Lubrizol va supprimer 169 postes en Normandie
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'usine Lubrizol est implantée à Rouen depuis 70 ans
DR
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'usine Lubrizol est implantée à Rouen depuis 70 ans
DR
Un nouveau feu couve dans l'usine Lubrizol de Rouen que tous les Français connaissent depuis le spectaculaire incendie du 26 septembre 2019. Mais cette fois, il s'agit plutôt d'un sinistre d'ordre social. Lors d'un Comité social extraordinaire qui s'est tenu ce jour (6 février), le chimiste américain propriété de la holding de Warren Buffet a annoncé une restructuration de ses activités industrielles qui devrait engendrer la suppression de 169 postes dans ses deux usines normandes.
Spécialisé dans la fabrication d'additifs et de lubrifiants pour les moteurs, le site rouennais, qui abrite également le siège du groupe pour la France, sera de loin le plus impacté : presque la moitié des effectifs sont concernés (145 personnes sur 367 au total). L'activité principale devrait y être maintenue mais une part sera délocalisée vers l'usine voisine du Havre. Laquelle devrait perdre 24 emplois.
Pour justifier cette réorganisation, l'entreprise invoque « un recul de 30% de ses ventes en France » au cours de la dernière décennie, la baisse du marché des véhicules thermiques et la concurrence accrue de la Chine. Avec ce plan, elle assure vouloir « consolider ses activités normandes pour gagner en compétitivité ».
La décision n'en reste pas moins difficile à digérer pour les Rouennais, cinq ans après l'accident qui a traumatisé la ville. « Ce n'est pas aux salariés et à leurs familles de payer les errements stratégiques de l'entreprise », s'indignent les membres de l'exécutif de la Métropole dans un communiqué.
Son président et maire de Rouen, Nicolas Mayer Rossignol, dénonce également le manque d'anticipation dont aurait fait preuve le groupe. « Notre territoire a subi les nuisances liées à cette implantation industrielle, tance t-il. On ne peut pas accepter une délocalisation qui viendrait combler une absence de préparation à la transition en laissant des centaines de familles sur le carreau ».
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

À lire également
Notons que l'événement intervient alors que les plaies de l'incendie ne sont pas encore refermées. En atteste cette lettre ouverte publiée cette semaine par trois associations de victimes qui pointent un manque de transparence des autorités sanitaires.
Nathalie Jourdan