Alors que le procès en appel du Mediator est en cours, le groupe pharmaceutique français a fait état ce jeudi d'une hausse de son résultat d'exploitation de 76% en 2022 par rapport à 2021, à 442 millions pour un chiffre d'affaires de 4,876 milliards d'euros, en hausse de près de 10%. Une performance tirée par sa branche « cardio-métabolisme et maladie veineuses ». Pour les prochaines années, le laboratoire concentre ses investissements dans la recherche de traitements contre le cancer. .Les laboratoires ne connaissent pas la crise. Lors de son exercice 2022, Servier a dégagé un bénéfice d'exploitation de 442 millions d'euros, en hausse de 76% pour un un chiffre d'affaires de 4.876 milliards d'euros, en progression de 9,8% sur un an. Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebidta) ressort à 859 millions d'euros (soit 17,6% de son chiffre d'affaires) en progression de 34,6%. De bons résultats qui proviennent en grande partie « de l'augmentation du chiffre d'affaires du secteur cardio-métabolisme et maladies veineuses (CMVD) », a expliqué Claude Bertrand, vice président exécutif des activités R&D du groupe, lors de la présentation des résultats annuels du groupe ce jeudi 2 février.
Cette activité, qui regroupe les traitements contre l'obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et qui bénéficie des ventes importantes de certains médicaments comme le Daflon et le Triplixam, a représenté 55,2% du chiffre d'affaires total consolidé du groupe sur l'exercice 2021-22.
De nouvelles recherches tournées vers l'oncologie
Mais si le secteur phare du laboratoire lui rapporte, il n'est pas celui dans lequel le laboratoire a le plus investi en 2022. En effet, le laboratoire entend désormais développer les traitements contre les cancers. « Nous avons diminué nos recherches dans le secteur du cardio-métabolisme et des maladies veineuses pour aller vers l'oncologie », a ainsi indiqué Claude Bertrand, vice-président exécutif des activités R&D du groupe, lors de la présentation des résultats. Il a notamment affirmé que « plus de 50% [du] budget de recherche et développement, soit 6 milliards d'euros sur ces cinq dernières années, est dédié à la recherche de traitements contre les cancers et notamment les cancers difficiles à traiter ». Ainsi, sur 32 projets de recherche en cours en 2022, 17 ont concerné des traitements contre ce type de pathologie et aucun n'a concerné la branche principale du groupe (la CMVD). Servier se fixe comme objectif d'atteindre un chiffre d'affaires en oncologie supérieur ou égal à trois milliards d'euros en 2030, ce qui représenterait environ 40% du chiffre d'affaires total du groupe. Cet objectif fait d'ailleurs partie intégrante du plan stratégique Servier 2030 qui a pour cap un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros à cette date et un Ebitda bien plus conséquent qu'aujourd'hui à 2,4 milliards d'euros.