Face au vif intérêt de plusieurs big pharmas pour Medivation, biotech américaine spécialisée en oncologie, Sanofi a décidé de mettre sa menace à exécution. Dans un communiqué publié le 25 mai, le groupe a annoncé avoir déposé auprès du gendarme boursier américain "un dossier en vue de solliciter l'accord écrit des actionnaires pour révoquer et remplacer chaque membre du Conseil d'administration de Medivation".
Le groupe Français juge que les actionnaires "sont extrêmement favorables à une cession de Medivation" après discussion avec ces derniers, et souhaitent que la direction de la biotech américaine "entame des discussions avec Sanofi". Le groupe dirigé par Olivier Brandicourt assure agir en dernier recours, accusant la direction de Medivation d'avoir "persisté à refuser d'entamer des discussions" et ce, "en dépit de nos multiples tentatives".
Pour rappel, le géant pharmaceutique français avait proposé le 28 avril de racheter Medivation pour 52,50 dollars par action, une "prime de plus de 50% sur le cours moyen de l'action Medivation avant des rumeurs d'acquisition". Mais la direction de la biotech américaine avait jugé que l'offre sous-évaluait la société. Et le titre Medivation n'a quasiment pas cessé de grimper depuis les rumeurs de rachat. Mercredi, il atteignait 61,54 dollars à 16h00, heure française, contre 46,19 dollars le 1er avril.
Sanofi a mis sa menace exécution, car il était également échaudé par le fait que Medivation a accepté de laisser Pfizer et Amgen examiner ses comptes. Dans une lettre au conseil d'administration le groupe français se plaint à la direction de Medivation:
Néanmoins, Sanofi semble laisser une dernière chance. Dans un courrier envoyé au conseil d'administration de Medivation, le groupe pharmaceutique réitère sa "demande d'entamer des discussions de bonne foi. [...] Si vous le faites, nous n'aurons pas besoin de procéder à la sollicitation d'accords pour révoquer et remplacer le conseil d'administration de Medivation."
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Par ailleurs, Sanofi a anticipé le cas où l'actuel Conseil d'administration camperait sur sa position en proposant une liste de huit candidats à la direction de la biotech américaine, assurant que ces derniers sont "indépendants et hautement qualifiés". Ils seraient également "décidés à agir dans l'intérêt des actionnaires de Medivation".
Pour le géant pharmaceutique français, "l'acquisition de Medivation est une priorité", et le groupe est "déterminé à y procéder". Le groupe français expliquait lors de l'annonce de ses résultats 2015, que l'oncologie représente une activité "importante sur le long terme pour sa future croissance".
Or s'il parvenait à racheter Medivation, il obtiendrait un retour "positif immédiat" sur son chiffre d'affaires, notamment grâce au Xtandi, blockbuster de Medivation, et seule molécule de l'américain citée nommément par le français dans un communiqué. Ce produit destiné au traitement du cancer de la prostate -- deuxième cancer le plus fréquent chez les hommes dans le monde -- a généré environ 1,9 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2015, (+69% sur un an).
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Medivation a réagi aussitôt à l'offensive de Sanofi. Dans un communiqué, il a appelé es actionnaires à rejeter la tentative du Français de remplacer les membres du conseil d'administration.
La biotech américaine estime que la tactique du géant pharmaceutique est destinée à "faciliter son offre inadéquate et non sollicitée".
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