Lubrizol : les sites de Rouen et du Havre échappent pour l’instant à la casse sociale
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Le chaos suscité par Donald Trump sur le marché mondial des commodités n'a pas que des conséquences délétères dans l'Hexagone. Deux mois après avoir annoncé son intention de supprimer 169 emplois dans ses usines rouennaise et havraise, Lubrizol France effectue une volte-face inattendue.
Lors d'un CSE réuni ce 5 mai au matin, la direction de l'entreprise (dont le siège est domicilié à Rouen) a fait savoir qu'elle « mettait fin à la procédure de consultation en cours relative à la réorganisation de ses activités ». Et donc, de facto, au plan social qui devait accompagner cette restructuration.
Dans un communiqué, le fabricant de lubrifiants justifie cette marche arrière surprenante en invoquant un « environnement macro-économique incertain » et l'évolution considérable des chaînes d'approvisionnement internationales. Sont notamment pointées « des pressions accrues sur les coûts et sur les disponibilités des matières premières ». Face à ce contexte mouvant, il explique préférer se concentrer sur la gestion de ces questions externes et la sécurisation de l'approvisionnement ses clients.
Reste à voir si la réduction de voilure décidée en février dernier ne ressurgira pas, une fois la tempête calmée dans le Bureau ovale. Dans le même communiqué, l'entreprise rappelle, en effet, que les problèmes de surcapacité de ses usines et de diminution des volumes de ventes en Europe (-30% en 10 ans) restent d'actualité. Sa direction dit néanmoins espérer « retrouver un environnement de travail productif » et « trouver des alternatives au projet de réorganisation ».
À lire également
De leur côté, les élus rouennais, qui s'étaient étranglés à l'annonce du PSE de Lubrizol, se félicitent de ce retour à meilleure fortune. « La décision prise ce matin de suspendre le plan social annoncé, en raison de la hausse des tarifs douaniers aux États-Unis est une excellente nouvelle pour les salariés et l'emploi sur notre territoire », s'est ainsi empressé de saluer, Nicolas Mayer Rossignol, le maire de Rouen.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Nathalie Jourdan