A Rouen, l'incendie de l'usine chimique éteint, les questions demeurent

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L'incendie du site chimique de Lubrizol à Rouen.
L'incendie du site chimique de Lubrizol à Rouen. (Crédits : Reuters)
Les retombées polluantes de l'incendie qui a ravagé l'usine chimique de Lubrizol inquiètent la population, malgré les propos rassurants du gouvernement. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l'incendie.

Odeur entêtante entraînant parfois des vomissements, galettes d'hydrocarbures sur la Seine, agriculteurs en plein désarroi : l'incendie spectaculaire de l'usine Lubrizol est éteint mais continue d'inquiéter malgré la mobilisation du gouvernement pour rassurer. Nombre de passants portaient vendredi des masques dans les rues de Rouen face à une odeur persistante pouvant provoquer des nausées, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les locaux de France 3 à Rouen ont même été évacués, certains salariés ayant été victimes de vomissements.

Déclenché dans la nuit de mercredi à jeudi, le feu était éteint vendredi mais 120 pompiers restaient sur place pour surveiller les points chauds, selon les pompiers. "Lubrizol est le plus important accident industriel en France depuis AZF (à Toulouse en 2001, ndlr). La gestion du drame que vit notre métropole de Rouen est scandaleuse et humiliante", a twitté David Cormand, secrétaire national d'EELV.

Demande de transparence

Son parti ainsi que LFI et le PCF ont réclamé la transparence sur cette catastrophe industrielle. A Rouen, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture de la Seine-Maritime pour réclamer "la vérité" sur l'incendie, selon le journal Paris Normandie.

"Je comprends la population (...) les produits peuvent être irritants sur le moment", a tempéré la ministre de la Santé Agnès Buzyn après avoir visité l'usine dévastée. Il n'y a "pas de polluants anormaux dans les prélèvements effectués", a assuré la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, à ses côtés.

Une usine classée Seveso

En revanche "la ville est clairement polluée" par les suies auxquelles il ne faut pas toucher sans protection, a reconnu Agnès Buzyn. Cette suie est une combinaison d'additifs d'huile de moteur et d'hydrocarbures, c'est-à-dire des matières qui ont brûlé sur le site Lubrizol, une usine classée Seveso seuil haut et qui emploie habituellement 400 personnes.

"Je suis très étonné de voir un incendie qui se déclare en pleine nuit, dans un endroit où il n'y a personne. Je m'interroge", a déclaré le pdg de Lubrizol France, Frédéric Henry à l'issue de la visite des deux ministres. C'est la première fois que le directeur de l'usine s'exprime depuis la catastrophe.

Les établissements scolaires de Rouen rouvriront lundi matin après nettoyage, avait assuré un peu plutôt à Rouen le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. EELV a dénoncé dans un communiqué "des retombées de suie à plus de 30km (de l'usine), dans les jardins chargés d'hydrocarbure !". Au total 51 personnes ont consulté les établissements de santé rouennais jeudi et vendredi matin à cause de l'incendie, dont cinq, des adultes qui avaient déjà des pathologie respiratoires auparavant, ont été hospitalisés, a indiqué vendredi midi le Samu.

Une toxicité à long terme?

Annie Thébaud Mony, directrice de recherche honoraire à l'Inserm, craint, elle, la toxicité à long terme du panache de fumée qui a mesuré jusqu'à 22 km de long. "L'inquiétude est absolument légitime. Ce nuage qui est passé au dessus de Rouen est chargé en poussière hautement toxique au minimum cancérogène", a déclaré cette scientifique spécialisée dans les cancers professionnels. "Le préfet ne ment pas quand il dit qu'il n'y a pas de toxicité aigüe du nuage, mais il ne peut écarter la toxicité à long terme", ajoute Annie Thébaud-Mony, soulignant que le risque cancérogène existe même pour une exposition de courte durée. Quant aux suies ce sont "des produits toxiques très dangereux", selon la chercheuse.

Demandes d'indemnisations

Une vingtaine de galettes d'hydrocarbures ont en outre fait leur apparition vendredi sur la Seine, mais, elles étaient en cours de traitement selon l'Etat. "Nous attendons des indemnisations pour les agriculteurs" à qui l'État a demandé de ne pas nourrir les animaux avec des produits souillés, s'est inquiétée de son côté la Coordination rurale dans un communiqué. L'association écologiste Robin des bois voit dans les suies un "problème diffus mais majeur". Elle redoute "des eaux polluées" des nettoyages qui pourraient aboutir dans la Seine, selon son porte-parole Jacky Bonnemains. Son association réclame que "des usines comme Lubrizol soient beaucoup plus surveillées". Une demande partagée par la CGT. Le syndicat Solidaires des inspecteurs de l'environnement affirme que l'État n'a pas tenu ses promesses de créations de postes.

Le parquet a annoncé jeudi l'ouverture d'un enquête pour destructions involontaires dans cette usine, propriété du groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, lui-même appartenant à Berkshire Hathaway, holding du milliardaire et célèbre investisseur américain Warren Buffett. En janvier 2013, déjà, une fuite de mercaptan sur le site de Lubrizol, à l'ouest de Rouen, avait provoqué un nuage nauséabond qui s'était répandu jusqu'en Ile-de-France et en Angleterre.

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Commentaires
a écrit le 01/10/2019 à 16:04 :
Bon... combustion incomplète d'hydrocarbures d'où odeurs et suie. Rien de bien grave en soi, allez respirer du côté de Roissy ou d'Orly, ça pue le kerosène à plein nez aussi. Là où ça devient gag, c'est quand des enseignants veulent exercer un droit de retrait... comme si eux mêmes et leurs élèves étaient plus en danger à l'école que chez eux...
a écrit le 29/09/2019 à 11:18 :
voila une cause de l explosion des CANCERS § pollution/ amiante .... que font donc les politiques de com ?
a écrit le 29/09/2019 à 11:18 :
voila une cause de l explosion des CANCERS § pollution/ amiante .... que font donc les politiques de com ?
a écrit le 28/09/2019 à 21:14 :
Cette affaire de très grave dangers Lubrizol pour les population met en évidence l’incurie du gouvernement :

ce qui est SCANDALEUX dans cet extrêmement grave accident industriel,

c'est l'absence d'action du 1er ministre Philippe et du ministre de l'intérieur Castaner,

et va cette France qui n'a pas de ministre de l'industrie !!!!

ou sont-ils ? aux abris ? font-ils la fête en boites de nuit ?

quelle chienlit cet épisode Macron LaREM Modem !
Réponse de le 01/10/2019 à 16:05 :
E. Philippe était à Rouen hier soir. Bon, ce n'est quand même pas Tchernobyl cette histoire.
a écrit le 28/09/2019 à 21:12 :
Tout le monde se plaint, critique, à son avis sans avoir une once de connaissance chimique...
Vous posez vous la question de ce qu’on vécue les ouvriers qui étaient là au moment de l’incident! Du sang froid qu’ils ont eu pour éviter une situation plus grave! De ceux qui vont perdre leur emploi? Soyons un peu solidaire et un peu moins égoïstes!!!
a écrit le 28/09/2019 à 20:32 :
Je vais vous décrire un peux mieux cette odeur:
ça sent le fioul, presque ce que vous sentez à la station essence. Mais en beaucoup plus lourd... C'est gras, lourd et écoeurant! Ma bière était devenue huileuse au point de l'abandonner.. Après ma répète de rock c'est comme un sacrilège!

Je ne suis pas Rouennais et après 4 heure sur place je la sentais encore le lendemain.!

Je met Rouen en quarantaine pour ma part je reste sur mon bord de mer pour un moment..!
a écrit le 28/09/2019 à 20:13 :
J'était à rouen hier soir, vendredi, et je peux vous dire qu'il y a un vent mauvais. ça sent le fuel il y a des rafale de vent qui vous coupent l'envie de sortir... Tout a un mauvais gout après ça!

Il y a un vrai problème..!
a écrit le 28/09/2019 à 19:24 :
Les politiques et cette majorité n’est pas exclue ont toujours commenté les catastrophes d’une manière abracadabrantesque (illusion à celui qui a toujours commenté dans le mensonge surtout en politique) . Les politiques sont dans le dicton des arracheurs de dents.
a écrit le 28/09/2019 à 18:50 :
Certaines personnes sont prêtes à quitter leur logement, compte tenu de l'odeur d'hydrocarbure"s". Préfecture et cie , c'est du flan !
a écrit le 28/09/2019 à 18:21 :
C'est finalement la même pollution que celle qui sort d'une cheminée en plus gros et plus visible. Pourquoi certains ne disent rien en cas de feux de forêt qui génèrent une pollution similaire?
Réponse de le 29/09/2019 à 8:46 :
Un feu de forêt est 1000 fois moins polluant.
a écrit le 28/09/2019 à 18:18 :
A Rouen, l'incendie de l'usine chimique éteint, les questions demeurent

LA QUESTION MAJEURE : combien de temps les Français vont-ils accepter les mensonges en même temps du président Macron et de son gouvernement Philippe Edouard ?
a écrit le 28/09/2019 à 18:02 :
Bon, vous êtes têtus, le polit büro vous dit qu'il n'y a pas de danger, c'est pour quand la promo des vacances à Rouen ? "Le FIGARO incendie à Rouen: le spectre de Tchernobyl alimente la défiance de la population ".
a écrit le 28/09/2019 à 18:01 :
C'est pas Fukushima quand meme!Quand les manifestants brulent des pneus,on ne déplace pas les populations sur 10km!Eh bien ici c'est pareil.D'après le préfet il y a un peu de plomb et un peu de benzène,mais en quantités non toxiques.Des traces qui datent sans doute d'avant la catastrophe.
a écrit le 28/09/2019 à 16:54 :
Le site de cette usine est très ancien environ 1916 du temps de la Standard Oil ....Ceux qui ont délivré des permis de construire à proximité , ont une très grande responsabilité.
Une délocalisation, si elle se fait ce sera dans une autre région encore des emplois en moins .La région Ouest de Rouen est truffée d' entreprises pétrochimiques , on ne pourra pas tout délocaliser.....Alors la fin de l'or noir ?
a écrit le 28/09/2019 à 13:42 :
Bien mieux géré par les pouvoirs publics qu'AZF . Merci à eux et zut aux écologauchos
a écrit le 28/09/2019 à 12:43 :
Ce gros nuage noir de 20 km sur 7 qui retombe sur les villes du grand Rouen, ou ces ministres qui mentent effrontément, tel le Trump moyen, sans ciller, en niant l'évidence, et en mettant en danger les populations.

Tout les monde sait que les incendies incontrôlés d'hydrocarbures produisent des composés toxiques (HAP), voire même mortels (Dioxines).

Personne n'a envie de se frotter à ces suies et des goudrons dont on sait qu'ils sont cancérigènes.

C'est un pur scandale que les administrés, qui se font durement sanctionner pour un pot d'échappement dysfonctionnel, n'aient pas été évacués de la zone des retombées.

Manifestement le gouvernement n'a rien retenu de l'incendie de ND.
a écrit le 28/09/2019 à 12:38 :
Le vrai seveso c'etait des dioxines, heureusement là c'est seulement des fumées et des suies. Ouf, on l'a echappé belle
a écrit le 28/09/2019 à 11:53 :
"Son parti ainsi que LFI et le PCF ont réclamé la transparence sur cette catastrophe industrielle"

Posture une énième fois complètement stupide seulement pour gueuler, faire du bruit pour se faire remarquer des médias de masse, s'ils voulaient vraiment savoir ils iraient chercher des experts indépendants afin de mesurer l'impact de cette pollution sur l'environnement mais tout comme nos gouvernants n'ont aucun intérêt à nous dire la vérité, leurs soit disant opposants n'y ont pas intérêt non plus.

Droite et gauche, les deux faces d'une même pièce.
a écrit le 28/09/2019 à 11:44 :
Il serait souhaitable de créer des organismes de sureté clonés sur l'ASN pour les domaines de la chimie et celui de l'alimentation. En l'espèce, le discours ambiant est loin d'être convaincant..
a écrit le 28/09/2019 à 11:43 :
Comme pour Notre-Dame, la piste de l'accident est privilégiée, dormez tranquille et tendez l'autre joue ...
a écrit le 28/09/2019 à 10:48 :
Tout va très bien,c'était de la fumée bio. Les abeilles sont heureuses, le monde agricole radieux, faune et flore de la seine également. Puis que l'État vous le dit. En fait c'est comme le nuage de chernobyl, qui ne passe pas frontière.
a écrit le 28/09/2019 à 10:14 :
Mouais, je viens de regarder le fichier de mesures qu'ils ont mis sur le site de la prefecture, no2 so2 pid altair presque toujours a zero, ça veut pas dire grand chose, produits aromatiques alcanes et isobuthylene detectés, rien sur des trucs comme les celebres dioxines que l'on retrouve, par exemple autour des incinerateurs.

On ne peut que regretter l'inaction des gouvernements precedents, ah coquin de saur.
a écrit le 28/09/2019 à 10:06 :
Il y avait de l'amiante dans la toiture de l'usine Lubrizol, à Rouen (Seine-Maritime), partie en fumée jeudi dans un violent incendie. Selon des sources internes au site, citées par France Bleu, le toit de l'usine, qui a brûlé en dégageant une épaisse fumée noire, était en fibrociment.
Or, les modèles les plus anciens de plaques ondulées fabriquées dans ce matériau, connu pour ses qualités isolantes, mêlent des fibres d'amiante à du ciment. Les modèles les plus récents de plaques en fibrociment, sur le marché depuis une vingtaine d'années, ne contiennent pas d'amiante.
Interrogé par la radio, l'adjoint au maire EELV Jean-Michel Bérégovoy exprimé son inquiétude : « On connaît les dégâts sur l'organisme que cela occasionne. On souhaite que des études précises de la qualité de l'air soient réalisées. Il y a 8000 mètres carrés de matière amiantée dans l'atmosphère. C'est énorme. »
Réponse de le 28/09/2019 à 10:46 :
à mon avais, c 'est un petit problème par rapport au reste, du fait de la dispersion....
Réponse de le 28/09/2019 à 18:26 :
Voilà que l'amiante et le ciment se mettent à brûler et à partir en fumées ! Il faut croire qu'il y en a que les flammes rendent dingues et qui se mettent à raconter n'importe quoi.

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