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Après le choc de Lubrizol, Rouen opte pour le « name and shame »

Nathalie Jourdan

Publié le 24 septembre 2024 à 04:41 - Mis à jour le 24 septembre 2024 à 07:58

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Le 26 septembre 2019, plus de 9.500 tonnes de produits chimiques avaient brûlé à Rouen suite à l'incendie de l'usine Lubrizol et d'un entrepôt voisin appartenant à la société Normandie Logistique.

Le 26 septembre 2019, plus de 9.500 tonnes de produits chimiques avaient brûlé à Rouen suite à l'incendie de l'usine Lubrizol et d'un entrepôt voisin appartenant à la société Normandie Logistique.

Reuters

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Cinq ans après l’incendie de Lubrizol, la Métropole de Rouen frappe un grand coup au nom de la transparence. Elle a mis en ligne une carte qui pointe, avec un code couleur, les sites industriels classés à risques (Seveso) et à qui l’Etat a infligé un rappel à l’ordre ou une mise en demeure.

On connaissait le « name and shame » pour les mauvais payeurs. Le voici transposé dans le domaine de la sécurité industrielle. Cinq ans presque jour pour jour, après la survenue de l'incendie de l'usine Lubrizol et de l'entrepôt de Normandie Logistique, la Métropole de Rouen vient de mettre en ligne une carte interactive qui hérisse déjà les industriels de la place.

La cartographie classe, avec des pictogrammes de couleur, les 23 usines Seveso de l'agglomération rouennaise sur la base des rappels à l'ordre qui leur sont (ou non) adressés par les autorités administratives. En vert, les installations n'ayant fait l'objet d'aucun signalement, en jaune celles où sont demandées des actions correctives (des lettres de suite dans le jargon), en orange, celles sous le coup d'une mise en demeure, et enfin en rouge, les sites faisant l'objet d'un arrêté de mesure d'urgence ou d'une sanction administrative.

Chaque pictogramme renvoie sur le portail « georisque » du ministère de l'écologie et sur une fiche qui détaille les mesures et la nature de l'activité de l'entreprise. L'outil sera mis à jour « au moins une fois par mois » par le service « gestion des risques » de la Métropole, fait savoir Charlotte Goujon, sa vice-présidente en charge de la sécurité industrielle. « En réalité, nous ne faisons que rendre visible ce qui est déjà public puisque les rapports de la DREAL sont tous mis en ligne depuis l'incendie », explique t-elle.

« De l'industrie bashing »

Un argument qui ne convainc guère les industriels. Prise au nom de la « transparence », l'initiative passe mal dans leurs rangs. « La Métropole outrepasse ses prérogatives et prend le risque d'inquiéter exagérément la population, s'étrangle Régis Saadi, le président de France Chimie Normandie joint à chaud par téléphone. C'est une nouvelle fois de l'industrie bashing et un très mauvais signal à l'heure de la réindustrialisation ».

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L'accueil est beaucoup plus enthousiaste chez l'Association des victimes de Lubrizol qui revendique la paternité de l'idée... et se promet d'en faire la promotion auprès d'autres agglomérations industrielles. Pour son président, les élus rouennais choisissent la bonne méthode. « Beaucoup plus que les sanctions pécuniaires, les entreprises redoutent qu'on touche à leur image. C'est en cela que cette carte est utile », applaudit Christophe Holleville.

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Nathalie Jourdan

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