À Rouen, une autre usine chimique classée Seveso "mise à l'arrêt"

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Implantée sur la zone portuaire de Rouen, l’usine Borealis de Grand-Quevilly est spécialisée dans la fabrication d’engrais azotés. Sa capacité de production est de 3 300 000 tonnes par an et elle fonctionne 365 jours par an. Quelque 360 personnes travaillent sur ce site.
Implantée sur la zone portuaire de Rouen, l’usine Borealis de Grand-Quevilly est spécialisée dans la fabrication d’engrais azotés. Sa capacité de production est de 3 300 000 tonnes par an et elle fonctionne 365 jours par an. Quelque 360 personnes travaillent sur ce site. (Crédits : Borealis)
Cinq jours après l'accident de l'usine chimique Lubrizol à Rouen, le site Borealis de Grand-Quevilly (auparavant propriété de Total), situé dans la zone portuaire de Rouen et spécialisé dans la production de fertilisants pour l'agriculture, a été mis à l'arrêt depuis 7h45 ce matin. À nouveau, la confusion semble régner dans la communication de crise, la CGT accusant la direction de minorer l'incident.

Une usine chimique, classée Seveso seuil haut à Grand-Quevilly, près de Rouen, a été "mise à l'arrêt" depuis 7H45, a annoncé la préfecture de Seine-Maritime, précisant qu'il n'y avait pas d'incendie, ce que conteste la CGT.

"L'usine Borealis (production d'engrais) (...) a déclenché son POI (Plan d'Organisation Interne) à la suite d'une perte d'alimentation électrique qui nécessite sa mise à l'arrêt pour mise en sécurité de l'installation", a indiqué la préfecture dans un communiqué, cinq jours après l'accident de l'usine chimique Lubrizol à Rouen.

Incident ou incendie ? Les pompiers sur la réserve

Selon les premières constatations, "cette perte d'alimentation électrique serait due à l'échauffement d'une cellule du poste électrique principal", a ajouté la préfecture. Contactés par l'AFP, les pompiers de Seine-Maritime n'ont pas souhaité s'exprimer.

Selon Christine Poupin, représentante CGT au sein de l'usine, il y a eu un incendie. "Le transformateur T1, celui de l'alimentation générale du site, a subi une coupure franche d'électricité. Il y a eu un incendie et les pompiers sont nécessairement intervenus", a-t-elle dit à un correspondant de l'AFP.

La CGT dénonce une très grande vétusté des installations

"Les postes électriques sont très vétustes. Il y a déjà eu plusieurs alertes du CHSCT sur cette question. À ce stade, plus rien ne fonctionne au sein de l'usine", a-t-elle dit, soulignant qu'il n'y avait pas de lien avec Lubrizol.

L'usine Borealis est située à environ 4 km au sud-est de l'usine Lubrizol, où un spectaculaire incendie a eu lieu jeudi matin, déclenchant un important nuage de fumée noire, aux conséquences sanitaires et environnementales qui inquiètent habitants et agriculteurs.

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[Selon la plaquette de l'entreprise dont cette illustration est issue, l'usine Grand-Quevilly est spécialisée dans la fabrication d'engrais azotés, avec une capacité de production de 3 300 000 tonnes par an. Crédit: Borealis]

"Pas de risque" immédiat mais "gros stress chez les salariés"

"À ma connaissance, à ce stade il n'y a pas de risque quant à la sécurité des installations. Mais on n'aime pas ça, ça génère un gros stress chez les salariés", a reconnu Mme Poupin.

Borealis de Grand-Quevilly, situé dans la zone portuaire de Rouen, "est le plus grand site de production de Borealis Chimie" et "produit des fertilisants pour l'agriculture ainsi que des solutions pour réduire les émissions polluantes des industries et des transports routiers".

Un site vendu par Total en 2013

De plus, "le site produit des intermédiaires industriels utilisés dans la chaîne de production des engrais azotés et également dans d'autres industries (métallurgique, agro-alimentaires, etc.)", d'après le site internet de l'entreprise.

En 2013, le géant pétrolier français Total avait cédé ses activités de fertilisants en Europe, composées du numéro un français du secteur GPN et d'une part majoritaire dans le Belge Rosier, à l'autrichien Borealis.

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Commentaires
a écrit le 01/10/2019 à 18:16 :
Comme les aéroports, ces sites industriels étaient situés loin des agglomérations à l'origine...qui a délivré les permis de construire des habitations près de ces sites ? Silence assourdissant...
a écrit le 01/10/2019 à 15:04 :
8000 M° d amiante qui parte en fumée .§ peut on respirer sans inquiètude ?
a écrit le 01/10/2019 à 14:54 :
Cette usine d'engrais très ancienne et similaire à celle de Toulouse se trouve paralysée et insécurisée par une panne d'électricité. Nous payons 7 ans d'incurie gouvernementale négligeant l'entretien des équipements au profit de la masse salariale des fonctionnaires qui ne saurait être une variable d'ajustement. Vive l'enfer fiscal français!
a écrit le 01/10/2019 à 13:16 :
Et alors ? Les journalistes et les ecolos sèment la terreur . Comme lors d'AZF qui fut un événement dont la cause reste secret d'état comme le nuage de Tchernobil en son temps .
a écrit le 01/10/2019 à 13:14 :
Il est urgent d'accélérer la désindustrialisation de notre pays pour sauver la Planète. Je suggère qu'on transforme les friches en terrains de golf pour le bonheur de notre tourisme.
a écrit le 01/10/2019 à 13:13 :
"La CGT dénonce une très grande vétusté des installations"

C'est pas après qu'il faut dénoncer hein... -_-

Gestion catastrophique de l'ensemble des institutions privées et public du secteur tout ceci fait d'abord et avant tout très peur.

La compromission entre politiciens et hommes d'affaires était condamnée à se traduire de la sorte, à comparer avec l'usine Lactalis qui empoisonne son lait 10 ans après un fait similaire et sans qu’aucune rénovation n'aie été entreprise.

On est où là ? C'est du grand n'importe quoi... Merci pour cet article en tout cas ce serait étonnant que les médias de masse nous parlent de cette vérité là.

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