Relocalisation des médicaments essentiels : Delpharm deux fois lauréat
Guillaume Fischer
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L’enveloppe dédiée à la relocalisation des médicaments critiques va permettre notamment au site de Delpharm en Touraine, spécialisé dans les réponses aux menaces NRBC, de renforcer la flexibilité de sa production.
Le nouveau coup de pouce financier de l’Etat donné fin 2024 à sept projets industriels, dont ceux du laboratoire Delpharm pour ses deux sites basés près de Tours et de Lille, est censé illustrer le volontarisme de la France en matière de relocalisation des médicaments essentiels.
La pénurie de médicaments de première nécessité pendant la crise sanitaire de 2019 et 2020, car produits en Asie à des milliers de kilomètres, a enfin poussé l'Europe, et la France au premier chef, à réagir concrètement pour retrouver au moins une partie de sa souveraineté sanitaire. Dans l'Hexagone, la relocalisation des médicaments essentiels annoncée en 2023 par Emmanuel Macron monte en puissance, épaulée financièrement par le plan France 2030 (800 millions d'euros au total sur le volet santé).
Aux côtés de cinq autres lauréats, le laboratoire français sous-traitant Delpharm verra ainsi les deux projets qu'il présentait subventionnés à hauteur de trois millions d'euros. Prévus sur les sites de Lys-les-Lannoy dans les Hauts-de-France, et de Chambray-les-Tours en Indre-et-Loire, ils mobiliseront au total un investissement de l'ordre de 20 millions d'euros.
Médicaments anti-cancéreux
Spécialisé dans les ampoules anesthésiques et les médicaments contre les menaces nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC), le site tourangeau prévoit ainsi de renforcer de façon significative ses capacités de production via son dispositif Essentiel Inject +. « Mobilisant un investissement total de 6,5 millions d'euros, dont un million subventionné par l'Etat, notre plan va permettre d'acquérir de nouveaux équipements pour gagner en flexibilité, explique Stéphane Lepeu, directeur général du groupe Delpharm. L'objectif est de pouvoir répondre dans l'urgence à des demandes exceptionnellesen cas de pandémie notamment ».
Centrée sur les produits solides dans le traitement des cancers, l'usine nordiste verra, elle, sa zone de fabrication largement réorganisée avec pour objectif de doubler sa production en oncologie. Delpharm, qui s'appuie sur 19 sites dans le monde, dont 11 en France, et emploie 6.500 collaborateurs, compte ainsi positionner à terme son unité lilloise comme un champion français et européen des médicaments hautement actifs.
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