à la troisième. Si une ville est désignée comme la préférée de 14 Etats, elle l'emporte, sinon un second tour mettra en lice les 3 villes ayant amassé le plus de points. Une ville doit être choisie par 14 Etats, sinon un dernier tour sera organisé pour départager les deux villes ayant recueilli le plus de suffrages.

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D'après le site Politico, des tractations sont en cours entre certains pays. La France négocierait potentiellement avec l'Allemagne afin de gagner un soutien pour accueillir l'Agence européenne du médicament et soutenir son voisin pour qu'il obtienne l'arrivée de l'Autorité bancaire européenne. Mais pour certaines personnalités, comme la maire de Lille, Martine Aubry, la France ne soutient pas assez la candidature de la ville du Nord. L'élue socialiste a réclamé lundi 2 octobre à Emmanuel Macron un soutien actif, qui "manque" pour l'aider à devenir l'heureuse élue.

Jean-Yves Paillé

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