Lubrizol : le gouvernement veut la vérification de tous les sites Seveso de France

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(Crédits : Reuters)
Après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen dans lequel plus de 5.000 tonnes de produits chimiques ont brûlé, les directeurs de sites à risque chimique seront sollicités pour effectuer des contrôles de sécurité "supplémentaires" pour l'ensemble de leurs installations. On se rappellera que, dans le procès AZF, le Ministère public avait requis trois ans de prison avec sursis contre l'ancien directeur du site de l'usine chimique.

Le gouvernement va demander aux usines dites "Seveso", c'est-à-dire potentiellement à risques industriels, des "contrôles de sécurité" supplémentaires après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen dans lequel plus de 5.000 tonnes de produits chimiques ont brûlé.

"Le gouvernement par le biais du ministère de la Transition écologique va demander dans les heures qui viennent à l'ensemble des dirigeants des sites Seveso d'effectuer des contrôles de sécurité, de manière à nous assurer que l'ensemble des installations sont bien en sécurité", a déclaré mercredi sur Europe 1 la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

"C'est un contrôle supplémentaire, que nous demandons aux industriels d'effectuer, de manière à nous assurer que tout va bien", a ajouté la représentante du gouvernement. "Charge aux industriels de vérifier la conformité de leurs installations notamment en matière de risque incendie" et ce "dans les meilleurs délais".

Mme Ndiaye a rappelé que "des contrôles existent sur l'ensemble de ces sites (Seveso) et (que) le site de Lubrizol en particulier a reçu de manière régulière des contrôles". L'usine de Rouen "au cours des dernières années" a subi "un (contrôle) par an, en particulier des contrôles incendie qui ont montré qu'il n'y avait pas de risque particulier".

"Après, le risque zéro n'existe pas", a-t-elle dit.

Quelque 2.000 manifestants dont plusieurs parlementaires ont réclamé mardi à Rouen la vérité sur l'incendie jeudi dernier de l'usine chimique Lubrizol, au cours duquel plus de 5.000 tonnes de produits chimiques sont partis en fumée.

Pour le directeur de l'usine AZF, le procès continue

Les directeurs de sites sont en première ligne en cas d'accident, comme en témoigne le cas d'AZF, cette catastrophe industrielle -la plus grave depuis 1945 en France- qui, le 21 septembre 2001, a fait 31 morts et des milliers de blessés à Toulouse.

Pour mémoire, en 2009 en première instance, le directeur de l'usine, Serge Biechlin, et la société exploitante Grande Paroisse bénéficient d'une relaxe générale au bénéfice du doute.

Mais en 2012, en appel, ils sont lourdement condamnés. Mais cette condamnation est annulée par la Cour de cassation pour défaut d'impartialité d'un magistrat.

En 2017, lors d'un troisième procès, le ministère public requiert trois ans de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende contre l'ancien directeur du site de l'usine chimique Serge Biechlin. M. Biechlin est condamné en appel à 15 mois avec sursis pour "homicides involontaires" et Grande Paroisse à l'amende maximale. Ils se sont pourvus en cassation.

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Commentaires
a écrit le 03/10/2019 à 10:06 :
Arretons le delire. Les sites dits seveso sont très régulièrement controlés par les autorités. C 'est du bavardage de politiques . Si nous voulons le risque absolument 0 , chassons toutes les usines seveso de France , ce qui est une pure absurdité. Il faut savoir raison garder et procéder comme dans l'aérien > analyser le pourquoi et prendre les mesures correctives sur ce site et sur les sites présentant la même configuration de danger.
a écrit le 03/10/2019 à 9:40 :
"Tout va bien !"

On connait le refrain...
a écrit le 02/10/2019 à 20:15 :
Lubrizol, c'est un Seveso de Rouen en France dans un pays dont les Préfets ne pouvaient ignorer les risques,
mais l'argent FOU rends fous les directeurs d'usines véritables caporaux des actionnaires qui eux dirigent nos politicards gouvernant obéissants zélés et cupides à souhait
a écrit le 02/10/2019 à 19:29 :
Plus de contrôles ne servent à rien, il faut des contrôles plus sérieux et exiger des mesures imédiats des industriels en cas de risque.
a écrit le 02/10/2019 à 16:13 :
Et qui va vérifier, uniquement en Bretagne il en existerait une cinquantaine en plus le domaine est très technique. Il serait, à mon avis, souhaitable de cloner l'ASN pour créer un organisme chargé du chimique.
a écrit le 02/10/2019 à 15:22 :
A l'évidence l'état a été cruellement défaillant.

Les services de secours ont été dépêchés sur les lieux sans même avoir la liste des produits chimiques stockés, les plans des installations, en encore moins un inventaire des quantités....
Ils auraient du être disponibles 24/247/7 365/365 aussi bien aux centres de secours que dans les préfectures (protection civile).

Et les préfets auraient pu en donner communication sans attendre 5 jours. Au passage cette divulgation ne va pas apprendre grand chose. Quand on mélange des dizaines de produits et qu'on soumet le tout à des flammes et à des extincteurs, à peu près tout peut se produire, du plus anodin jusqu'au plus toxique. On a envoyé les pompiers (dont 80% sont des bénévoles, rappelons le) au casse-pipe. C'est un miracle qu'il n'y ai pas eu de victimes (comme pour les policiers et CRS qui se sont pris en plein les fumées).

Ce que devrait faire le gouvernement c'est commencer par vérifier que pour chaque installation Seveso, la documentation adéquate existe, est bien disponible en permanence pour les services de secours, et qu'elle est mise à jour.

Etant donné que le ministère qui est supposé faire ce travail a changé 5 fois de nom en 10 ans, 3 fois de ministre en 2 ans et a perdu la moitié de ses effectifs, personne ne sera étonné des résultats.
a écrit le 02/10/2019 à 14:25 :
J'habite dans une commune où une usine Seveso est implantée.
Les questions qui se posent à ce sujet sont :
- Information des habitants
- Implantation de nouvelles constructions dans la zone des 500m
- Exercices pour sensibiliser et former les habitants en cas d’accident
- Quid du principe de précaution
- Il n’y a pas eu de mesures particulières à la suite de l’accident d’AZF, excepté de nouvelles contraintes pour les entreprises (classement des sites concernés).
- …
Fort heureusement il n’y a pas eu de victimes, mais la prochaine fois ?
Réponse de le 02/10/2019 à 16:26 :
Faut arrêter avec ce fameux principe de précaution qui n'existe qu'en France. La seule probabilité de zéro accident, c'est de rien fabriquer. Alors allons jusqu'au bout de la logique, fermons les usines et pour continuer à rester logique, acceptons le chômage. On peut toujours mettre en oeuvre beaucoup de gardes fous, mais l'accident est toujours possible, sans oublier que la densité de garde fous a toujours un coût qui au-delà d'une certaine limite rend la viabilité économique de l'installation industrielle impossible. Il y a donc toujours un compromis à faire: c'est le risque acceptable. Si le risque n'est pas acceptable, alors il faut fermer l'usine avec tout la cohorte de problèmes qui s'ensuivront. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre.
a écrit le 02/10/2019 à 14:23 :
"... le site de Lubrizol en particulier a reçu de manière régulière des contrôles" : oui ben juste après son naufrages, des journalistes avaient relevé que l'Erika aussi avait passé avec succès des contrôles en Italie et en Russie : "Mais qu'a-t-il donc bien pu se passer ?".
Avant qu'on s'aperçoive à la fin de l'enquête que ce bateau était en fait une poubelle ambulante totalement dépassée !!
a écrit le 02/10/2019 à 13:43 :
un bel exemple de contre-feu du gouvernement après son incapacité à gérer l incendie de lubrizol. zero en communication de crise et les ministres partis on ne sait où pour parler de Chirac. le premier ministre comme élu de la Seine maritime attends lundi pour venir mais le wk au chaud au havre a cote, du juppe tout cru dans cet incapable de Phillippe.
a écrit le 02/10/2019 à 11:57 :
"Le gouvernement va demander aux usines dites "Seveso", c'est-à-dire potentiellement à risques industriels, des "contrôles de sécurité"

En gros ,ils vont s'auto-contrôler ,c'est vrai que c'est rassurant.Allez , prime à celui qui dira que tout va bien.
a écrit le 02/10/2019 à 11:33 :
"L'usine de Rouen "au cours des dernières années" a subi "un (contrôle) par an, en particulier des contrôles incendie qui ont montré qu'il n'y avait pas de risque particulier"." Alors, non pas du tout, l'inspection conclut juste que les points de sécurité qui ont été contrôlés lors de ces visites (déclenchement des alarmes, ouvertures de vannes ou autres) sont ou non conformes à la réglementation et que, si cette réglementation est bien faite, les risques particuliers liés à ces points spécifiques sont considérés comme maîtrisés. Ce qui est quand même très loin du "il n'y a pas de risque particulier".

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